L’UE se prépare à une nouvelle étape dans son union économique

Les dirigeants européens discuteront de plusieurs plans pour renforcer l'intégration économique dans la zone euro lors de leur prochaine réunion en juin. Le sommet d'hier (23 mai) n'a pas été très concluant et a mis en exergue des divergences flagrantes entre la France et l'Allemagne quant à la manière de relancer la croissance économique.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, présentera un rapport reprenant différentes options pour le renforcement de l'intégration économique dans la zone euro lors de la prochaine réunion des dirigeants européens les 28 et 29 juin prochains.

A l'issue du sommet informel d'hier, qui a duré jusqu'à une heure du matin, M. Van Rompuy a affirmé à la presse que l'UE avait besoin de passer à l'étape suivante s'agissant de l'Union économique et monétaire.

« Je ferai mon rapport en juin, en étroite collaboration avec le président de la Commission, ainsi qu'avec les présidents de l'Eurogroupe et de la Banque centrale européenne, sur les fondements de cet objectif et la définition d'une méthode de travail pour y parvenir.

Perspectives à long terme

Lors de ce sommet informel, le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont ouvertement exposé leurs divergences d'opinions sur les euro-obligations, que la France souhaiterait introduire rapidement pour mutualiser la dette dans la zone euro et diminuer les coûts d'emprunt pour des pays comme l'Espagne et l'Italie.

Juste après la réunion, Mme Merkel a admis que chaque partie avait exposé sa propre vision des choses et que chacune avait des perspectives différentes. « Ce fut une conversation très divergente », a-t-elle déclaré.

M. Hollande n'a pas non plus tenté de dissimuler ces différences. « Il y a de la part de l’Allemagne l’idée que les [euro-obligations], si je veux donner la version la plus optimiste, ne peuvent être qu’un point d’aboutissement alors que nous considérons que ça devrait être un point de départ. C'est vrai qu'à ce sujet, il y a une différence. »

M. Van Rompuy a expliqué que l'idée des euro-obligations n'avait pas été abandonnée, mais qu'elle serait envisagée à un stade ultérieur de l'intégration budgétaire et économique de l'UE.

« Les euro-obligations ont été abordées dans le chapitre consacré au projet à long terme de renforcer l'union économique et monétaire », a-t-il précisé. « Personne n'a demandé leur introduction immédiate. Cela prendra du temps. C'est l'issue d'un processus visant à envisager toutes les implications juridiques. »

Une union budgétaire

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, est du même avis. Emettre des titres communs de dette européenne n'aurait pas de sens avant que la zone euro ne dispose d'une union budgétaire, a-t-il indiqué après la réunion des dirigeants.

« Il est judicieux d'émettre des euro-obligations quand on dispose d'une union budgétaire, mais dans le cas contraire, cela n'a pas de sens », a déclaré M. Draghi à la presse à Bruxelles.

Lorsqu'EURACTIV a demandé à M. Van Rompuy si la création d'un ministère européen des finances était envisagée, M. Van Rompuy n'a pas rejeté l'idée, mais il a précisé qu'il ne s'agissait que de l'une des nombreuses options débattues.

« Il existe tout un éventail de possibilités, mais nous avons besoin de bases et de feuilles de route », a-t-il expliqué. « Nous devons déterminer ce qu'il est possible de faire dans le cadre des traités et pour cela, nous avons besoin des Britanniques, mais il est trop tôt pour parler dans les détails de ce que sera envisagé. »

Les Allemands semblent réceptifs à l'idée d'une union budgétaire.

Jörg Asmussen, membre allemand du directoire de la Banque centrale européenne, a déclaré en amont du sommet que la zone euro devrait s'appuyer sur « une union budgétaire et bancaire mais aussi sur une union politique démocratique et légitime ».

Ses propos ont été relayés par le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, qui a récemment plaidé en faveur d'un président de la Commission européenne directement élu et avec un plus grand contrôle sur la politique budgétaire de l'Union.

 

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a déclaré à l’issue de la réunion qu'il en attendait plus de ce sommet informel, a rapporté l'envoyée spéciale d'EURACTIV Slovaquie, Zuzana Tu?ekova.

 

« Ce qui ressort de ce sommet, c'est que même si l'UE crée les conditions nécessaires pour soutenir la croissance, par exemple en renforçant la Banque européenne d'investissement, ce seront aux Etats membres de la zone euro et de l'UE de prendre des mesures.

 

« Je quitte ce sommet convaincu qu'il nous reviendra de choisir, en Slovaquie, quelles initiatives nous prendrons et dans quelle mesure nous serons capables de mettre sur pied des projets pour soutenir la croissance économique.  Mais à court terme, nous ne pourrons pas aboutir à des initiatives prises à l'échelle européenne dont la Slovaquie pourrait immédiatement se servir. »

 

Les dirigeants européens se sont rencontrés le 23 mai pour un sommet informel dédié à la croissance.

 

Depuis l'élection du président français socialiste, François Hollande, certains leaders européens, soutenus par Bruxelles, plaident en faveur d'un programme de croissance. Les débats devraient se concentrer sur un nouveau pacte de croissance pour l'Europe, dans le but de compléter le traité sur la discipline budgétaire.

 

  • 28-29 juin : le programme pour la croissance devrait être finalisé lors d'un sommet de l'UE à Bruxelles. 

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