La présidence bulgare met les Balkans à l’agenda politique de l’UE

Boyko Borissov et Jean-Claude Juncker

Pour sa première présidence tournante de l’UE, la Bulgarie compte centrer son attention sur les Balkans, dont l’adhésion n’a jamais une priorité politique de l’UE. Un article de notre partenaire Euroefe.

C’est sous le slogan « l’Union fait la force », que la Bulgarie compte placer sa future présidence, a souligné l’ambassadeur bulgare en Espagne, Ivan Kondov, lors d’une rencontre avec des journalistes à Madrid.

10 ans après l’entrée du pays dans le bloc européenne, la Bulgarie assure sa première présidence, 6 mois plus tôt que prévu. « Nous sommes très très heureux », a-t-il commenté, face à ce défi qui arrive six mois plutôt que prévu depuis que le gouvernement britannique a décidé de renoncer à cette tâche à la suite du vote en faveur du Brexit. La Bulgarie maintiendra d’ailleurs un « dialogue ouvert » sur ce sujet, qui planera également sur la présidence autrichienne.

Les autorités de Sofia se sont fixé quatre objectifs jusqu’au 30 juin prochain, date à laquelle elles passeront le flambeau à Vienne : obtenir des résultats concrets, en toute responsabilité et transparence ; chercher le consensus, le compromis et l’entente entre les pays ; avancer vers un avenir pour les jeunes ; mais surtout remettre les Balkans occidentaux au centre de l’attention européenne.

La présidence bulgare s'annonce iconoclaste

Dans un style très direct, le Premier ministre bulgare a demandé au président de la Commission européenne quels seraient les risques géopolitiques durant la présidence bulgare de l’UE. Une question restée sans réponse.

Perspective européenne

Sofia dédiera aux Balkans, qui « sont une priorité stratégique pour la Bulgarie », un sommet extraordinaire les 17 et 18 mai, car « l’avenir des Balkans doit se décider dans toute l’UE », a affirmé l’ambassadeur.

« Nous ne voulons pas créer un groupe balkanique au sein de l’UE pour aider les autres. Nous avons besoin de toute l’UE et tous les pays doivent se rendre compte que nous serions mieux si nous étions tous dans l’UE », a insisté le diplomate, conscient que ce scénario présente des difficultés et pourra se réaliser à long terme et à des rythmes différents.

Il est toutefois important, a-t-il insisté, que ces pays (Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie et Bosnie) ne perdent pas de vue l’Europe, ni la motivation pour avancer sur les réformes judiciaires et économiques qui les rapprochent des normes européennes.

«La présidence bulgare va donner l’occasion de lutter contre la corruption»

Longtemps leader du groupe S&D au Parlement européen, l’eurodéputé Hannes Swoboda partage sa vision de la politique bulgare, alors que le gouvernement s’apprête à prendre la présidence du Conseil de l’UE.

La Bulgarie espère que de ce sommet sortira un « compromis sur l’avenir européen de ces pays », affirme Ivan Kondov.

« L’issue la plus ambitieuse serait une feuille de route pour chaque pays », a quant à elle déclaré la conseillère politique de l’ambassade de Bulgarie à Madrid, Elisaveta Simeonova, qui est d’accord sur la nécessité de maintenir le dialogue avec la Turquie et d’être « plus ambitieux » sur l’interconnexion d’infrastructures avec les Balkans.

Une Europe plus forte et plus stable

En tant que frontière extérieure de l’UE, la Bulgarie cherche aussi à atteindre un consensus pour trouver un système durable pour la gestion de l’immigration, renforcer les contrôles et revoir la politique d’asile.

En matière d’immigration, Ivan Kondov a défendu l’accord UE-Turquie, qui a permis de réduire de 90 % l’afflux de migrants en Europe via la Bulgarie l’année dernière, ainsi que la signature d’accords de coopération avec les pays asiatiques, semblable à ceux signés avec des pays africains, de retour des migrants et d’aide dans les pays d’origine.