Réconciliation franco-italienne après des tensions inédites

Le Président français, Emmanuel Macron, aux côtés de son homologue italien, Giuseppe Conte [EPA-EFE/PETIT TESSON]

Après une série de tensions entre les deux pays, les Présidents français et italien sont sortis de l’impasse en trouvant un terrain d’entente sur des questions bilatérales.

Les chefs d’État français et italien se sont rencontrés le 22 mars à l’occasion d’une réunion bilatérale dans un hôtel bruxellois. L’initiative de la rencontre venait du Président italien Giuseppe Conte, qui a déclaré que son homologue français et lui-même étaient en contact sur Whatsapp depuis plusieurs semaines et souhaitaient tous deux se rencontrer.

Selon des sources proches du gouvernement italien, la discussion a d’abord porté sur des questions techniques et les dirigeants ont ensuite traité la question polémique de la liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin.

Du côté du gouvernement français, des sources ont quant à elles indiqué que les deux hommes avaient discuté des relations franco-italiennes, de leur coopération au sujet de la Libye et de leurs relations avec l’UE et la Chine.

« C’était une réunion fructueuse et intéressante. Nous avons réfléchi à une méthode au sujet du Turin-Lyon et nous transmettrons à nos gouvernements tous les détails de cette réunion », a déclaré le Président italien, ajoutant que les ministres entameraient un dialogue ouvert et analyseraient les avantages et les coûts du projet.

L’Italien Giuseppe Conte bravache face à l’UE et la France

En pleine crise avec la France, le président du Conseil des ministres italien est intervenu à Strasbourg au Parlement européen durant une séance houleuse. Les principaux partis ont condamné l’attitude économique et politique de son gouvernement.

Le Président italien a également demandé à Emmanuel Macron d’abandonner la « Doctrine Mitterand », qui assurait l’asile politique à de nombreux criminels jugés pour attaques terroristes sur le sol italien pendant les années soixante-dix et quatre-vingt. Une question sur laquelle le Président français semblait ouvert à la discussion, selon Giuseppe Conte, et dont les ministres de la Justice des deux pays discuteront dans les prochaines semaines.

Incident diplomatique

Avant la rencontre, la question de la liaison ferroviaire transalpine risquait de mettre le feu aux poudres aux relations entre les deux pays. Le Président français s’était montré ferme à l’égard du gouvernement italien à l’issue du premier jour du sommet européen en déclarant que « la France a toujours eu la même position, c’est maintenant un problème italo-italien. »

Lors d’une conférence de presse suivant la réunion, le Président italien s’est montré compréhensif envers son homologue français et a remis la faute sur les journalistes italiens qui lui mettaient la pression. « Emmanuel Macron m’a expliqué qu’en voyant que les forces politiques italiennes prenaient des directions diamétralement opposées, il a préféré éviter toute implication dans un débat politique interne », a déclaré le Président italien à la presse.

Problèmes internes, tensions externes

La Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles, partis au pouvoir en Italie, ont pratiquement déclenché une crise gouvernementale en raison de leurs visions opposées sur la question du TGV transalpin. La plupart de l’électorat du Mouvement 5 étoiles s’est toujours opposé au projet, vu comme un gaspillage d’argent public.

La Ligue du Nord soutient quant à elle le Lyon-Turin et s’est battue lors des dernières semaines pour ne pas perdre les fonds européens dus au retard accumulé des travaux. Le Président italien a lui-même trouvé une solution pour donner plus de temps au gouvernement italien et lui permettre de prendre une décision finale après les élections européennes du mois de mai.

Les tensions entre les deux pays voisins jamais n’ont jamais été aussi exacerbées que ces derniers temps. Le Vice-Premier italien, Luigi Di Maio, s’est récemment rendu en France avec une délégation de son parti pour rencontrer les représentants du mouvement français des gilets jaunes, qui appelle ouvertement à faire tomber le gouvernement français lors de ses rassemblements. Le 7 février, le gouvernement français avait convoqué son ambassadeur à Rome au sujet des nombreuses « attaques » transalpines.

Les gilets jaunes provoquent une crise diplomatique entre la France et l'Italie

Une rencontre entre les gilets jaunes et le ministre du travail italien, Luigi Di Maio, a mis le feu aux poudres entre Paris et Rome, dont les relations se sont dégradés ces derniers mois

Dans d’une interview diffusée sur les chaines de télévision italienne RAI, le Président français a tenté de désamorcer les tensions. « L’histoire, l’amitié qui lient la France à l’Italie sont suffisamment fortes pour surmonter les obstacles politiques », a déclaré le Président français, ajoutant que le dialogue avec Rome était aussi important pour la France que celui avec Berlin.

Crise entre l’Italie et la France : la stratégie populiste de la tension

Insultes, ingérences, manœuvres. Depuis quelques mois, c’est une idée fixe chez les deux principaux dirigeants italiens. Matteo Salvini et Luigi Di Maio ont fait de la France, et d’Emmanuel Macron en particulier, leur cible préférée. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

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