La Pologne et la Suède souhaitent un renforcement de la politique de voisinage à l’Est

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La Suède et la Pologne ont l’intention d’approfondir les relations entre l’UE et ses voisins de l’Est. Loin de remettre en cause la politique européenne de voisinage déjà en place, ces propositions tendent à la renouveler pour renforcer les liens entre l’UE et l’Est.

Contexte :      

La nouvelle proposition survient à peine trois semaines après le lancement d’un nouveau fonds d’investissement en faveur de la politique de voisinage de l’UE (FIPV) destiné à accroître les investissements dans ses pays partenaires au Sud et à l’Est.

Le FIPV fait partie de la politique européenne de voisinage (PEV), établie par l’UE en 2004 pour améliorer ses liens avec les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient et avec les anciennes Républiques soviétiques : l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

Les eurodéputés ont insisté pour que l’Union pour la Méditerranée, qui sera officiellement instaurée au mois de juillet, soit complétée par une dimension orientale, couvrant notamment la région de la Mer noire.

Enjeux  :

Le document a été présenté aux ministres des affaires étrangères réunis en Conseil à Bruxelles, le 26 mai dernier.

Destinée aux pays déjà couverts par le régime de la PEV, la nouvelle initiative vise à améliorer les relations avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et particulièrement l’Ukraine. Le document suggère qu’un nouvel accord de partenariat renforcé (APR), actuellement négocié avec l’Ukraine, serve de référence pour d’autres pays.

La France, qui prendra la présidence de l’UE en juillet, a récemment intensifié ses efforts avec l’Ukraine, demandant expressément à ce qu’un statut de partenaire « privilégié » de l’UE soit accordé au pays.

La nouvelle initiative est considérée comme un complément à la proposition française d’ « Union pour la Méditerranée ».

La Suède et la Pologne ne chercheraient pas à s’opposer au projet sur la méditerranée, mais en profiteraient pour faire progresser les relations à l’Est.

La Pologne, en particulier, s’est toujours montrée très attentive aux relations « orientales de l’UE », en raison de sa position géographique. L’intérêt porté dernièrement à la Méditerranée a ainsi permis à Varsovie de faire avancer le dossier des relations avec les voisins de l’Est.

Néanmoins, contrairement à ce que la France avait défendu dans son projet initial d’Union méditerranéenne, la Pologne et de la Suède affirment leur volonté d’intégrer leur proposition dans les structures européennes existantes, sans même requérir des fonds supplémentaires.    

La principale différence avec le régime bilatéral de la PEV est que l’initiative « orientale » met l’accent sur une coopération multilatérale dans les domaines de l’immigration, de la circulation sans visa, du libre-échange et de l’environnement.

Selon le document, les projets pourraient également être étendus à la Russie.

Positions :

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Bruxelles, lundi 26 mai, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a expliqué que cette initiative était un renforcement pratique et idéologique de la PVE, qui venait compléter l’Union pour la Méditerranée, et qu’elle ne contrecarrait en aucune façon la stratégie de l’UE.

Il a souligné la distinction entre les pays orientaux et les pays partenaires de l’UE situés au Sud : alors que ces derniers sont des « voisins de l’Europe », les pays orientaux sont des « voisins européens » ayant une perspective naturelle d’adhésion. 

Le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et ancien ministre polonais en charge des Affaires européennes, Jacek Saryusz-Wolski, a salué l’initiative du gouvernement, rejetant la critique selon laquelle les projets français en faveur d’une Union pour la Méditerranée pourraient nuire à la politique européenne de voisinage de la Commission (PEV).

M. Saryusz-Wolski a déclaré à EURACTIV.com que les deux initiatives seraient un « enrichissement mutuel » et qu’elles apporteraient une « valeur ajoutée » à la PEV.

Le gouvernement allemand, qui avait au départ beaucoup critiqué l’initiative française sur la Méditerranée, a également salué l’effort polonais visant à renforcer les liens avec les voisins orientaux de l’UE « tant qu’elle reste dans les limites frontalières de la PEV », comme l’a déclaré un porte-parole de la représentation permanente allemande auprès de l’UE à EURACTIV.

Développements récents et prochaines étapes :

  • 26 mai : L’initiative a été présentée au Conseil des ministres des Affaires étrangères.

  • 19/20 juin : La question doit être davantage discutée lors du sommet de l’UE, en parallèle aux projets concernant l’Union pour la Méditerranée.

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