L’inflation en France à 3,3% bat le dernier record de juillet 1991

À la suite de la hausse de l’indice des prix à la consommation de 0,5% en mai, l’inflation en France atteint des records et s’élève désormais à 3,3% pour un an, un taux inégalé depuis juillet 1991. Conséquence directe de la hausse des prix des matières premières, elle pèse sur les salaires et le pouvoir d’achat des Français, même si en Europe, la France fait partie des États les plus vertueux en la matière.

L’inflation, perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix, atteint en mai un niveau inégalé depuis juillet 1991, selon les chiffres publiés par l’Insee, mercredi 11 juin.

Se positionnant à 3,3%, la France est un peu au-dessus du taux d’inflation moyen dans la zone euro, estimé à 3,6% dans les dernières prévisions d’Eurostat. Selon les données harmonisées d’Eurostat pour avril 2008, l’inflation en France (+3,4%) reste ainsi bien inférieure à celle en Slovénie (+ 6,2%) ou en Espagne (+ 4,2%), mais elle est supérieure à l’inflation en Allemagne (+ 2,6%).

« Ce n’est pas un problème franco-français, mais un problème européen », explique le directeur adjoint au département Analyse et Prévision de l’OFCE, Eric Heyer. « Structurellement, l’inflation en France est plus faible que dans la majorité des pays européens », indique-t-il, soulignant que « pour l’inflation, la France fait partie des pays vertueux».  

Une inflation cantonnée aux matières premières énergétiques et alimentaires

L’indice des prix de l’énergie a augmenté de 4,2% en mai et de 15,4% depuis mai 2007. Les produits pétroliers sont au-dessus de cette moyenne puisqu’ils enregistrent une hausse de 5,4% en mai et de 22,4% depuis un an.

L’augmentation des prix des produits alimentaires touche surtout les produits frais, qui enregistrent un accroissement de 5,9% en mai. Hors produit frais, l’indice des prix de l’alimentation n’a cru en effet que de 0,2%.

Autrement, l’inflation reste modérée. Par exemple, l’indice des prix des produits manufacturés est stable, avec une hausse de 0,1% en mai. L’indice des prix des services augmente dans la même proportion.

Enfin, l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire l’inflation sans les produits volatils et les prix administrés, est plutôt stable, autour de 2%.

Quel impact sur les salaires et le pouvoir d’achat?

L’Insee rapporte que le pouvoir d’achat au premier semestre 2008 a stagné, alors qu’il avait enregistré une hausse de 3,3% en 2007.

La plupart des économistes s’accordent sur l’impact négatif de cette inflation sur le pouvoir d’achat des Français, d’autant que les produits énergétiques et alimentaires sont les premiers postes de dépenses des ménages, notamment les plus défavorisés.

Les revendications salariales pour augmenter les salaires se font de plus en plus fortes. « Pour arrêter l’effondrement du pouvoir d’achat, il faut aussi agir sur les salaires, les pensions et les minima sociaux », défend la CGT dans un communiqué.

Le Smic a été revalorisé en mai et le sera aussi au 1er juillet 2008. Cependant, la CGT juge que ce « mécanisme de la hausse automatique du Smic n’est pas suffisant ».

Le risque, avec l’augmentation des salaires, est d’entrer dans une spirale inflationniste. Pour l’instant, les économistes constatent que l’effet de second tour ne s’est pas encore produit.

L’inflation va-t-elle redescendre?

Dans leurs prévisions, les économistes envisagent un pic en juillet avant un reflux progressif de la hausse des prix au second semestre 2008.

Certes, l’inflation en 2008 sera supérieure aux prévisions du gouvernement, mais « cela s’explique surtout par la hausse du prix du pétrole, dont l’ampleur n’avait pas été prévue », explique Eric Heyer.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.