La Catalogne se trouve enfin un nouveau président

Joaquim Torra [@EPA-EFE/Quique Garcia]

Le député indépendantiste Joaquim Torra a pris la tête de la Catalogne le 14 mai. Ses déclarations particulièrement virulentes à l’encontre des Espagnols embarrassent Bruxelles.

Joaquim Torra a été élu à la majorité simple avec 66 voix pour et grâce à l’abstention de quatre députés de la CUP, le parti d’indépendantisme radical. Les partis qui ont voté en faveur sont Junts per Catalunya (JxCat, centre-droit), le parti auquel il appartient ainsi que la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Les partis d’opposition ont quant à eux voté à 65 voix contre.

Jusqu’à présent député de JxCat, formation dirigée par Carles Puigdemont, Joaquim Torra a appelé à une « nation catalane souveraine », qui se développe dans « une république de tous les droits », durant son intervention lors du second débat d’investiture du parlement catalan, avant d’être élu président de la Generalitat.

Il a à nouveau défendu la légitimité de Carles Puigdemont – toujours en Allemagne pour fuir la justice espagnole – en tant que président de Catalogne et a réitéré sa volonté d’œuvrer à une « république catalane », qui soit « libre, juste, prospère et qui garantisse le bien-être de tous les citoyens qui la composent ».

Catalogne, un État indépendant viable ?

Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz estime que la région serait acceptée dans l’UE et deviendrait donc une économie indépendante viable, mais l’ancien président de l’autorité britannique des services financiers, Adair Turner, n’est pas tout à fait d’accord.

L’élection de Joaquim Torra marque la fin d’une période durant laquelle l’administration catalane a été dirigée par le gouvernement espagnol, qui a déclenché l’article 155 de la Constitution espagnole le 27 octobre 2017, tout de suite après la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne, par le parlement catalan.

Une fois que le nouveau gouvernement catalan sera établi, celui-ci reprendra le contrôle des administrations. Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, a toutefois averti avant le discours de Joaquim Torra, qui l’article 155 était désormais un précédent, qui pourrait être appliqué à nouveau si besoin.

Bruxelles refuse de se prononcer

La Commission européenne a refusé de se prononcer sur la nomination de Joaquim Torra et sur les écrits dans lesquels ce dernier qualifie les Espagnols de « charognards, hyènes et vipères prenant une forme humaine et dégoulinants de haine ». Ou de ceux dans lesquels il affirme que les Espagnols ont une faille dans leur ADN.

« Je ne veux pas légitimer ces commentaires avec un commentaire », a déclaré le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, durant la conférence de presse quotidienne de l’exécutif. « Notre position à ce sujet est très claire et a déjà été exprimée par Jean-Claude Juncker, Frans Timmermans et bien d’autres encore. Je ne veux pas répéter aujourd’hui ce qui est connu de tous », a-t-il souligné.

Par ailleurs, Margaritis Schinas a assuré que la Commission et les autorités espagnoles ou catalanes n’avaient eu aucun contact au sujet d’une quelconque médiation sur la question catalane.

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