Katainen :«la solidarité n’est pas à sens unique »

Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission, estime que l'UE pourrait parvenir à un accord avec le Royaume-Uni, mais qu'il n'y aurait pas de compromis sur les valeurs européennes. [European Commission]

Le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, rappelle aux pays du groupe de Visegrád que la solidarité qu’ils attendent de la politique de cohésion de l’UE s’applique aussi à la crise des réfugiés.

Le commissaire finlandais à l’emploi, à la croissance, à l’investissement et à la concurrence a lancé un avertissement aux pays de Visegrád lors d’un événement organisé par le Conseil des communes et régions d’Europe consacré à l’avenir de la politique de cohésion.

Une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE, une nouvelle Union, différente de l’UE actuelle, renaîtra, a indiqué Jyrki Katainen. Ce moment historique, au lendemain du Brexit et de la déclaration de Rome, est « excellent » pour entamer une réforme de l’UE et répondre aux attentes de ses citoyens.

« Les 27 États membres ont indiqué leur volonté de faire partie d’une Europe plus intégrée plutôt que d’une Europe divisée, ou du moins plus nationaliste. Toutefois, préciser ‘je veux participer’ n’est pas suffisant. Nous avons besoin d’une nouvelle direction. Nous avons besoin de règles et d’engagement », a déclaré la Commission.

Le commissaire finlandais a expliqué que c’était la raison pour laquelle la Commission avait publié son livre blanc avec cinq scénarios pour l’avenir de l’UE, qui ne sont pas exhaustifs. « Libre à vous de proposer de nouvelles options », a-t-il suggéré.

La politique de cohésion, qui représente près d’un tiers du budget de l’UE, devrait être lourdement impactée par le départ du Royaume-Uni, un contributeur net, ainsi que par une importante réforme de l’UE après le Brexit.

Personne ne connaît le montant du prochain budget à long terme de l’UE (2020-2027), a-t-il indiqué, précisant qu’il serait « très surpris » qu’il soit plus conséquent que le budget actuel.

« Si vous n’en voulez pas, pas de problème », a martelé Jyrki Katainen à propos de la politique de cohésion, d’une manière délibérément provocante, à une audience comprenant également des professionnels du secteur.

À Rome, une déclaration commune mais pas de recette miracle

La déclaration commune pour les 60 ans du traité de Rome peine à mettre tout le monde d’accord. Son objectif est de « convaincre que l’UE est la bonne réponse », un objectif pour lequel il n’y pas « pas de potion magique » selon un diplomate.

Le commissaire a voulu insister sur le fait que la politique de cohésion nécessitait une véritable gouvernance, car jusqu’à présent, ses responsables avaient été silencieux.

« La responsabilité est entre vos mains, dans les mains de vos États membres. Ne faites pas reposer votre responsabilité sur les épaules de la Commission européenne », a insisté Jyrki Katainen.

L’avenir de la politique de cohésion fait partie de l’avenir de l’Europe, a-t-il déclaré, répétant que « sans gouvernance active, il n’y a pas d’appétit pour développer l’Europe, car la gouvernance est synonyme d’engagement ».

Les remèdes utilisés par le passé pour aider les régions les plus pauvres ne fonctionnent plus de la même manière, a expliqué Jyrki Katainen, tout en ajoutant qu’une plus grande ouverture d’esprit était nécessaire.

Euractiv a demandé au commissaire de commenter les appels des États membres les plus anciens pour que les pays de Visegrád (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie), qui s’opposent à la politique de relocalisation de l’UE, cessent de recevoir les fonds de cohésion.

En revanche, les pays les plus pauvres de l’UE, la Bulgarie et la Roumanie acceptent quant à eux le système de relocalisation des demandeurs d’asile alors même que la Bulgarie, qui se trouve en première ligne, porte le fardeau de l’afflux de réfugiés traversant quotidiennement ses frontières.

Les pays de Visegrad s’opposent à la réforme de la politique d’asile

Les quatre pays du groupe de Visegrad – République tchèque, Pologne, Slovaquie, Hongrie – ne veulent pas de la nouvelle politique d’asile proposée par la Commission. Un article du réseau EURACTIV.

Le vice-président de la Commission a rappelé l’importance d’une résolution conjointe du problème des réfugiés. « La solidarité ne signifie pas toujours demander quelque chose à quelqu’un. Ça veut aussi dire que je suis prêt à contribuer au pot commun », que ce soit pour les fonds de cohésion ou le partage du fardeau des réfugiés.

« La solidarité n’est pas à sens unique. C’est une route à deux sens. Sinon il n’y a pas de solidarité », a-t-il commenté.

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