Angela Merkel tend la main à Varsovie

Angela Merkel, la chancelière allemande, et Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais, se sont rencontrés à Varsovie le lundi 19 mars. [EPA-EFE/Radek Pietruszka]

La visite de la chancelière allemande en Pologne témoigne de la volonté des deux pays à renouer le dialogue et à renforcer leur coopération bilatérale. Un article d’Euractiv Pologne.

Angela Merkel, la chancelière allemande, et Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais, se sont rencontrés à Varsovie le lundi 19 mars. Lors d’une conférence de presse, Mateusz Morawiecki a assuré qu’il était prêt à approfondir le partenariat germano-polonais.

« La Pologne est prête à renforcer le partenariat germano-polonais grâce à des accords bilatéraux, européens et mondiaux. La coopération entre les deux pays est nécessaire pour l’Europe », estime le Premier ministre polonais, ajoutant que son pays est un « fervent partisan » de l’approche du Triangle de Weimar – la coopération trilatérale entre la France, l’Allemagne et la Pologne – pour les questions européennes.

Avant de se rendre à Varsovie, la chancelière allemande était en visite à Paris, seulement quelques jours après que le Bundestag allemand a approuvé son gouvernement et son quatrième mandat. À Varsovie, elle souligne l’importance des échanges commerciaux entre les deux pays. « C’est positif. En ce qui concerne les relations bilatérales de l’espace européen, nos intérêts convergent également. »

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La Pologne et ses différends avec la Commission

Les deux chefs de gouvernement se sont penchés sur le conflit opposant Varsovie et la Commission sur l’état de droit et l’activation de l’article 7. La commission de Venise estime également que les amendements au système judiciaire sont incompatibles avec la Constitution polonaise.

Mateusz Morawiecki assure être prêt à dialoguer avec la Commission européenne, mais aussi avec les autres institutions de l’UE. Il a toutefois déclaré que « des changements dans le système judiciaire polonais sont nécessaires, car ils amélioreraient l’autonomie, l’objectivité et la qualité du système judiciaire ».

En décembre, la Commission a présenté ses doutes dans une quatrième recommandation sur l’état de droit. « En plus du livre blanc, nous répondrons très précisément aux recommandations dans les délais. Nous avons bon espoir de parvenir à un accord. Bien sûr, les deux parties doivent faire preuve de bonne volonté », a déclaré le Premier ministre polonais.

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Angela Merkel espère que les discussions entre la Commission et la Pologne seront concluantes. « Les négociations avec la Commission sont très intenses. Du côté allemand, nous avons bon espoir qu’ils parviendront à une solution. »

Berlin et Varsovie s’accordent sur la situation en Ukraine, selon la chancelière allemande. « Malheureusement, il n’y a pas de progrès dans la mise en œuvre des accords de Minsk. Nous insisterons pour que la situation évolue. »

Merkel rencontre le président polonais

Avant de s’entretenir avec Mateusz Morawiecki, Angela Merkel a rencontré Andrzej Duda. Ils se sont penchés sur la coopération européenne en matière de sécurité et de défense, ainsi que les relations transatlantiques de l’UE.

Andrzej Duda a remercié la chancelière allemande pour sa visite. « Je suis content. Cela montre que les relations germano-polonaises sont en très bons termes et que la chancelière y accorde une attention particulière. »

Les deux dirigeants se pencheront également sur les questions européennes. « Beaucoup d’acteurs veulent diviser l’Europe et les citoyens européens sont extrêmement déçus. Nos gouvernements devraient faire tout leur possible pour s’assurer que personne ne parviendra à diviser l’Europe – de l’extérieur ou de l’intérieur », a déclaré Krzysztof Szczerski, le chef de cabinet du président polonais.

L’UE a besoin du soutien des citoyens face à la montée de l’euroscepticisme dû à l’instabilité politique dans certains États membres, estiment les deux chefs de gouvernement.

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Déclarations sur l’empoisonnement au Royaume-Uni

Mateusz Morawiecki et Angela Merkel ont commenté l’empoisonnement de Sergey Skripa à Salisbury le 4 mars, un ex-espion russe qui a collaboré avec les services secrets britanniques. Londres accuse Moscou de la tentative de meurtre, mais la Russie nie toute implication.

L’UE et l’OTAN se sont déjà exprimées au nom de la Grande-Bretagne. Le Premier ministre polonais a qualifié l’événement d’« attaque scandaleuse » et estime que l’UE doit donner « une réponse ferme », qui doit être inscrite dans les conclusions du prochain sommet européen. Berlin et Varsovie « soutiennent Londres », assure la chancelière allemande.

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