La gauche radicale est le seul parti européen à respecter la parité homme/femme

International Women's Day. Brussels, 2013. [European Parliament]

Le nombre de femmes eurodéputées n’a augmenté que de 1,25 % au Parlement européen entre 2009 et 2014. Seule la Gauche unitaire européenne a atteint la parité entre les genres.

La parité dans l’hémicycle européen est encore loin d’être une réalité. Même si les femmes représentent plus de la moitié de la population européenne, elles restent sous-représentées au Parlement européen : elles représentent seulement 36,75 % des eurodéputés. Un pourcentage qui reste bien loin de l’objectif de campagnes pour la parité des genres menées par de nombreuses organisations.

Un clivage gauche-droite

Comme le montrent les statistiques, plus le parti tend vers la gauche, plus il tend à respecter la parité des sexes, à l’exception notable des Verts.

Avec 51,11 % d’eurodéputés, le seul groupe européen qui atteint la parité des sexes est la GUE-NGL, parti européen de la gauche radicale dont la tête de liste pour les européennes était le Grec Alexis Tsipras. Les sociaux-démocrates arrivent en deuxième position.Curieusement, avec moins de 40 % au sein de leur groupe, les Verts arrivent en quatrième position après les libéraux et les non inscrits.

Tout comme la GUE/GVN et le S&D, les Verts ont une politique de quotas en matière de parité des sexes au sein du parti. En outre, le parti des écologistes était le seul à mettre en avant un binôme en tête de liste pour les européennes, à savoir Ska Keller et José Bové, aussi candidats à la présidence de la Commission.

Cependant, comme le fait remarquer Serap Altinisik du Lobby européen des femmes, dans bien des cas, « les partis verts ont donné la tête de liste aux hommes en priorité : les hommes prenaient la première place, tandis que les femmes se voyaient attribuer la deuxième position, ce qui est arrivé en Belgique par exemple.Les résultats qu’ils ont obtenus lors des élections n’étaient pas suffisants pour envoyer à la fois la tête de liste et la deuxième candidate », a-t-elle regretté. Selon elle, « ils auraient dû trouver des accords en vue de soumettre des listes plus équilibrées avec des candidates en tête de liste ».

Les Verts, pourtant fidèles défendeurs de l’égalité des sexes, se retrouvent du même coup avec moins de femmes eurodéputées que l’ADLE. Alors que ce dernier groupe a rarement recours aux quotas par genre.

Tout en bas du classement, on retrouve tous les partis de l’aile droite : du Parti populaire européen (PPE – centre droit) à Europe libertés démocratie (ELD). Les partis eurosceptiques brillent par leur mauvaise performance. L’UKIP de Nigel Farage comprend par exemple 8 eurodéputées, soit 21 % de la composition du groupe.

Une approche idéologique différente

Le déficit de représentation des femmes sur l’aide droite de l’échiquier politique semble entrer en résonnance avec l’idéologie de ces trois partis, a expliqué Serap Altinisik.

Les partis de centre-gauche et de gauche sont en règle générale plus enclins à introduire des quotas par sexe.Des partis, tels que ceux des sociaux-démocrates suédois et finnois, sont capables maintenant d’atteindre la parité sans avoir recours aux quotas, car « ces quotas les ont aidés à atteindre la parité et ne sont dès lors plus utiles, ce qui était l’objectif ultime », a indiqué la membre du groupe de pression féministe.

« Au contraire, le PPE a rarement des systèmes de quotas et quand ils le font, c’est jusqu’à 30 %, ils ne sont pas aussi engagés dans ce domaine que les partis progressistes », a-t-elle poursuivi.

Au sein du Front national, non seulement il n’y a pas de quotas, mais en outre certaines femmes eurodéputés ont dû se retirer au profit d’un homologue masculin, alors qu’elles avaient gagné les élections.

Le droit des femmes, le cadet des soucis du PPE et de l’ADLE 

Au-delà de la mise en place de quotas, les partis sur la gauche de l’échiquier politique votent pour des politiques favorables aux femmes, selon Sera Altinisik.

« Dans leur programme, ces partis proposent des manières de s’attaquer à l’impact négatif qu’ont les politiques d’austérité au sein de l’UE sur le taux d’emploi des femmes », a-t-elle expliqué.

Le Lobby européen des femmes a également publié une évaluation des manifestes des cinq principaux partis politiques ainsi que leurs engagements en faveur de la parité des genres.

Les programmes du PPE et de l’ADLE ne mettent pas l’accent sur les droits des femmes, peut-on lire dans le document.

« Les droits des femmes et la parité des sexes n’apparaissent pas dans le manifeste européen du Parti populaire européen; il ne fait aucune fois mention des femmes et de la discrimination », indique l’évaluation sur le programme du PPE. Du côté des libéraux, le groupe féministe affirme que « le manifeste de l’ADLE ne va pas plus loin que des termes très vagues sur les droits de l’Homme et de la discrimination.Les femmes et les droits des femmes, ainsi que l’égalité des sexes ne sont pas cités une seule fois ».

Les libéraux sont ceux qui présentent les plus grandes divergences parmi les États membres, selon les traditions nationales.Les Lib-Dems britanniques, par exemple, ont une représentation « féminine de 100 % », étant donné que le seul eurodéputé élu est Catherine Bearder…Une femme!

Contexte

Les élections européennes ont eu lieu dans tous les États membres en mai 2014.Le Parti populaire européen (PPE) a obtenu 221 sièges au Parlement européen. La deuxième place revient à l'Alliance des socialistes et démocrates (S&D) avec 189 sièges, selon les projections actuelles.

Il s'agit de la quatrième victoire consécutive du PPE depuis les élections de 1999, causant la déception parmi les socialistes qui ne sont pas parvenus à inverser la balance du pouvoir au Parlement, et ce malgré la grogne sociale qui monte face à l'austérité.

Les libéraux (ADLE) a obtenu 59 sièges, les Verts 49, le groupe des Conservateurs et réformistes 59, et la GUE 48.

Prochaines étapes

  •  26-27 juin 2014 : le prochain président de la Commission européenne sera désigné lors du prochain Conseil européen
  •  14-17 juillet 2014 : le Parlement européen votera ou rejettera la candidature du nouveau président de la Commission lors de la première session plénière

Plus d'information

European Women's Lobby

  • Gender Audit: Assessing the five main political groups' manifestos and their commitment to gender equality

Press articles

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.