La France veut que l’UE gagne la bataille de la com’ face à la crise

Emmanuel Macron à Mulhouse, le 25 mars. Capture d'écran

La solidarité européenne est mise à l’épreuve par le refus des « coronabonds », et par une communication européenne trop discrète, selon Paris.

À la sortie du Conseil des ministres, mercredi 25 mars, les représentants du gouvernement affichaient une mine grave. Après avoir promis « du sang et des larmes » les jours précédents, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a été encore plus alarmiste.

« Le chacun pour soi entrainera la disparition de la zone euro » a-t-il prévenu, au lendemain d’une discussion acerbe entre les ministres des Finances de l’Union européenne, qui s’est soldée par un échec de la proposition sur la table : celle des « coronona bonds ».

En fait de simples « eurobonds », soit des émissions obligataires classiques, mais qui seraient garanties au niveau européen, et non par un pays. Un tel outil, souhaité par la France et les pays du Sud de longue date, permettrait de mutualiser le coût de la crise sanitaire. Alors que les pays les plus touchés pour l’instant, l’Italie et l’Espagne ne sont pas les plus solides financièrement, la logique des eurobonds prend tout son sens. Mais l’Allemagne et les Pays-Bas continuent de s’opposer à cette hypothèse.

Le Conseil européen demande une « stratégie de sortie » de la crise sanitaire

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Le sujet n’est pas officiellement au menu du Conseil européen qui se tient en vidéo-conférence jeudi 26 septembre, mais il sera inévitablement abordé. C’est en effet l’enjeu essentiel de la crise.

Il ne porte pas sur des sommes faramineuses : l’hypothèse à l’étude est que le Mécanisme européen de stabilité soit garant d’un emprunt contracté par exemple par l’Italie, et dont le montant représente au maximum 2 % de son PIB.

Bloqué en tant que garantie, l’argent en question ne serait pas dépensé à moins de défaut – il est justement là pour éviter que les marchés financiers n’envisagent cette hypothèse et boudent les dettes les plus exposées.

Au regard de cette urgence, les sujets officiels qui seront abordés lors du Conseil européen revêtent une moindre importance, même s’ils peuvent aussi mettre en avant la solidarité européenne.

Une bataille de la communication à gagner

Et c’est bien sur ce sujet que la France veut insister lors du Conseil européen, qui doit justement se pencher sur la gestion concrète de la crise sanitaire. Quatre sujets sont à l’ordre du jour : limiter la diffusion du virus, fournir de l’équipement médical, promouvoir la recherche pour trouver un vaccin, et juguler les conséquences socio-économiques de la pandémie.

Des sujets sur lesquels la Commission européenne s’est déjà largement penchée, comme le montre le site de l’exécutif européen : pas moins de 49 communiqués de presse ont été diffusés depuis le début de la crise, qui représentant autant de décisions concrètes. Plus encore a été fait en silence, derrière les murs feutrés du Berlaymont

« On a pas assez communiqué sur les efforts locaux des uns vis-à-vis des autres » a expliqué un conseiller du président, en amont de la réunion des chefs d’Etat.

Le président français a rappelé le 25 mars que des patients italiens avaient été admis dans des hôpitaux français au début de l’épidémie, bien avant que l’Allemagne ne propose son aide pour accueillir des malades français, puis des Italiens.

« La France a autant livré de masques à l’Italie que la Chine », insiste l’Élysée, qui déplore que l’UE ne communique pas plus franchement sur son action, alors que beaucoup de choses se passent.

Ainsi en janvier, l’Union européenne avait fait parvenir des tonnes d’équipements médicaux à la Chine, sans communiquer sur le sujet, la Chine ayant fait savoir qu’elle ne le souhaitait pas, pour ne pas perdre la face. Ce que l’Europe a accepté. En revanche, la Russie puis la Chine ont fait grand bruit de leur aide, pourtant modeste, à l’Italie.

Les plaintes contre le gouvernement et sa gestion du coronavirus se multiplient en France

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