Juncker attend une présidence autrichienne « pro-européenne »

Jean-Claude Juncker et Sebastian Kurz [Olivier Hoslet/EPA/EFE]

Malgré les positions anti-immigration du gouvernement autrichien, allié avec l’extrême droite, Jean-Claude Juncker croit au caractère « européen » de la présidence de l’UE à venir.

Le gouvernement autrichien, mené par le Premier ministre Sebastian Kurz, était à Bruxelles le 6 juin pour la réunion traditionnelle avec l’exécutif européen avant que le pays prenne les rênes de la présidence tournante de l’UE le 1er juillet.

Lors d’une conférence de presse aux côtés de Sebastian Kurz, Jean-Claude Juncker a dit espérer que la présidence autrichienne serait une réussite, et a minimisé les possibles divergences, surtout sur la manière de gérer l’immigration.

Points communs

« On peut parfois avoir des idées différentes, mais elles ne sont pas si différentes. Je constate beaucoup de points communs, notamment lorsqu’il s’agit d’être pro-Européens, ce que je perçois nettement au gouvernement autrichien », a-t-il rassuré.

Sebastian Kurz, qui a accueilli à Vienne le président russe Vladimir Poutine le jour précédent, a déclaré que l’UE se trouvait dans une situation très complexe et délicate.

« Il est très difficile de prévoir de quoi demain sera fait avec les États-Unis, nous avons eu quelques tensions entre l’UE et la Russie aussi, nous avons le Brexit, et pour la première fois un État membre va quitter l’Union européenne. Par-dessus le tout, nous entrons dans des négociations très complexes sur le budget pluriannuel, voilà le contexte de notre présidence », a-t-il affirmé.

Il a ajouté que la présidence de son pays serait la dernière présidence entière que connaîtra ce Parlement européen et que 300 réunions en trilogue entre les trois institutions européennes seraient organisées. Les élections européennes auront lieu en mai, sous la présidence roumaine.

Sur la question de l’immigration, Sebastian Kurz a déclaré qu’il n’était pas trop optimiste de penser que le plus grand enjeu – la réforme du système de Dublin – pouvait être finalisé lors du sommet européen des 28 et 29 juin.

« Nous devons résoudre la question des migrants et s’il n’y a pas de solution lors du Conseil de juin, alors nous devrons continuer à nous attaquer à cet enjeu », a-t-il assuré avant d’ajouter : « nous nous concentrerons sur la question lors du sommet du 20 septembre à Salzbourg, dans le but d’aller un peu plus loin dans la protection des frontières extérieures de l’UE. »

La future présidence autrichienne de l'UE veut insister sur les frontières

Le Brexit, budget et sécurité seront les trois grandes priorités de la présidence autrichienne lors du second semestre de 2018. Un article d’Euractiv Allemagne, en direct de Vienne.

Le nouveau gouvernement italien a déclaré en début de semaine qu’il voulait cesser de devoir accueillir des milliers de réfugiés ayant traversé la Méditerranée, insistant sur le fait que l’UE devait agir davantage pour aider et que les migrants économiques devaient être renvoyés en Afrique du Nord.

Dans le cadre du règlement de Dublin, les demandeurs d’asile sont censés être enregistrés dans le premier pays où ils arrivent, mais en l’état actuel des choses, ce sont l’Italie et la Grèce qui portent toute la charge du problème.

Les dirigeants européens se rencontreront les 28 et 29 juin à Bruxelles pour s’accorder sur les changements à apporter aux règles de Dublin, mais cette semaine, les négociations n’ont pas beaucoup avancé.

Le principal point d’achoppement est que de nombreux pays, principalement les États d’Europe de l’Est comme la Hongrie et la Pologne, refusent d’accueillir leur part de réfugiés, décidée avec le système de quotas de l’UE, pour alléger la pression sur l’Italie et la Grèce.

« Il y aura certainement de vives discussions sur les quotas », prévoit Sebastian Kurz, tout en ajoutant qu’un consensus a été trouvé sur le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’UE pour réduire le nombre de migrants arrivant en Europe.

« Si nous pouvons avancer sur la question des frontières, les autres questions devraient devenir secondaires », a assuré le président de la Commission, qui soutenait le système de quotas introduit en 2015, au plus fort de la crise des migrants.

Sebastian Kurz, une voix conservatrice et proeuropéenne en Autriche

Avec Sebastian Kurz, l’UE voit arriver un partenaire pro-européen au gouvernement autrichien. Sa politique tentera de concilier valeurs conservatrices et volonté de réformer. Un article d’Euractiv Allemagne.

Interrogé sur la conclusion du prochain budget sur sept ans durant le mandat du Parlement actuel, Jean-Claude Juncker a déclaré qu’il était important de trouver un tel accord. « Si l’accord prend trop de temps, je crains que nous perdions du temps avec les programmes respectifs. Nous perdrions du temps, nous perdrions beaucoup d’emplois dans la recherche, en 2021 nous aurions un million de participants en moins au programme Erasmus+, etc. »

Pour Sebastian Kurz, il serait préférable de trouver un consensus avant les élections européennes, mais lors du dernier Conseil européen « certains collègues préfèrent que la qualité prenne le pas sur la rapidité. « Je ne suis pas certain de savoir quand nous aurons un budget d’assez bonne qualité pour prendre une décision finale », a-t-il ajouté.

Quant au vice-chancelier autrichien Hans Christian Strache, chef de file du parti d’extrême droite le FPÖ et qui a appelé à la levée des sanctions européennes contre la Russie, Jean-Claude Juncker a déclaré que « ces questions importantes étaient discutées ». Selon lui, certains des commentaires du vice-chancelier ne sont pas repris avec précision. « Mon impression d’ensemble du gouvernement est plutôt positive. »

En Autriche, Sebastian Kurz tend la main à l’extrême droite

Le vainqueur des élections du 15 octobre dernier en Autriche, a proposé au parti d’extrême droite eurosceptique, le FPÖ, de former une coalition, à condition qu’elle soit proeuropéenne. Un article d’Euroefe.

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