IFRI : Adopter une directive visant à augmenter la mobilité étudiante et enseignante dans l’UE

Des études récentes montrent que la mobilité enseignante et étudiante est insatisfaisante dans l’UE, alors que l’éducation et la formation figurent au cœur des objectifs de compétitivité fixés par la stratégie de Lisbonne. Dans la perspective de la Présidence française de l’UE en 2008, l’Institut français des relations internationales (IFRI) estime que l’adoption d’une directive visant à faciliter la mobilité des étudiants et des enseignants européens serait souhaitable.

Diagnostic :

L’éducation et la formation sont des priorités essentielles pour que l’UE atteigne les objectifs de la stratégie de Lisbonne. Agir et investir dans l’éducation contribue à renforcer la compétitivité de l’UE, via la stimulation de la croissance et de l’emploi.

C’est dans cette optique que plusieurs initiatives existent au niveau communautaire, parmi lesquelles le programme de travail « Education et formation 2010 », adopté en 2002 par le Conseil Education et la Commission, et le programme d’action communautaire dans le domaine de l’éducation et de la formation tout au long de la vie (2007-2013), qui vise à favoriser les échanges, la coopération et la mobilité entre les systèmes d’éducation et de formation au sein de l’UE.

La mobilité étudiante et enseignante, encouragée par le programme Erasmus, constitue une véritable opportunité pour les participants  : une expérience universitaire à l’étranger, outre l’enrichissement linguistique et académique qu’elle comporte, est un atout certain dans la recherche d’emploi, comme l’ont montré de nombreuses études. La mobilité enseignante permet quant à elle d’enrichir culturellement et pédagogiquement le travail des enseignants.

Pourtant, malgré les programmes communautaires existants, plusieurs rapports récents montrent que la situation en termes de mobilité n’est pas satisfaisante. En septembre 2007, le réseau d’information sur l’éducation Eurydice a publié, sous l’égide de la Commission, un rapport soulignant que d’importants efforts restent à faire en matière de mobilité internationale. Par ailleurs, le récent rapport « Education at a glance 2007 » de l’OCDE indique que l’augmentation des inscriptions universitaires étrangères a été plus importante en moyenne dans les pays de l’OCDE (93% d’augmentation) que dans les 19 pays de l’UE appartenant à l’OCDE (61% d’augmentation). Enfin, une enquête de la DG Education d’août 2006 montre que les étudiants ayant bénéficié du programme Erasmus appartiennent majoritairement à des catégories sociales favorisées, et que certains étudiants issus de milieux défavorisés n’ont pas pu y participer pour des raisons financières ou socio-culturelles.

La France souhaite se mobiliser pour l’éducation et la formation en approfondissant le travail des présidences précédentes sur la mise en œuvre du programme « Education et formation 2010 », via la promotion des échanges universitaires et de la mobilité européenne. Il est impératif que chaque étudiant et chaque enseignant puisse bénéficier d’une expérience universitaire ou professionnelle dans un autre pays de l’UE. Outre les bénéfices en matière d’éducation et d’emploi, l’accroissement de la mobilité européenne permettra de renforcer le sentiment d’appartenance à l’UE et de former une nouvelle génération d’Européens.

Solutions envisagées :

Il faut que chaque étudiant, à l’issue d’un cursus universitaire de trois ans (niveau licence), ait passé six mois à l’étranger dans le cadre d’un stage ou d’un échange universitaire soutenu par un programme communautaire ; et que chaque enseignant, au cours de sa carrière, ait pu effectuer une mission à l’étranger.

La France promouvra l’adoption d’une directive visant à augmenter la mobilité étudiante et enseignante, qui comportera  :

  • l’intégration, dans le cursus de la licence des universités participant au programme Erasmus, d’une période comprise entre un semestre et un an pendant laquelle chaque étudiant devra partir étudier ou faire un stage dans un des pays participant au programme Erasmus (UE + EEE + Turquie) ;
  • l’instauration, par les universités, d’un système d’échange inter-enseignants, visant à promouvoir la mobilité enseignante, qui devra bénéficier à chaque enseignant au moins une fois dans sa carrière. La durée de l’échange pourra être comprise entre une semaine et six mois.

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