G20 : Sarkozy réitère l’idée d’un nouveau Bretton Woods

a6c023af20377babe75ca042b74df869.jpg

Le chef de l’État a détaillé les priorités de la présidence française du G20 en 2011, lors de la réunion annuelle des ambassadeurs à Paris.

A la tête du G20 en 2011, la France n’a pas l’intention de se limiter à de la “gestion” et “veut ajouter de nouveaux chantiers”. “S’en tenir à cet ordre du jour serait condamner le G20 à l’enlisement et le monde à de nouvelles crises”, a déclaré le président français dans un discours prononcé lors de la Conférence des ambassadeurs, mercredi 25 août. Les priorités de la France pour ses futures responsabilités n’ont cependant rien de très neuves. 

La réforme du système monétaire international est le premier objectif de Nicolas Sarkozy. “La prospérité de l’après-guerre devait beaucoup à Bretton Woods, à ses règles et à ses institutions. Depuis le début des années 70, nous vivons dans un non-système monétaire international. Il n’y a pas de système monétaire international”, a martelé le chef de l’État. 

Cette idée ne date cependant pas d’hier. En octobre 2008, au tout début de la crise économique, le président français, alors à la tête de l’UE, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avaient déjà proposé cette réforme, lors de leur première visite aux États-Unis. Ce nouveau Bretton Woods devait être discuté par les États les plus industrialisés au cours de leurs rencontres au sein du G20. Mis de côté par le sommet de Londres le 1er avril 2009, le dossier n’a pas été réouvert depuis. Au plan international, l’idée suscite des réserves, notamment des États-Unis. 

Cette réforme pourrait tout d’abord être discutée “lors d’un séminaire entre les meilleures spécialistes, en Chine”, a suggéré Nicolas Sarkozy. Elle reposerait, selon lui, sur trois axes : le renforcement des mécanismes de gestion de crise, la remise en cause de la domination du dollar sur le système monétaire international et une meilleure coordination des politiques économiques et monétaires. A ce sujet, Nicolas Sarkozy estime d’ailleurs nécessaire de “définir un nouveau cadre de concertation” sur les évolutions de change, à la place du G7 existant, pour y inclure la Chine.

Volatilité des matières premières

Deuxième grand chantier de la France, la régulation des marchés de matières premières. Comme il l’avait annoncé au mois d’avril dernier lors d’une visite dans l’Essonne, le président français souhaite que le G20 trouve des solutions pour limiter la volatilité des prix des matières premières. Il estime tout d’abord nécessaire de “s’interroger sur le fonctionnement même des marchés de dérivés des matières premières”. Concernant les denrées agricoles, Nicolas Sarkozy a évoqué plusieurs pistes de réflexion comme la transparence des marchés, les politiques de stockage et la création par les institutions financières internationales “d’outils assurantiels pour permettre aux pays importateurs de se couvrir contre la volatilité des cours”. 

Il a également rappelé que la France ferait des propositions pour lutter contre la volatilité des prix de l’énergie, lors du G20 de Séoul des 11 et 12 novembre 2010, comme elle en avait reçu le mandat.

Le président français à enfin répété que le renforcement de la gouvernance économique mondiale sera le dernier cheval de bataille de Paris lors de sa présidence du G20 en 2011. “Le G20 a décidé qu’il serait le “principal forum” mondial pour les questions économiques et financières. Encore faut-il qu’il se donne les moyens de travailler efficacement”, a déclaré Nicolas Sarkozy. Et de proposer la mise en place d’un secrétariat permanent du G20 qui « permettrait d’assurer la transition entre les différentes présidences. » 

Accord sur le climat

Le président français a également rappelé son souhait de voir mise en place une taxe sur les transactions financières. Soutenue par l’UE lors du Conseil européen de juin, cette idée suscite cependant peu d’enthousiasme du côté de la communauté internationale. 

Nicolas Sarkozy a enfin suggéré de “parler au sein du G20 du financement d’un accord sur le climat”. Le sommet de Cancun de décembre prochain, qui doit trouver un accord sur les suites du protocole de Kyoto après l’échec de Copenhague arrive juste après la réunion du G20 de Séoul. Alors que peu de promesses faites en 2009 dans la capitale danoise ont été suivies d’effets, le chef de l’État a rappelé la nécessité pour l’Europe et les autres pays développés de “tenir les engagements pris”, en ce qui concerne l’aide aux pays en développement pour lutter contre le changement climatique, la mise en place de financements innovants ou la protection des forêts. 

Peu disert sur le G8, le président français a cependant indiqué que la France voyait “un bel avenir” à cette réunion dont la prochaine édition a lieu au printemps prochain à Nice. L’Afrique, l’Iran, la situation au Proche Orient et l’Afghanistan en seront les principaux thèmes. 

CALENDRIER :

  • 11-12 novembre 2010: G20 de Séoul, la France prend la présidence du G20 pour un an
  • Printemps 2011: Réunion du G8 à Nice

Subscribe to our newsletters

Subscribe