L’affaire Dalli rebondit

bd0489d368ba7d09c3bf5f1eb4c13059.jpg

De nouvelles révélations remettent en cause la validité de l’accusation de corruption qui avait amené à la démission du commissaire maltais à la Santé en octobre dernier. L’office européen anti-fraude est directement mis en cause.

Les efforts de membres du Parlement européen pour connaître la vérité dans l’affaire John Dalli sont en train de payer. En octobre dernier, le commissaire maltais à la Santé a été débarqué manu militari de ses fonctions, accusé de corruption.

L’intéressé a toujours vigoureusement défendu son innocence. 

L’ex commissaire Dalli provoque des remous à Bruxelles 

Le député français d’Europe Ecologie Les Verts, José Bové, vient de mettre à mal la version officielle de la Commission européenne et de l’Office européen anti-fraude (OLAF) en remettant à la presse l’enregistrement d’une discussion avec deux lobbyistes de Swedish Match.

Pressions de l’OLAF

Cette entreprise produit du snus, une pâte de tabac à chiquer, très populaire en Suède et seul pays où elle peut être commercialisée.

Les deux professionnels reconnaissent que l’OLAF les a poussés à maintenir, au cours de l’enquête, une version erronée des faits.

Ainsi, la rencontre (en février 2012) entre John Dalli, le patron de Swedish Match, Silvio Zammit, et la représentante de l’entreprise à Malte, Gayle Kimberley, au cours de laquelle le commissaire aurait accepté 60 millions d’euros en échange d’une autorisation du snus partout en Europe, n’aurait jamais eu lieu.

Ecouter l’enregistrement, mis en ligne par New Europe :

 

Au cours de la conversation qui a eu lieu mercredi 20 mars à Bruxelles, les deux représentants ont reconnu que tout repose sur les propos de Mme Kimberley, lesquels sont sujets à caution. Pire, ils ajoutent que l’OLAF savait que la réunion n’avait jamais eu lieu mais qu’il a été demandé aux lobbyistes de maintenir leur version des faits.

La crédibilité de l’UE en jeu 

Le dossier d’accusation est ainsi en train de s’effondrer mettant le président de la Commission européenne dans une situation délicate. C’est José Manuel Barroso lui-même qui a poussé John Dalli à la démission en octobre dernier, immédiatement après avoir reçu le rapport de l’OLAF. Or, depuis, il a toujours refusé de le rendre public, malgré les demandes répétées des parlementaires. M. Barroso se contente d’affirmer que les preuves sont solides. Une brèche vient pourtant de s’ouvrir. 

La suspicion qui entoure cette affaire est d’autant plus grande que M. Dalli était en charge de la rédaction de la future directive sur le tabac qui devait être publiée quelques jours après l’éclatement de l’affaire. Son éviction a permis ainsi de repousser l’échéance.

Cette nouvelle réglementation est l’objet de toute l’attention de l’industrie du tabac, farouchement opposée à des normes plus strictes.

Lors d’une conférence de presse, jeudi 21 mars, José Bové demande la mise en place d’une commission parlementaire spéciale.

« La crédibilité des institutions de l’UE est en jeu. La controverse soulevée par l’affaire Dalli pose à la fois des questions sur le rôle trouble du lobby de l’industrie du tabac dans le cadre de la directive sur le tabac, mais également sur la conduite des institutions de l’UE » a jugé le député.

Le Parti populaire européen (PPE, conservateurs et centre droit) a demandé la démission immédiate du directeur général de l’OLAF, Giovanni Kessler.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.