Hollande vante l’Europe « protectrice » face aux europhobes

François Hollande s’est posé le 5 avril à Noyon en avocat fervent d’une Europe « protectrice », au lendemain du débat télévisé des onze candidats à la présidentielle qui a vu huit d’entre eux développer des thèses eurosceptiques, voire europhobes.

« L’Europe nous protège », a assuré le chef de l’État devant un parterre d’élus et de responsables locaux, profitant de l’occasion offerte par le lancement du projet de canal Seine-Nord Europe, financé à 40 % par des fonds européens.

« L’Europe, c’était et c’est encore un grand partenaire » sans lequel « les grands projets d’infrastructures (…) ne seront pas possibles », a-t-il plaidé dans une région, les Hauts-de-France, et un département, l’Oise, travaillés par le Front national.

« L’Europe, ce n’est pas l’addition des nations qui la composent, ce n’est pas une somme d’égoïsmes » mais « ce qui doit permettre de faire ce que nous ne pourrions pas faire nous-mêmes », a insisté François Hollande, « c’est là le sens de l’Union qui fait la force ».

Les 27 tentent de renouveler le projet européen

Le jour du 60e anniversaire de l’UE, qui semble dans une très mauvaise passe, les dirigeants européens ont adopté la déclaration de Rome. Une vision à dix ans visant à renouveler le projet des pères fondateurs de l’union.

« Face même aux réfugiés, aux migrants, qu’est-ce que nous pourrions faire si nous n’étions qu’un pays avec ses seules frontières ? », a-t-il encore dit.

Le chef de l’État a fait du canal Seine-Nord Europe le symbole « d’une Europe qui avance, qui se déploie », lançant cet avertissement : « Nous ne sommes pas seuls au monde, nous ne sommes pas seuls en Europe et nous ne pouvons pas nous renfermer, fermer les portes et dire, “maintenant, nous ne voulons plus vous voir, écartez-vous” ».

« Non, il y a la géographie, l’économie, l’échange entre le monde et la France », a-t-il ainsi souligné.

La défense européenne, en particulier, est d’autant plus nécessaire, selon lui, qu’il ne faut « pas tout attendre de la protection américaine, surtout quand le président des États-Unis (Donald Trump) considère que l’OTAN est une organisation obsolète ».

Le canal Seine-Nord, long de 107 kilomètres, entre Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac (Nord), doit former le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l’Europe du Nord. Il représentera un investissement de 4,5 milliards d’euros.

Le financement du plan Juncker pose question

Le plan Juncker suscite des questions sur son architecture et son financement. Mais le monde de la finance attend avec impatience ces « project bonds sous stéroïdes ».

À l’issue des travaux, en 2023, il pourra être emprunté par des péniches de 4 400 tonnes, représentant chacun près de 180 poids lourds, ce qui permettra de tripler le volume du trafic actuel, selon Voies navigables de France (VNF), qui pilote l’opération.

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