Juncker tente de rassembler les pro-européens au Parlement

Jean-Claude Juncker

La fin de la grande coalition a poussé le président de la Commission a entamer une opération séduction en venant devant les groupes politiques pro-européens de gauche au Parlement européen.

A l’approche de l’anniversaire du traité de Rome, le président de la Commission européenne tente de resserrer les rangs pro-européens au Parlement européen.

La grande coalition, qui permettait jusqu’ici aux eurodéputés de gauche et de droite de dégager des majorités au Parlement pour adopter les textes législatifs s’est délitée.

A l’occasion de la session plénière à Strasbourg, le Luxembourgeois s’est adressé aux bureaux des groupes des socialistes et démocrates (S&D) le lundi 13 mars, puis s’est rendu le lendemain à la réunion du groupe des Verts.

Au Parlement européen, les socialistes se rapprochent des écologistes

Quelques mois après la fin de la grande coalition, les socialistes ont organisé une première réunion avec les écologistes au Parlement européen afin de jeter les bases d’une alliance progressiste.

« A sa demande, Jean-Claude Juncker va venir à la réunion du groupe des Verts » a expliqué Philippe Lamberts. Le coprésident belge du groupe des Verts compte profiter de la venue du Luxembourgeois pour aborder les questions concernant l’avenir de l’Europe, et notamment la question du Livre blanc de la Commission proposant 5 scénarios pour sortir l’UE de la crise. « Le grand manque de ce livre blanc, c’est qu’il n’y a pas de diagnostic » regrette Pascal Durand.

Du côté des socialistes, le rendez-vous a également permis d’aborder le sujet du Livre blanc. « Nous avons longuement discuté avec Jean-Claude Juncker. Il s’est engagé à venir rencontrer le bureau des socialistes et démocrates tous les trois mois à l’avenir » a expliqué le président du groupe Gianni Pitella lors d’une conférence de presse.

Pour certains socialistes, la main tendue du président de la Commission n’arrive pas par hasard. « Jean-Claude Juncker tenait beaucoup à la grande coalition » explique l’eurodéputé socialiste Guillaume Balas. « Mais quel est le sens de se remettre dans une grande coalition avec des gens avec qui on est d’accord sur rien ? » interroge l’élu français.

« La venue de Jean-Claude Juncker était très clairement une réponse à la fin de la grande coalition » explique Isabelle Thomas, membre du bureau du groupe S&D.   « Il a effectivement proposé qu’on se revoie régulièrement, mais je ne suis pas sûre que ce soit utile u ce qui est ressorti hier des échanges ».

Du côté de la Commission, on affirme que les rendez-vous de Jean-Claude Juncker font partie d’un agenda normal « Le président est régulièrement en contact avec les chef de file des groupes politiques » a affirmé un porte-parole de la Commission.

Les rendez-vous du Luxembourgeois se sont cependant arrêtés aux socialistes et aux Verts. « Nous n’avons pas eu de rendez-vous avec Jean-Claude Juncker pendant cette session, mais nous allons en demander un » a expliqué la présidente de la gauche radicale au Parlement européen, Gabi Zimmer.

La grande coalition européenne officiellement enterrée

Gianni Pitella, président du S&D, a confirmé qu’il serait candidat à la présidence du Parlement européen, rompant un accord passé avec le PPE, le principal groupe de droite.

 

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