L’allemand n’obtiendra pas de statut privilégié lors des conférences de presse de la Commission [FR]

José Manuel Barroso vient de mettre un terme à la controverse ayant éclaté au sujet d’une possible émergence de l’allemand au rang de troisième  » langue automatique » dans les conférences de presse de la Commission, aux côtés du français et de l’anglais.

L’anglais et le français demeureront les deux seules langues disposant d’un régime privilégié lors des conférences de presse de la Commission. L’allemand, dont l’exécutif européen avait un temps envisagé de faire une troisième « langue automatique », ne se verra finalement pas accorder ce statut. 

Dans une lettre adressée au représentant permanent de l’Italie auprès de l’UE,  José Manuel Barroso a souhaité mettre fin au début de controverse provoqué par les projets de la Commission. Dans ce courrier, M. Barroso confirme que les points de presse et les conférences de presse du mercredi feront l’objet d’une traduction intégrale dans l’ensemble des langues officielles de l’Union, l’objectif étant de parvenir au même résultat dans le cas des conférences de presse des Commissaires, « dont la fréquence […] est moins prévisible ». 

L’API (Association de la Presse Internationale) avait exprimé sa préoccupation après qu’il fut apparu que la Commission prévoyait d’apporter des modifications au régime linguistique en vigueur, en limitant la traduction de ses principales conférences de presse à trois langues (l’anglais, le français, et dorénavant l’allemand) auxquelles se seraient ajoutés l’italien, l’espagnol, le néerlandais, le polonais et éventuellement une huitième langue – sur la base d’un système de rotation. Dans une lettre en date du 8 mars, l’API réaffirmait son attachement au régime actuel, en place depuis 1995 et fondé sur la coexistence de neuf langues. 

Le président de l’API, Michael Stabenow, déclarait récemment que les modifications prévues ne lui apparaissaient pas justifiées, le régime actuel ayant donné largement satisfaction. « L’anglais et le français comme base plus sept autres langues en alternance selon un système de rotation souple » : telle est la formule défendue par M. Stabenow. 

Roger Vancampenhout, de « Bruxelles-Diversité » (la branche bruxelloise de l’association « Défense de la Langue Française »),  a jugé que le régime actuel constituait un exemple du système à « géométrie variable » sur lequel est basé le multilinguisme à la mode européenne – compromis pragmatique entre un multilinguisme total et l’usage exclusif des langues française et anglaise.  

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