INFOGRAPHIE : le casting casse-tête de la future Commission européenne

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Jean-Claude Juncker veut plus de femmes pour son futur collège de commissaires. Retrouvez le casting mis à jour des candidat(e)s, confirmés et potentiels, pour chaque pays européen.

Les candidats à la Commission se bousculent au portillon depuis que les chefs d’État européens ont désigné Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission lors du sommet européen des 26 et 27 juin.

Les dirigeants européens ne sont pas parvenus le 16 juillet à désigner le prochain président du Conseil européen et le prochain haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères. Par conséquent, ils se sont mis d’accord en vue de se réunir à nouveau le 30 août prochain pour tenter de trouver une issue à l’impasse actuelle.

Les gouvernements nationaux ont été invités à soumettre des noms et portefeuilles qui leur conviendraient. Ce sera alors au tour du Luxembourgeois d’assembler les pièces du puzzle en tenant entre autres compte de la nationalité et de la parité homme/femme.

Au moment de la rédaction de cet article, tous les pays sauf la Belgique ont présenté au Luxembourgeois leur(s) candidat(s) commissaires et les portefeuilles souhaités, que ce soit devant les caméras ou en coulisse.

Ci-dessous, vous trouverez une première version d’EURACTIV du prochain collège des commissaires :

>> Cliquez ci-dessous pour agrandir l’infographie

Et les candidats sont…

Voici les candidats officiellement désignés par leur gouvernement national :

  • Allemagne : Günther Oettinger, le commissaire sortant en charge de la politique énergétique, renouvellera probablement son mandat.
  • Royaume-Uni : David Cameron a remanié son équipe gouvernementale le 14 juillet, Jonathan Hill devrait normalement devenir le prochain commissaire européen. Le premier ministre britannique avait pourtant proposé auparavant pour ce poste Andrew Lansley, le leader eurosceptique de la Chambre des communes. En choisissant le pro-européen modéré Jonathan Hill, le Royaume-Uni pourrait hériter d’un portefeuille plus conséquent.
  • Roumanie : la candidature du commissaire sortant en charge de l’agriculture, Dacian Ciolo?, a été confirmée, il obtiendra peut-être un poste différent.
  • Autriche : Johannes Hahn, le commissaire sortant responsable du développement régional, sera encore en place, avec lui aussi un portefeuille différent peut-être.
  • Finlande : Jyrki Katainen, ancien premier ministre qui a démissionné de son poste il y a quelques semaines, est le favori du gouvernement finlandais.
  • Slovaquie : le commissaire actuel Maroš Šef?ovi? a aussi confirmé qu’il comptait rester à la Commission.
  • Irlande : les autorités nationales ont sélectionné l’ancien ministre de l’Environnement, Phil Hogan.
  • Croatie : Neven Mimica, le commissaire sortant en charge de la protection du consommateur demeurera encore dans les bâtiments de la Commission.
  • Lituanie : Vytenis Andriukaitis, le ministre de la Santé, a été désigné.
  • Lettonie : c’est Valdis Dombrovskis, ancien premier ministre qui deviendra normalement commissaire.
  • Estonie : Andrus Ansip, l’ancien premier ministre, fera son entrée à la Commission.
  • Malte : Karmenu Vella, ministre du Tourisme a également été choisie officiellement.
  • Italie : le premier ministre italien, Matteo Renzi, a maintenu son premier choix en proposant Federica Mogherini, la ministre italienne des Affaires étrangères comme candidate pour remplacer Catherine Ashton. La protégée de premier ministre Matteo Renzi s’est assuré le soutien des socialistes européens en juillet. Néanmoins, les représentants d’Europe de l’Est et des pays baltes ont manifesté leur objection et d’autres candidats ont également un solide profil.
  • Bulgarie : la commissaire sortante en charge de l’aide humanitaire, Kristalina Georgieva, forte d’un solide bilan pourrait être un atout pour devenir la prochaine haute représentante des affaires étrangères. Le gouvernement bulgare l’a désignée, même si elle est membre d’un parti d’opposition et n’appartient pas au parti socialiste actuellement au gouvernement.
  • France : dans le but d’obtenir le portefeuille des affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances, est mis en avant. Toutefois, les derniers conflits au sein du gouvernement français ont affaibli la position de la France dans les négociations et l’Allemagne n’est pas favorable à ce candidat. Paris risque aussi de se voir proposer un autre portefeuille. Selon l’Elysée, la France a déjà proposé des candidats féminins à la Commission et peut donc proposer un candidat masculin malgré les desiderata de Jean-Claude Juncker. 
  • Pologne : le sixième État membre de l’UE et la force économique montante de l’Europe pourrait recevoir le portefeuille des affaires étrangères. Dans ce contexte, Radoslaw Sikorski est considéré comme un excellent candidat.
  • Espagne : Miguel Arias Cañete, ancien ministre de l’Agriculture, est en bonne position pour devenir le prochain commissaire européen en charge de l’agriculture. L’Espagne pourrait toutefois négocier pour occuper le portefeuille très convoité des affaires économiques et monétaires avec un autre candidat : Luis de Guindos, le ministre de l’Économie et de la concurrence.
  • Portugal : Lisbonne a décidé d’envoyer à Bruxelles son secrétaire d’État adjoint du premier ministre, Carlos Moedas.
  • République tchèque : le gouvernement tchèque a pour sa part désigné Vera Jourova, ministre en charge du développement local, avant le dernier sommet européen de juillet.
  • Hongrie :  le ministre des Affaires étrangères, Tibor Navracsics, a été proposé par le gouvernement.
  • Suède : l’actuelle commissaire pour les affaires intérieures, Cecilia Malmström, a été confirmée et rempilera pour un nouveau mandat à Bruxelles.
  • Grèce : Athènes a désigné Dimitris Avramopoulos, le ministre de la Défense.
  • ?Slovénie : le pays des Balkans a envoyé une liste de candidats commissaires incluant deux femmes à Jean-Claude Juncker. Si les candidates sont sélectionnées, la Slovénie a de bonnes chances d’obtenir un portefeuille important.

Quatre pays semblent ne pas avoir définitivement arrêté leur décision : la Belgique, Chypre, le Danemark et les Pays-Bas. Les trois derniers ont envoyé une liste de candidats commissaires à Jean-Claude Juncker, mais elle reste confidentielle, a confirmé une source à EURACTIV.

  • Belgique : Le « plat pays » a organisé des élections nationales en même temps que les européennes le 25 mai dernier et les négociations pour mettre sur pied un gouvernement fédéral. La désignation des commissaires constitue un enjeu majeur dans les négociations nationales. Trois candidats sont évoqués : Marianne Thyssen eurodéputée de centre-droit ; Didier Reynders, l’actuel ministre des Affaires étrangères et Karel De Gucht, l’actuel commissaire belge. Marianne Thyssen devrait probablement recevoir le meilleur portefeuille étant donné qu’elle est une femme et qu’elle entretient de bonnes relations avec Jean-Claude Juncker.
  • Pays-Bas : Jeroen Dijsselbloem, ministre néerlandais des Finances et président de l’Eurogroupe, est toujours dans la course. Il en va de même pour Frans Timmermans, le ministre des Affaires étrangères. Le nom de Lilianne Ploumen, la ministre du Commerce extérieur et du développement, circule ces derniers temps.
  • Chypre : Christos Stylianides, eurodéputé expérimenté, est le favori, mais Nicosie a laissé le choix à Jean-Claude Juncker.
  • Danemark : Helle Thorning-Schmidt, l’actuelle première ministre, est une candidate de premier plan pour la présidence du Conseil européen. Elle vient d’un pays en dehors de la zone euro et a de bonnes relations avec le Royaume-Uni. Toutes les portes sont ouvertes quant au choix du prochain commissaire danois, d’autres candidats pourraient faire leur apparition?

Répartition homme/femme

Lors de sa campagne électorale, Jean-Claude Juncker a promis que sa Commission serait composée de 40 % de femmes. Si rien ne change, cette proportion semble très improbable à obtenir. Pour l’instant, quatre femmes figurent parmi les candidats probables ou confirmés.

Établir les « clusters » en fonction des lignes budgétaires ?

Les discussions sur les « clusters », ou le regroupement de portefeuilles sous l’autorité d’un commissaire « senior », sont en cours depuis longtemps. Les problèmes structurels ont incité les spécialistes de l’Union européenne à envisager l’exécutif européen sous une nouvelle forme. Les portefeuilles pourraient par exemple refléter les cinq lignes budgétaires de l’UE. Si cette option est choisie, les cinq vice-présidents seraient responsables de ces clusters.

Cet article a été mis à jour le 27 août, ainsi que la troisième version de l’infographie.

Le Parlement élit le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen votée à la majorité qualifiée.Le choix du candidat à la présidence de la Commission devrait prendre en compte les résultats des élections du Parlement européen.

Ensemble avec le futur président de l'exécutif, le Conseil adopte ensuite la liste des autres membres du collège des commissaires.Ce sont les États membres qui proposent leur candidat commissaire. L’ensemble de la Commission est également soumis à l'approbation du Parlement européen.Le collège des commissaires est ensuite officiellement désigné par le Conseil européen à la majorité qualifiée.

 >> Lire notre LinksDossier hautes fonctions européennes : à qui le tour ? et notre page sur la nouvelle Commission

  • 16 juillet : sommet européen des chefs d'État à Bruxelles sous la forme de dîner
  • Septembre 2014 : auditions des commissaires dans les commissions du Parlement européen
  • 1er novembre 2014 : le mandat de l'actuelle Commission Barroso II se termine

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