Jeunes Européens – France : Mettre en place un Erasmus de la solidarité

Selon les Jeunes Européens France, le développement d’une citoyenneté européenne passe par la mise en place de projets concrets ayant une véritable dimension européenne. Dans le cadre de l’enquête d’EURACTIV relative aux attentes des parties prenantes pour la Présidence française de l’UE en 2008, le mouvement propose ainsi la création d’un service civil européen.

Diagnostic :

Deux ans après les « non » français et néerlandais au référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, les citoyens en France, comme dans de nombreux autres pays européens, semblent toujours éloignés des questions institutionnelles et de plus en plus de responsables politiques demandent une Europe des projets concrets.

De plus, après les événements qui ont eu lieu dans les banlieues françaises à l’automne 2005, plusieurs personnes ont appelé à la mise en place d’un service civique en France. Selon nous, un tel programme ne présente aucun intérêt s’il ne comporte pas une dimension européenne.

En outre, comme les autres programmes européens d’échange l’ont déjà démontré, les échanges entre jeunes Européens constituent le meilleur outil de communication pour l’Union européenne et contribuent avant tout à la création d’une véritable citoyenneté européenne. Ils sont également l’un des meilleurs moyens de combattre toutes les formes de préjugés envers les autres nationalités et toutes les formes de nationalisme.

Néanmoins, les programmes d’échanges tels qu’ils existent aujourd’hui ne sont pas optimaux car ils ne concernent souvent que les étudiants qui maîtrisent au moins une langue étrangère et qui font partie des milieux les plus favorisés. Ces programmes sont en général des programmes individuels.

C’est pourquoi le Mouvement européen – France et les Jeunes Européens – France ont décidé, au printemps 2006, de lancer une pétition pour la mise en place d’un service civil européen.

L’idée d’un service civil européen n’est pas une idée récente. De nombreux pro-européens en discutent déjà depuis quelques années et cette idée fait aujourd’hui son chemin.

Deux initiatives ont ainsi été menées récemment  : l’une par le magazine « La Vie » rassemblant plusieurs intellectuels français autour du concept d’un service civil, l’autre par l’Institut Montaigne au sujet d’un service civique européen.

Solutions envisagées :

Pour donner corps à la citoyenneté européenne par un projet concret, nous proposons la création d’un service civil européen.

L’objectif de ce programme serait d’offrir à un grand nombre de jeunes (âgés de 18 à 30 ans) une opportunité de participer à une expérience professionnelle dans un autre pays européen que leur pays d’origine.

Ce service, au sein d’équipes de jeunes volontaires d’origines et de compétences différentes, doit offrir à chaque jeune, étudiant ou en recherche d’emploi, l’opportunité de vivre une expérience réellement européenne, de six à douze mois, au service d’une action collective.

Il pourrait s’agir d’une action culturelle, de protection de l’environnement, d’une action humanitaire en cas de catastrophes naturelles ou industrielles, d’une action de protection civile, de cohésion sociale ou entre les générations.

Ce service civil se déroulerait dans des associations ou des organisations publiques offrant des services à différentes catégories de population  : personnes âgées, personnes handicapées, personnes vivant dans des quartiers défavorisés, prisonniers.

Dans les pays où le service militaire existe encore ou dans lesquels le service civil existe déjà, cette forme d’engagement devrait être proposée comme une alternative.

L’objectif serait qu’un maximum de jeunes puisse participer à ce programme, dans le but de faire naître un sens de la collectivité davantage partagé. Ce service civil ne doit pas être perçu comme une contrainte ou une obligation et c’est pourquoi il devrait se faire sur une base volontaire.

Néanmoins, l’UE et ses États membres devront s’assurer qu’ils seront en capacité de répondre à la demande potentiellement importante de jeunes gens voulant participer à ce programme. Le coût de ce service civil européen devrait donc être envisagé dans le cadre de la révision des perspectives financières 2007-2013 et être co-financé par les États membres.

Afin d’être attractif pour les jeunes, cet « Erasmus de la solidarité » devra être reconnu par les pouvoirs publics nationaux comme expérience professionnelle qualifiante, officiellement sanctionnée par un certificat reconnu dans toute l’Union européenne. Il devra aussi être accessible à tous les jeunes, afin que personne ne puisse en être exclu pour des raisons financières. C’est pourquoi, chaque participant devra être suffisamment rétribué pour son action afin notamment de permettre à des participants avec moins d’opportunités de s’investir dans le programme.

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