Juncker condamne la dérive autoritaire de la Hongrie

Jean-Claude Juncker a été auditioné par la a commission d’enquête parlementaire sur le blanchiment de capitaux, l’évasion fiscale et la fraude fiscale (PANA). [European Commission]

Le président de la Commission a déploré l’offensive lancée par Viktor Orbán pour fermer l’Université d’Europe centrale et commenté l’initiative « Let’s Stop Brussels » (« arrêtons Bruxelles »).

La Hongrie cumule les déclarations hostiles  envers Bruxelles. Une attitude qui exaspère les représentants européens.

Lors d’une conférence de presse en compagnie de la présidente de la Confédération suisse, Doris Leuthard, le président de la Commission a  fortement critiqué les dernières décisions du gouvernement Orban.

La Hongrie a voté il y a quelques jours en faveur d’un projet de loi visant à fermer l’Université d’Europe centrale, fondée par George Soros et où l’enseignement est dispensé en anglais.

Créé en 1991 après la chute du communisme, l’établissement a longtemps été considéré par le gouvernement de Viktor Orbán comme un bastion hostile du libéralisme.

Les villes européennes tendent la main à l'université Soros de Budapest

Une université de Budapest fondée par le millionnaire George Soros et menacée de fermeture par le gouvernement hongrois a déjà reçu un certain nombre d’offres d’autres États européens prêts à accueillir ses facultés.

La Hongrie a également lancé une initiative baptisée « Let’s stop Brussels » (« arrêtons Bruxelles »). Les Hongrois ont reçu un questionnaire dans leurs boîtes aux lettres dès le 1er avril, soit quelques jours seulement après la réunion des dirigeants européens pour célébrer le 60e anniversaire de l’UE.

« Premièrement, sur la question de la fermeture de l’université. Le Collège va en délibérer mercredi. Je n’aime pas cette décision. » a répondu Jean-Claude Juncker, interrogé sur le sujet par EurActiv à l’issue de la conférence.

« Deuxièmement, pour ce qui est du questionnaire que Viktor Orbán a fait parvenir à tous les ménages hongrois, il n’est pas question de sortir de l’Union européenne, mais il est question de stopper Bruxelles. Je voudrais, après avoir lu ce questionnaire orienté, mieux comprendre les intentions de Viktor Orbán. Mais cette façon de dire du mal de Bruxelles après avoir signé la Déclaration de Rome dit plus sur l’auteur du questionnaire, que sur l’état de l’Union européenne » a-t-il poursuivi.

La Hongrie a également lancé une initiative baptisée « Let’s stop Brussels » (« arrêtons Bruxelles »). Les Hongrois ont reçu un questionnaire dans leurs boîtes aux lettres dès le 1er avril, soit quelques jours seulement après la réunion des dirigeants européens pour célébrer le 60e anniversaire de l’UE.

Orban lance une consultation anti-européenne en Hongrie

La Hongrie lance son initiative « Let’s stop Brussels » (arrêtons Bruxelles), quelques jours seulement après le retour de son Premier ministre du sommet de Rome. Viktor Orbán compte pourtant parmi les signataires de la déclaration pro-européenne qui y a été adoptée, souligne la Commission.

Hungarianspectrum.org a publié une traduction anglaise du questionnaire, pour permettre aux lecteurs de juger par eux-mêmes de la partialité des questions et en examiner les conclusions.

  1. Bruxelles est sur le point de franchir une étape dangereuse. L’UE veut nous empêcher de réduire le prix des services publics. D’après vous, que devrait faire la Hongrie? (a) Défendre la réduction du prix des services publics. Nous devrions insister pour que le prix des services publics soit déterminé par la Hongrie. (b) Nous devrions accepter le programme de Bruxelles et faire confiance aux grandes entreprises qui fixeront le prix des services publics.
  2. De nombreuses attaques terroristes ont eu lieu récemment en Europe. Malgré cela, Bruxelles veut forcer la Hongrie à accueillir des immigrés clandestins sur son territoire. D’après vous, que devrait faire la Hongrie? (a) Pour la sécurité de la population hongroise, les migrants devraient être placés sous surveillance le temps que les autorités statuent sur leur sort. (b) Autoriser les immigrés clandestins à se déplacer librement en Hongrie.
  3. Il apparaît maintenant clair qu’en plus des passeurs, certaines organisations internationales encouragent les immigrés clandestins à commettre des délits. D’après vous, que devrait faire la Hongrie? (a) Les activités contribuant à l’immigration clandestine, telles que le trafic de personnes, et la popularisation de l’immigration clandestine devraient être punies. (b) Accepter que certaines organisations internationales contournent la loi hongroise sans être punies.
  4. De plus en plus d’organisations financées par l’étranger opèrent en Hongrie dans le but d’interférer dans les affaires intérieures de notre pays, d’une manière obscure. Ces organisations pourraient mettre en péril notre indépendance. D’après vous, que devrait faire la Hongrie? (a) Exiger que ces organisations soient enregistrées afin qu’elles révèlent les objectifs de leurs activités et leurs sources de financement. (b) Les autoriser à continuer leurs activités risquées sans aucune supervision.
  5. Ces dernières années, nous sommes parvenus à créer de l’emploi grâce à nos propres stratégies. Bruxelles s’en prend pourtant à nos mesures de création d’emploi. D’après vous, que devrait faire la Hongrie? (a) Nous, les Hongrois, devrions continuer à prendre nos propres décisions concernant l’avenir de l’économie hongroise. (b) Bruxelles devrait décider des mesures à prendre en matière économique.
  6. La Hongrie s’est engagée à entreprendre des réductions fiscales. Bruxelles critique cette décision. D’après vous, que devrait faire la Hongrie? (a) Nous devrions insister sur le fait que nous, les Hongrois, devons décider des réductions fiscales. (b) Nous devrions accepter que Bruxelles dicte ses taux d’imposition.

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