La crise se profile en Allemagne après l’élection des nouveaux dirigeants du SPD

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BERLIN

L’Allemagne se dirige-t-elle vers de nouvelles élections ? Les membres du Parti social-démocrate (SPD) ont élu les nouveaux dirigeants du parti : deux politiques inconnus, détracteurs sans vergogne de la grande coalition allemande SPD/CDU (parti libéral-conservateur). Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans ont remporté le vote du parti avec 53,06 %, battant le duo pro-Merkel formé par le ministre fédéral des Finances Olaf Scholz et sa colistière Klara Geywitz, qui ont obtenu 45,33 %. Les délégués décideront lors de la convention annuelle du parti, du 6 au 8 décembre, de l’avenir du SPD au sein de la grande coalition SPD/CDU.

La porte est ouverte au changement politique en Allemagne. L’incertitude politique se profile à l’horizon, alors que le pays doit reprendre la présidence tournante de l’UE en juillet 2020 et que le cadre financier pluriannuel (CFP) devrait être conclu pendant sa mandature.

Norbert Walter-Borjans, 67 ans, et Saskia Esken, 58 ans, n’ont pas caché dans leur campagne qu’ils ne voulaient pas que la  « Groko » – grande coalition –  continue comme elle est. Mme Esken a déclaré que le congrès du parti décidera de la poursuite de la coalition avec le groupe conservateur CDU/CSU. Lors de la réunion annuelle du parti, les délégués débattront des nouvelles priorités du parti, ce qui pourrait nuire à la Groko.

Dans son discours de victoire de samedi soir (30 novembre), Walter-Borjans a invité Angela Merkel à revoir sa politique d’équilibre budgétaire et à accroître les investissements dans la lutte contre le changement climatique.

Les deux nouveaux dirigeants sont convaincus que le SPD est entraîné dans une chute politique inédite parce qu’il a perdu son identité et ses valeurs politiques. Le duo a l’intention de ramener le parti à ses racines et d’amorcer un nouveau départ politique en introduisant un changement radical de direction. (Claire Stam | Euractiv Allemagne)

PARIS

La France va-t-elle être paralysée ? Le leader du parti LREM, Stanislas Guerini, a dénoncé dimanche (1er décembre) la volonté des manifestants de « rassembler toute la colère » et d’organiser une grève des transports, qui pourrait paralyser le pays à partir de jeudi (5 décembre). Le gouvernement se réunissait dimanche après-midi pour essayer de trouver des moyens de faire accepter la réforme des retraites. M. Macron serait très déterminé à montrer qu’il est capable de réformer la France, mais le gouvernement a déjà annoncé que les réformes pourraient être retardées.

Le problème majeur concerne les 42 « régimes de retraite » coexistants en France et qui, selon le ministre du Budget Gérald Darmanin, sont trop chers. Bien que ces régimes coûtent environ 8 milliards d’euros par an, seuls 3 % des travailleurs en bénéficient. Selon un sondage publié dimanche par l’Institut français d’opinion publique (IFOP)  pour le JDD, 76 % des Français sont favorables à une réforme du système de retraite, mais ne font pas confiance à l’équipe Macron. (Euractiv France)

MADRID

Pedro Sánchez ne se comparaîtra pas devant le Parlement pour une « investiture ratée », a averti Isabel Celaá, porte-parole par intérim du gouvernement.

M. Sánchez n’a pas l’intention de se présenter comme candidat à l’investiture, à moins d’être certain d’obtenir suffisamment de soutien (votes en faveur ou abstentions) pour devenir le nouveau Premier ministre espagnol, et ce, probablement avant Noël.

« Nous (le PSOE) ne nous dirigerons pas vers une investiture ratée », a déclaré Mme Celaá. Le parti socialiste espère toutefois gagner le soutien des indépendantistes catalans d’ERC (Gauche républicaine de Catalogne) dans les prochains jours, dont l’abstention est essentielle pour Pedro Sánchez.

Entre-temps, le Partido Popular (Parti populaire, PP) a souligné qu’il maintiendra son « non » à M. Sánchez, même s’il ne parvenait pas à obtenir une abstention de l’ERC, ce qui serait essentiel pour forger une « coalition progressive » entre le PSOE et la gauche Unidas Podemos. (Euroefe)

ROME

Veto dans l’Eurogroupe ? Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a convoqué une réunion du cabinet pour apaiser les tensions entre les partis au pouvoir concernant la refonte du mécanisme européen de stabilité (MES). Mais, après quatre heures de pourparlers, le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate n’ont pas trouvé de terrain d’entente, décidant d’attendre les résolutions du Parlement italien sur cette question, prévues pour le 11 décembre prochain.

L’Italie ne pourra donc pas donner son feu vert à la réforme du fonds de sauvetage de la zone euro lors de la réunion de l’Eurogroupe du 4 décembre. L’exécutif abordera les négociations en suivant une « approche globale », a déclaré une source gouvernementale. Toutefois, la suspension du dossier sur le mécanisme de sauvegarde d’urgence dans l’attente de la conclusion d’autres éléments du « paquet », tels que la feuille de route pour l’achèvement de l’union bancaire, pourrait ralentir l’ensemble de la réforme de l’Union économique et monétaire. (Gerardo Fortuna | Euractiv.com)

SOFIA

Pas de visas américains pour les fonctionnaires corrompus. L’ambassade des États-Unis adopte une approche « dure » pour soutenir la lutte contre la corruption et faire respecter l’état de droit en Bulgarie. La nouvelle ambassadrice américaine à Sofia, Hero Mustafa, a annoncé vendredi que l’ambassade n’octroiera pas de visas aux fonctionnaires corrompus et aux membres de leur famille.

« Des mesures aussi sérieuses profiteront à la Bulgarie à long terme, car le strict respect de l’état de droit est lié à la prospérité politique et économique de la Bulgarie », a déclaré Mme Mustafa lors d’une conférence publique donnée vendredi au Atlantic Club à Sofia.

La déclaration de la diplomate américaine a été prononcée quatre jours après la fin de la visite du Premier ministre Boyko Borisov aux États-Unis, où il a rencontré le Président Donald Trump. À l’issue de leurs discussions, il a été annoncé que Washington aiderait la Bulgarie à lutter contre la corruption, à garantir l’indépendance des médias et la diversification énergétique. M. Borisov a, en outre, demandé à l’OTAN de construire un centre de coordination navale à Varna, une idée que M. Trump a approuvée. (Krassen Nikolov | Euractiv Bulgarie)

ZAGREB       

Josep Borell s’exprime sur les Balkans occidentaux. « En tant qu’Espagnol, j’ai toujours eu le sentiment que c’était une grande erreur de ne pas avoir réussi à empêcher l’implosion de la Yougoslavie et les guerres yougoslaves », a déclaré Josep Borrell Fontelles, Haut Représentant de l’UE dans une interview pour le quotidien croate Večernji list. « Nous ne voulons pas revenir en arrière. Aujourd’hui, les pays de l’ex-Yougoslavie devraient avoir une perspective européenne. Je ne sais pas combien de temps cela va prendre. L’Espagne a également mis beaucoup de temps à devenir membre de l’UE après la mort de Franco… Changer la méthode ne signifie pas changer l’objectif final, qui, pour moi, reste le même, mais je comprends la déception des deux parties », a-t-il déclaré en référence au processus d’adhésion bloqué et à la nouvelle initiative française.

« La première chose que je ferai une fois que le Kosovo aura un gouvernement, c’est de m’y rendre. J’irai également en Serbie pour discuter avec les deux parties d’une nouvelle approche pour résoudre les problèmes dans les Balkans, ce qui est l’une de nos priorités ». (Željko Trkanjec | Euractiv Croatie)

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