La Banque d’Italie veut rendre le fonds de relance permanent après la pandémie

Le gouverneur de la Banque a également évoqué le rôle de l’UE qui, après avoir démontré l’année dernière sa capacité à prendre des décisions courageuses, comme le lancement du plan NextGenerationEU, ne doit pas décevoir les attentes, à commencer par la mutualisation de la dette. [Cineberg/Shutterstock]

L’Europe a été « forgée dans les crises » et doit donc sortir renforcée de la pandémie, par exemple en rendant permanents des mécanismes tels que le Fonds européen de relance ou l’instrument SURE, a déclaré le gouverneur de la Banque d’Italie, Ignazio Visco, lundi (31 mai).

M. Visco a également déclaré que les mécanismes de l’UE sont « une dette commune, bien distincte » de « la dette antérieure des pays individuels, qui resterait de la responsabilité nationale », même si une partie de celle-ci pourrait entrer dans une gestion commune, « par exemple à travers un fonds d’amortissement ».

Le gouverneur de la Banque a également évoqué le rôle de l’UE qui, après avoir démontré l’année dernière sa capacité à prendre des décisions courageuses, comme le lancement du plan NextGenerationEU, ne doit pas décevoir les attentes, à commencer par la mutualisation de la dette.

L’appel du gouverneur est partagé par le vice-président du Parlement européen, l’eurodéputé du Mouvement 5 étoiles Fabio Massimo Castaldo. « Cette réforme européenne doit se fonder sur la possibilité d’une émission stable de la dette garantie par des sources de revenus indépendantes, un chemin déjà entamé mais pas encore achevé », a déclaré l’eurodéputé italien. « La bonne occasion pour ce projet ambitieux est certainement la Conférence sur l’avenir de l’Europe, qui doit venir proposer une mise à jour des traités européens, dont les limites structurelles ont été évidentes pour tous pendant la pandémie », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne l’économie italienne, le gouverneur de la Banque a déclaré qu’une « demande robuste » devrait se traduire par une croissance du PIB supérieure à 4 % en 2021.

L’Italie doit néanmoins sortir de la phase d’urgence et mettre fin aux subventions et aux mesures extraordinaires comme le blocage des licenciements et réformer plutôt les politiques du travail pour aider ceux qui risquent de perdre leur emploi, a ajouté M. Visco.

« Ce n’est pas seulement une question de ressources allouées », a déclaré le gouverneur, « il s’agit d’élever et de standardiser les services fournis ».

Le plan de relance de l’Italie « doit s’inscrire dans un effort collectif, visant à surmonter nos faiblesses structurelles, et la spécificité d’une anémie de croissance économique qui dure depuis plus de deux décennies », a-t-il ajouté. Les « interventions envisagées par le plan et le programme de réforme connexe doivent être concrétisées au maximum », car il s’agit de récolter les fruits d’« un formidable défi », a déclaré le gouverneur de la Banque.

L'instrument de relance NextGenerationEU peine à trouver sa véritable nature

Tandis que le doute persiste sur la mise en œuvre du NextGenerationEU à 800 milliards d’euros, la Commission européenne et les experts ont souligné que l’instrument de relance économique ne s’apparentait pas au plan de sauvetage américain.

Subscribe to our newsletters

Subscribe