La liste des candidats commissaires est presque complète

Catherine Ashton avec Radoslaw Sikorski [SEAE/Flickr]

Catherine Ashton avec Radoslaw Sikorski [SEAE/Flickr]

L’Italie et la Pologne ont annoncé le 1er août leur candidat au poste de haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères. La Belgique, Chypre, le Danemark et les Pays-Bas sont les derniers pays manquant à l’appel.

Le nouveau collège des commissaires commence à se préciser de plus en plus. Jean-Claude Juncker, le prochain président de la Commission européenne, avait demandé aux chefs d’État de présenter leur proposition d’ici la fin du mois de juillet. Quelque 24 pays se sont conformés à la demande de l’ancien premier ministre Luxembourgeois.

En Bulgarie, après la démission récente du gouvernement, il revient à l’exécutif de confirmer la candidature de Kristalina Georgieva pour un deuxième mandat.

Duel Italie-Pologne

Radoslaw Sikorski (Pologne) et Federica Mogherini (Italie) ont tous les deux été soutenus par leur gouvernement à la fin de la semaine dernière. Du coup, les spéculations vont bon train autour du prochain haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Le successeur de Catherine Ashton pourrait déterminer les futures relations de l’UE vis-à-vis de la Russie, qui sont actuellement sous tension en raison de la crise ukrainienne.

La candidature de la ministre italienne des Affaires étrangères fait l’objet de critiques, car cette dernière manque d’expérience. Radoslaw Sikorski a pour sa part développé des compétences qui correspondent au poste. Il est le ministre des Affaires étrangères depuis 2007 a également occupé le poste de ministre de la Défense.

Les relations avec la Russie divise les deux candidats. Si le Polonais est considéré comme un pro-américain qui défend une attitude intransigeante de l’UE vis-à-vis du Kremlin, Federica Mogherini est pour sa part accusée de complaisance à l’égard de la Russie pendant le conflit ukrainien.

Lors du dernier sommet européen à Bruxelles le 16 juillet, le premier ministre italien, Matteo Renzi, a fait le forcing pour que sa ministre des Affaires étrangères succède à Catherine Ashton. Néanmoins, les autres États membres, dont les pays Baltes et la Pologne, ont fait part de leurs inquiétudes quant à la candidate italienne. Ils sont d’ailleurs à l’origine de l’échec de ce sommet.

Matteo Renzi a pourtant envoyé une lettre à Jean-Claude Juncker pour confirmer que son choix portait sur Federica Mogherini. Il a précisé qu’elle était sa « candidate au poste de haute représentante de l’UE ».

Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a quant lui annoncé son soutien à Radoslaw Sikorski sur Twitter le 31 juillet. Selon Tusk, le parti d’opposition en Pologne estime qu’il est trop laxiste envers la Russie alors que d’autres dirigeants européens pensent au contraire qu’il est trop dur. Néanmoins, « tout le monde pense qu’il est compétent ».

La pression monte sur Jean-Claude Juncker

La persévérance de Matteo Renzi et la confirmation du candidat polonais risquent d’aboutir à une impasse dans la répartition des hauts postes européens.

Jean-Claude Juncker, en charge de la constitution du collège des commissaires, espère obtenir un accord avant la fin du mois. Le 30 août, les dirigeants européens se rencontreront à nouveau à Bruxelles pour discuter de la distribution des mandats au sein de la nouvelle Commission.

Jean-Claude Juncker doit maintenant mettre les bouchées doubles. La Slovénie est le seul pays à avoir déposé une liste de candidats parmi lesquels Jean-Claude Juncker peut choisir.

Le Luxembourgeois se retrouve dans une situation délicate en matière de parité hommes/femmes dans la prochaine Commission. L’ancien premier ministre luxembourgeois a en effet demandé aux États membres de proposer des femmes commissaires, mais peu l’ont fait : il semble que le prochain collège des commissaires sera constitué de huit femmes maximum.

>> Lire : Jean-Claude Juncker recherche des candidates pour la Commission

Le Parlement européen organisera un vote de confirmation en octobre pour approuver ou non l’ensemble du collège des commissaires. Les eurodéputés ont par ailleurs menacé de ne pas donner leur feu vert à un exécutif européen qui compte moins de 10 femmes. Plusieurs responsables politiques défendent cette cause en participant à la campagne #TenOrMore women sur les médias sociaux.

Le 31 juillet, la Suède a proposé que Cecilia Malmström, l’actuelle commissaire, rempile pour un deuxième mandat au sein de l’exécutif européen. Lors d’une émission sur la chaîne publique nationale, le gouvernement bulgare a également soutenu son actuelle commissaire, Kristalina Georgieva. La candidature n’a toutefois pas encore été officiellement confirmée.

Du coup, il y a pour l’instant trois femmes au sein de la Commission. Deux femmes figurent dans la liste des candidats slovènes.

Jean-Claude attend toujours les noms des candidats belge et danois. Les deux pays devraient désigner une femme, même si les négociations pour former un gouvernement en Belgique empêchent de faire progresser ce dossier.

>> Lire : Rendez-vous fin août pour les hauts postes européens

Carte réalisée le 1er août comprenant tous les candidats confirmés et probables : 

https://www.google.com/fusiontables/embedviz?q=select+col0+from+1Y5xLEQp3UTKhW3EUxtRi3njIrOSrr8n2pNQY50Ry&viz=MAP&h=false&lat=52.132992385056255&lng=20.143308075000057&t=1&z=4&l=col0&y=2&tmplt=2&hml=ONE_COL_LAT_LNG

Le Parlement élit le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen votée à la majorité qualifiée.Le choix du candidat à la présidence de la Commission devrait prendre en compte les résultats des élections du Parlement européen.

Ensemble avec le futur président de l'exécutif, le Conseil adopte ensuite la liste des autres membres du collège des commissaires.Ce sont les États membres qui proposent leur candidat commissaire. L’ensemble de la Commission est également soumis à l'approbation du Parlement européen.Le collège des commissaires est ensuite officiellement désigné par le Conseil européen à la majorité qualifiée.

 >> Lire notre LinksDossier hautes fonctions européennes : à qui le tour ? et notre page sur la nouvelle Commission

  • Août-septembre: Jean-Claude Juncker distribue les portefeuilles au sein du collège des commissaires
  • 30 août: sommet européen consacré aux hautes fonctions européennes
  • 31 août : tous les gouvernements de l'UE sont tenus de proposer leur candidat
  • 1er novembre : date butoir pour l'entrée en fonction de la nouvelle Commission

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.