Juncker suggère de réduire le nombre de commissaires européens

[Stephanie Lecocq/EPA/EFE]

Le président de la Commission européenne appelle les États membres à alléger le nombre de commissaires : il n’y a pas assez de travail pour 28 selon lui. Il demande aussi de ne pas remplacer temporairement ceux qui ont été élus eurodéputés.

Cinq commissaires de la Commission Juncker ont été élus eurodéputés : le premier vice-président, Frans Timmermans, les vice-présidents Andrus Ansip et Valdis Dombrovskis, et les commissaires Corina Creţu et Mariya Gabriel.

Dans une interview au BILD am Sontag le 2 juin, Jean-Claude Juncker demande aux États membres concernés de ne pas les remplacer jusqu’à la fin du mandat de la Commission en novembre.

Les eurodéputés élus doivent décider avant le 1er juillet de prendre leur siège ou non. Si les commissaires élus au Parlement européen l’acceptent, leur pays se retrouvera sans commissaire pendant quatre mois.

« Chaque État membre a le droit de nommer un nouveau commissaire pour les quatre mois restants », affirme le président de la Commission, tout en précisant que « cela va couter au contribuable européen un million d’euros par commissaire, pour le déménagement, le personnel et la retraite à vie que chaque commissaire obtient quel que soit le temps qu’il ou elle passe à la Commission, car les États membres l’ont décidé ainsi. Et j’essaie d’y mettre un terme. »

Jean-Claude Juncker est catégorique : le travail des commissaires sortants peut facilement être départagé entre ceux qui restent pendant cette période de quatre mois.

« Si les chefs d’État ou de gouvernement insistent pour les remplacer, aucun citoyen ne comprendra cette décision », prévient-il, tout en rappelant qu’il a appelé à maintes reprises à réduire le nombre total de commissaires.

Selon le traité de l’UE, le nombre de commissaires doit être équivalent à deux tiers du nombre d’États membres.

Cette disposition a toutefois été enterrée lors du référendum irlandais de 2008 lorsque le traité de Lisbonne a été ratifié. Le Conseil européen a promis qu’il serait modifié pour garantir à chaque État membre un commissaire.

Les dirigeants européens opposés à une Commission réduite

Lors du sommet de juin centré sur la distribution de hauts postes, les dirigeants européens devraient laisser tomber l’idée de réduire le nombre de commissaires, pourtant recommandée par les traités.

« Il n’y a tout simplement pas assez de travail pour occuper 28 commissaires toute la journée. C’est pour cela que j’ai réorganisé la Commission, nommé des vice-présidents, et réduit grandement le nombre de portefeuilles. Mon successeur devra prendre des mesures similaires si les États membres refusent de réduire le nombre de commissaires », a expliqué Jean-Claude Juncker.

Le travail des vice-présidents réplique largement celui des commissaires : ainsi, le premier vice-président Frans Timmermans couvre le portefeuille de la commissaire en charge de la justice, Věra Jourová, alors que la vice-présidente et haute-représentante de l’UE, Federica Mogherini couvre le travail de Johannes Hahn, Neven Mimica et Christos Stylianides.

Andrus Ansip englobe le portefeuille de Mariya Gabriel, Maroš Šefčovič, chef de l’Union de l’énergie, supervise le portefeuille de Miguel Arias Cañete, Valdis Dombrovskis celui de Pierre Moscovici, et Jyrki Katainen supervise le travail d’Elżbieta Bieńkowska.

Le responsable de la Commission reproche aussi aux États membres de porter peu d’attention à la parité. Dans son interview, il révèle que lors de l’établissement de son équipe il y a cinq ans, les États membres n’avaient proposé qu’une seule femme.

Nominations à plusieurs postes clés de la Commission

Toute l’attention est tournée vers les chefs d’État et de gouvernement, qui doivent choisir notamment le nouveau président de la Commission. Loin des projecteurs, des postes moins connus, mais pas moins importants sont en train d’être distribués.

Les données des premières étapes de nominations des commissaires ne sont pas publiques. En 2014, la Bulgarie a toutefois proposé une candidate dès le départ – Kristalina Georgieva – qui a finalement été nommée vice-présidente.

Elle a ensuite quitté la Commission en 2016 pour diriger la Banque mondiale et a été remplacée par Mariya Gabriel. La Bulgarie est le seul pays qui n’a jamais envoyé de commissaire homme.

Grâce à sa pression discrète sur les États membres, Jean-Claude Juncker a réussi à porter le nombre de femmes à la Commission à neuf sur 28. Ce qui signifie que huit d’entre elles, dont Margrethe Vestager et Věra Jourová, dont le travail a largement été apprécié, étaient le second choix des États membres.

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