Katainen juge l’érosion de l’état de droit plus inquiétante que le Brexit

Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission, estime que l'UE pourrait parvenir à un accord avec le Royaume-Uni, mais qu'il n'y aurait pas de compromis sur les valeurs européennes. [European Commission]

L’UE est prête à faire des compromis sur plusieurs points, notamment sur le Brexit. Mais pas sur les menaces « plus inquiétantes » envers l’état de droit et à la liberté de la presse selon le vice-président de la Commission.

Le finlandais Jyrki Katainen, commissaire chargé de l’emploi, de la croissance, des investissements et de la compétitivité, a appelé un groupe d’hommes d’affaires à défendre plus fermement les valeurs européennes.

« Ces valeurs ne devraient pas être qu’une façade lors des célébrations d’anniversaire de l’Europe. Je demande sincèrement votre aide pour défendre ouvertement, et à voix haute les valeurs européennes », a-t-il déclaré lors d’un événement célébrant le 60e anniversaire de BusinessEurope.

Jyrki Katainen a affirmé qu’« en fin de compte, il y aurait un compromis avec le Royaume-Uni » concernant son retrait du bloc. « Mais nous ne pouvons pas faire de compromis sur l’état de droit. »

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Une proposition de l’UE pour éviter une frontière « dure » en Irlande après le Brexit sème la discorde entre Londres et Bruxelles. Theresa May affirme qu’elle menace « l’intégrité constitutionnelle » du Royaume-Uni.

Interrogé pour savoir s’il pensait que la Pologne représentait une plus grande menace pour l’Europe que le Brexit, l’ancien Premier ministre finlandais a déclaré qu’il y avait également « quelques signes » d’érosion de l’état de droit dans d’autres pays que la Pologne, mais il n’a pas donné plus de détails.

Il a fait valoir que l’érosion de l’état de droit était bien « plus inquiétante » que le Brexit car elle risquait de se propager et de devenir « une pratique courante et partiellement acceptée » par les politiciens et la société en général.

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Il a également fait part de ses préoccupations à l’égard de la liberté de la presse et de la protection des journalistes, quelques jours après le meurtre d’un journaliste slovaque qui enquêtait sur les liens entre son gouvernement et la mafia italienne. Un autre journaliste d’enquête maltais a été assassiné quatre mois plus tôt, après avoir mis au grand jour de nombreuses affaires de corruption impliquant la classe politique de l’île.

« Cette tendance m’inquiète au plus haut point », a-t-il déclaré. « Nous ne devons pas perdre les fondements de l’Union, c’est-à-dire ses valeurs ».

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Markus J. Beyrer, le directeur général de BusinessEurope, a souligné au cours des mêmes discussions l’importance de maintenir l’état de droit pour le climat des affaires.

Certains hommes d’affaires polonais se sont déclarés déçus du soutien timide de la Commission au secteur privé dans le pays, mais ils ont bon espoir que la situation évolue cette année.

Le monde des affaires en Pologne reste divisé. En effet, les grandes entreprises des villes sont plus critiques à l’égard des décisions de leur gouvernement, qui ont suscité des tensions avec les institutions européennes. Les petites entreprises en revanche ont plus d’affinités avec l’exécutif ultraconservateur à Varsovie.

Pendant ce temps, les entreprises étrangères ne rechignent pas à l’idée de faire des affaires avec le gouvernement polonais actuel, ont expliqué les mêmes représentants des entreprises.

Jyrki Katainen a déclaré que « la protection de nos valeurs fondamentales » était l’un des défis que les secteurs public et privé devraient relever ensemble, ainsi que la défense d’un « commerce ouvert, équitable et fondé sur un règlement » et « l’adoption des évolutions technologiques tout en encourageant l’économie circulaire ».

S’adressant à un autre panel, Ann Mettler, responsable du Centre européen de stratégie politique (CESP), a souligné que la protection de ces valeurs permettait d’attirer les entreprises.

Dans un contexte de tendance « anti-libérale » et d’autres problèmes politiques qui sévissent à travers le monde, l’Europe est selon elle « très attrayante » pour les entreprises, et pas seulement pour sa réglementation. « C’est grâce aux valeurs de démocratie et de liberté », a-t-elle précisé, en se référant à « ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique, mais également de l’autre côté de la Manche ».

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