La parité s’invite dans l’attribution des hauts postes en Europe

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Les États membres ont mis sur la table leurs premières cartes dans la négociation des postes clés de l’UE, lors d’un premier Conseil. Ignorée jusqu’ici la parité devrait peser son poids dans la balance.

Les chefs d’État ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de commencer à donner des noms pour la présidence des grandes institutions de l’UE, mais seulement de s’accorder sur la procédure à suivre jusqu’à leur prochaine rencontre en juin, où la question du personnel devrait être résolue.

Les 28 dirigeants ont donné au président du Conseil, Donald Tusk, le mandat de consulter les États membres et le Parlement européen sur la répartition des plus hauts postes de l’UE.

Selon les diplomates européens, Donald Tusk constituera une liste comportant un candidat pour chacun des quatre postes à pourvoir, à savoir les présidences de la Commission européenne, du Conseil européenne, du Parlement européen et de la Haute-représentation aux affaires étrangères. La présidence de la Banque centrale européenne sera aussi vacante mais suit une procédure distincte visant à garantir l’indépendance de la banque.

Lors du dîner du 28 mai, les chefs d’État se sont demandés comment équilibrer l’attribution des postes au niveau géographique, entre les grands et les petits pays, entre les différents groupes politiques et de façon paritaire.

Même si « dans la réalité, l’équilibre parfait est difficile à atteindre », Donald Tusk a soutenu que l’égalité des genres serait un facteur déterminant dans la sélection.

« L’égalité des genres n’est pas ma seule aspiration », a-t-il nuancé, ajoutant qu’il y avait une majorité bien visible de personnes autour de la table soutenant la nomination de plus de femmes à des postes clés.

Donald Tusk a précisé que sur les quatre postes, « deux au moins devraient être des femmes si possible ».

Cela augmente les chances de voir la candidate des libéraux, Margrethe Vestager, accéder à un poste clé. D’autres noms ont également circulé, comme la directrice du FMI, Christine Lagarde, et celle de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva, elle-même ancienne commissaire.

Margrethe Vestager, star de la Commission Juncker

Selon un sondage en ligne, la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, est le membre le plus populaire de la Commission et pour la succession de Jean-Claude Juncker.

D’autres diplomates et responsables européens veulent faire de la parité un aspect clé de la liste des candidats. L’un d’entre eux a même déclaré être convaincu que « cette fois-ci ce sera une femme à la présidence de la Commission »,

Avant le dîner, les États membres ont choisi leurs négociateurs officiels pour faire pression pour un candidat, en fonction de leur affiliation politique.

Le Parti populaire européen a choisi les Premiers ministres croate et letton, Andrej Plenković and Krišjānis Kariņš, pour s’occuper des négociations, tandis que leurs homologues néerlandais et belge, Mark Rutte et Charles Michel, parleront pour les libéraux.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et celui du Portugal, António Costa, se chargeront de parler au nom des sociaux-démocrates. Ce qui signifie qu’aucune femme ne sera impliquée dans cette partie des négociations.

La question principale de ce sommet informel, qui se tenait deux jours après les élections, étaient de savoir si seules les têtes de listes des partis politiques ont la légitimité de devenir automatiquement président de la Commission.

Ce à quoi Donald Tusk a répondu que les dirigeants avaient éliminé cette automaticité du processus de Spitzenkandidaten en février 2018. « Il était clair dès le départ que les traités sont plus importants que les idées et inventions politiques. »

Le président français, Emmanuel Macron est le plus grand opposant à ce processus. « Selon les traités, le Parlement n’est pas celui qui propose ni nomme le candidat », a déclaré Emmanuel Macron, en référence au communiqué des présidents des groupes parlementaires, qui ont défendu le système de Spitzenkandidaten. « C’est une compétence du Conseil », a-t-il insisté.

Les pays de Visegrad derrière Sefcovic pour la présidence de la Commission

Le groupe de Visegrád pourrait proposer le commissaire slovaque Maroš Šefčovič (S&D) comme nouveau président de la Commission européenne, a rapporté le partenaire tchèque d’Euractiv, Hospodářské Noviny (HN).

Emmanuel Macron a expliqué que les nominations prendraient en compte la représentation des différentes forces. D’autres dirigeants sont toutefois plus prudents dans le rejet du système qui a entraîné Jean-Claude Juncker au plus haut poste de l’UE en 2014.

« Je pense que le processus de Spitzenkandidaten a un avenir, on ne peut pas revenir sur cela. Il pourrait même fonctionner avec une dimension transnationale », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

Au vu de la division des dirigeants sur ce processus, Donal Tusk a déclaré après le dîner que le Conseil ne chercherait pas à déclencher un conflit interinstitutionnel et que la discussion informelle en était « la meilleure garantie. » « Nous voulons avoir les meilleures relations possibles avec le Parlement européen », a-t-il déclaré.

Plus tôt, après s’être adressé aux dirigeants de l’UE à ce sujet, le Président du Parlement, Antonio Tajani, a de nouveau défendu le processus, déclarant que l’assemblée européenne « donnera de nouvelles indications au Conseil avant la prochaine réunion ».

« Nous ne défendons pas une personne, mais le principe », a-t-il assuré avant d’ajouter que « ne pas honorer le processus des Spitzenkandidaten, ce serait manquer de respect aux citoyens ». Tout au long du sommet, les dirigeants ont souligné que le taux élevé de participation rendait la prise de décision encore plus importante.

L’ALDE s'isole du reste du Parlement sur les Spitzenkandidaten

Le choix du prochain président de la Commission doit se faire selon le système de Spitzenkandidaten, insistent les présidents des groupes parlementaires, malgré l’opposition des libéraux.

Outre le processus pour choisir les candidats, les dirigeants européens ont souligné qu’il était crucial de s’accorder avant tout sur le programme pour les cinq prochaines années.

« En politique, ce qui importe le plus est le contenu, puis ensuite les personnes [qui l’incarne] », a déclaré Mark Rutte devant les journalistes avant le sommet.

« Nous ne sommes pas venus aujourd’hui ici pour élire M. ou Mme Europe », a souligné le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel. « Le peuple allemand se fiche de savoir si le prochain président s’appelle Weber, Vestager ou Timmermans, ce qu’il veut savoir c’est ce que cette personne fera, »

« Cette nomination doit s’appuyer sur un programme », a conclu Emmanuel Macron après la rencontre, citant l’action pour le climat, la cohésion sociale, la réforme de la zone euro et une Europe mieux protégée.

The Prime Minister of Portugal Antonio Costa explained following the summit that the four top jobs were President of the Commission, Council President, Parliament President and foreign affairs chief. The position of chief of the ECB is technical and non-political, he stressed. Regarding the election of the President of the Parliament, he said that this was the job of the Parliament itself, while the Council President is expected to be an incumbent or former Prime Minister or head of state. Regarding the Commission President, he said that the heads of state and government were going to look among the different Spitzenkandidaten which ran at the last EU election.

Answering questions, he said the socialist family would push for the candidacy of Frans Timmermans, as in his words he has the best profile, but said the candidacies of Manfred Weber and Margrethe Vestager were going also to be considered. He added that Weber lacked experience in the executive, both at national and at EU level, which in his opinion was necessary for the job of Commission President.

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