Le Parlement européen adopte la feuille de route de la Conférence sur l’avenir de l’Europe

Le Parlement européen a adopté jeudi (4 mars) la feuille de route pour la conférence sur l’avenir de l’Europe. L'évènement, qui vise à réformer l’UE et à rapprocher ses citoyens, devrait débuter le 9 mai : le jour de l’Europe. EPA/CHRISTOPHE KARABA [EPA/CHRISTOPHE KARABA]

Les leaders du Parlement européen ont adopté jeudi (4 mars) la feuille de route pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe, un jour après son approbation par les gouvernements nationaux. L’évènement, qui vise à réformer l’UE et à rapprocher ses citoyens, devrait débuter le 9 mai : le jour de l’Europe.

Dans un communiqué, les leaders des groupes politiques du Parlement européen ont déclaré qu’ils souhaitaient que le programme de réformes débute « le plus rapidement possible », ajoutant qu’il « contribuerait considérablement au façonnement de l’Union des citoyens ».

Le projet avait été reporté à plusieurs reprises et édulcoré par rapport à sa proposition présentée par le président français Emmanuel Macron en mars 2019.

Initialement, la conférence aurait dû avoir lieu au printemps dernier, mais elle avait été finalement reportée en raison de la pandémie de Covid-19 et de divergences interinstitutionnelles. Entretemps, le président français semble avoir perdu la volonté de mener à bien le projet qui devrait durer un an.

Tandis que les gouvernements nationaux ne manifestent pas particulièrement d’enthousiasme à l’idée de réviser les traités de l’UE, les conclusions définitives à tirer lors de l’évènement demeurent imprécises.

En outre, les autorités nationales ont revu l’idée de la proposition initiale, selon laquelle une seule personnalité présiderait la conférence.

Désormais, elle se déroulera sous le contrôle des figures de proue des trois institutions principales de l’UE (le Conseil de l’UE, la Commission européenne et le Parlement européen). Celles-ci seront accompagnées d’un comité exécutif composé de neuf membres (trois par institution) et de quatre « observateurs ».

La déclaration commune sur le projet qualifie l’arrangement de « structure de gestion simple ».

Cette décision a toutefois suscité les critiques du député européen Sandro Gozi, ancien secrétaire d’État italien aux Affaires européennes et président de l’Union des fédéralistes européens, pour qui les États membres « n’ont pas compris » la logique derrière la conférence.

Le texte esquissé par le gouvernement portugais, qui détient actuellement la présidence tournante du conseil de l’UE, indique que le processus ouvrira un « nouvel espace pour les citoyens afin d’aborder les défis de l’Europe et ses priorités » et promet « que tous les Européens seront en mesure d’y participer ».

Néanmoins, les militants et le sérail politique arguent que la structure et la mission de la conférence sont gérées par des politiques et des bureaucrates, et non par des groupes de la société civile, ce qui perturbe son objectif visant à être un exercice véritablement démocratique.

Plusieurs soulèvent également des inquiétudes au vu du manque d’enthousiasme parmi les 27 de l’UE, étant donné que leur attention demeure plutôt focalisée sur la pandémie de Covid-19.

« Je pense qu’Emmanuel Macron et d’autres eurofédéralistes seront, d’une manière générale, déçus du programme de la conférence, mais il convient tout de même de saluer le fait que celle-ci soit organisée », a fait savoir Roger Casale, président de Europe’s People’s Forum.

« Au lieu de se concentrer sur la révision des traités, je pense que le principal héritage de la conférence devrait être un mécanisme permanent de consultation des citoyens en Europe entre les cycles électoraux au Parlement européen – ce qui laisse la porte ouverte à une réforme institutionnelle à une date ultérieure. »

La conférence se tiendra sous la présidence conjointe d’Ursula von der Leyen, de David Sassoli et du Premier ministre portugais Antonio Costa, et ce jusqu’à la fin du mois de juin, date à laquelle ce dernier sera remplacé par le Premier ministre de la Slovénie.

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