Imbroglio diplomatique entre Macron, l’Ukraine et la Bulgarie

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Le président français Emmanuel Macron est au cœur d’un imbroglio diplomatique à la suite d’un entretien publié sur 12 pages dans le magazine très à droite « Valeurs actuelles ».

Nombreux sont ceux qui ont sanctionné son choix de donner une interview à ce média, et certains ont souligné que les idées de droite prenaient désormais le dessus en France.« Nous avons besoin de parler à tout le monde », a déclaré l’Élysée.

« Je préfère avoir des gens qui viennent de Guinée ou de Côte d’Ivoire légaux, qui sont là et qui font ce travail (pour des secteurs comme le BTP et la restauration ayant besoin de main-d’œuvre étrangère) que des filières bulgares ou ukrainiennes clandestines », a affirmé le président français. Un paragraphe  qui a déclenché les foudres de la Bulgarie et de l’Ukraine.

L’ambassadeur de France à Sofia a d’ailleurs été convoqué pour fournir des explications auprès du gouvernement. Le président bulgare, Rumen Radev, a déclaré que M. Macron « aurait du mal à prendre la tête de l’UE avec de tels commentaires ». Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, et le président français, Emmanuel Macron, se sont entretenus au téléphone et M. Borissov a indiqué qu’il espérait que le président français se rattraperait en soutenant la Bulgarie dans son adhésion au MCE II, l’antichambre de la zone euro.

Le ministère des Affaires étrangères a également convoqué l’ambassadeur de France à Kiev. Ce dernier aurait expliqué « que les citoyens ukrainiens qui voyagent en France n’étaient pas visés par ces propos » et que le message du Président était sorti de son contexte.

Emmanuel Macron voulait insister sur le fait que l’immigration légale vaut mieux que l’immigration illégale. Toutefois, la Bulgarie est un État membre de l’UE et ses ressortissants jouissent pleinement des « quatre libertés » de l’UE, à savoir la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services.

L’Ukraine n’est pas membre de l’UE, mais ses ressortissants n’ont plus besoin de visas pour se rendre en France. Les citoyens ukrainiens ont le droit de visiter les pays de l’espace Schengen sans visa pendant trois mois au maximum, ce qui ne leur donne cependant pas le droit d’y travailler.

En revanche il ne fait plus aucun doute que l’agence des Bulgares de l’étranger est impliquée dans la vente de passeports bulgares contre des pots-de-vin de l’ordre de 5 000 €, à des ressortissants de pays tiers, et ce, depuis des années. Certains de ces citoyens auraient été détenus dans d’autres pays de l’UE dont les autorités se seraient rendu compte que ces personnes ne parlaient même pas bulgare.

Selon le dernier sondage, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont gagné en popularité depuis l’élection présidentielle de 2017, et tous deux ont le soutien d’environ 28 % des électeurs. Cependant, les partis de Macron et de Le Pen attisent beaucoup de haine de part et d’autre. Bien qu’aucune élection ne soit prévue avant 2022, le gouvernement est sous pression. (Euractiv FranceEuractiv Bulgarie)

MADRID

Une nouvelle impasse politique en Espagne ? L’élection de dimanche prochain en Espagne ne résoudra probablement pas l’impasse politique actuelle, car les résultats pourraient être très similaires à ceux des élections du 28 avril, selon un sondage publié par El País.

Les socialistes (PSOE) de Pedro Sánchez remporteraient l’élection avec 121 sièges, soit deux de moins que lors des élections d’avril. La gauche « Unidas Podemos » essuierait un coup dur en obtenant 31 sièges sur 42 et les cinq sièges du nouveau parti de gauche « Más País » ne seraient pas suffisants pour former une majorité et permettre à Pedro Sánchez de prendre les rênes du gouvernement. Pour Ciudadanos, c’est la douche froide, le parti passe de 57 à 14 sièges, tandis que le parti populaire (PP) connaîtra probablement une hausse significative en passant de 66 à 91 sièges. De son côté, le parti d’extrême droite, Vox, pourrait obtenir 46 sièges et devenir ainsi le troisième groupe politique le plus influent au Parlement.

Par le passé, le PSOE avait refusé de former une « grande coalition » avec le PP, mais il serait probablement disposé à conclure un pacte avec Ciudadanos, au cas où une « coalition de gauche » serait finalement abandonnée. (Fernando Heller | Euroefe)

BRUXELLES

Un gouvernement technocrate à l’italienne ? « Cela fait presque 11 mois que le gouvernement Charles Michel est tombé et personne, pas même le roi, ne sait comment continuer », a déclaré Joachim Coens, candidat à la direction du parti chrétien-démocrate flamand (CD&V). Si aucun gouvernement n’est formé d’ici le 1er janvier 2020, un gouvernement technique d’une dizaine d’experts, issus du monde académique, administratif et de l’entreprise, doit être composé, selon le bourgmestre de Damme. Comme en Italie, en pleine crise financière de 2011, lorsque Mario Monti, qui avait été deux fois commissaire européen, a mis sur pied un gouvernement de spécialistes, de technocrates, qui a ramené la stabilité. La Belgique en est là. C’est ça ou de nouvelles élections, mais celles-ci ne résoudraient rien », a-t-il conclu. ( Euractiv.com)

VARSOVIE

Qui veut être président ? Le débat sur les élections présidentielles prévues en mai 2020 s’est intensifié en Pologne. Andrzej Duda, soutenu par le PiS, se présentera pour un autre mandat de 5 ans. Mais la situation est moins claire dans le camp de l’opposition.

Le retour de Donald Tusk sur la scène politique nationale n’est pas encore acté, mais il devrait rendre sa décision le 2 décembre. Cependant, il ne ferait pas l’unanimité au sein de son ancien parti.

En effet, la candidate favorite de Grzegorz Schetyna, l’actuel chef du parti libéral conservateur, Plate-forme civique, PO reste Małgorzata Kidawa-Błońska, qui a exprimé son intérêt pour la présidence qui se débrouille très bien dans les sondages contre M. Duda.

D’autres partis d’opposition ont des ambitions présidentielles, mais selon le sondage du quotidien polonais Rzeczpospolita, 49 % des électeurs souhaiteraient voir un seul candidat de l’opposition se présenter contre M. Duda. (Łukasz Gadzała | Euractiv Pologne)

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