« La Présidence française de l’UE sera très difficile », selon Jean-Pierre Jouyet

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Alors que les résultats du référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande sont très attendus, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a insisté, jeudi 12 juin, sur les difficultés que risquait de rencontrer la Présidence française de l’UE. Le contexte à la fois international et européen étant particulièrement compliqué.

 « Très difficile », « un moment à envisager avec gravité »… A en croire le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, les six mois de Présidence de l’UE risquent de donner du fil à retordre à la France. Crise financière internationale, hausse des prix des matières premières et de l’énergie, nouvelle administration américaine, le contexte international est compliqué. Sans parler de la situation en Europe.

Alors que la France enregistre son taux d’inflation le plus élevé depuis 17 ans (EURACTIV.fr, 13/06/08), les mouvements institutionnels au niveau européen surchargent l’agenda de la PFUE.  « Nous allons devoir être particulièrement mobiles pour nous adapter aux changements de circonstances qui pourraient affecter le cours de notre Présidence », a prévenu Jean-Pierre Jouyet lors d’une réunion du Club Grande Europe, jeudi 12 juin, en présence de la ministre suédoise aux Affaires européennes, Cécilia Malström, et du ministre tchèque aux Affaires européennes, Alexandr Vondra.  

La France devra mettre en œuvre une partie du traité de Lisbonne, qui pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2009, s’il est ratifié d’ici là. En outre, l’arrêt des travaux du Parlement européen début mai, dans la perspective des élections européennes de juin 2009, et le renouvellement du collège des commissaires rendent urgente la conclusion de nombreux dossiers en cours.

Si cet agenda n’est pas nouveau, l’inquiétude semble gagner les responsables français à trois semaines de la Présidence, et alors que la possibilité d’un rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais sème le trouble en Europe (EURACTIV.fr 11/06/2008).

Les États membres, qui se réuniront les 19 et 20 juin prochains à Bruxelles pour le Conseil européen, devraient débattre de la situation, si le non l’emportait en Irlande. Et c’est la France qui sera alors en première ligne pour tenter de trouver des solutions à la crise.

Lors de la réunion, Jean-Pierre Jouyet a refusé de faire tout commentaire sur les scénarios possibles en cas de rejet du texte. Cécilia Malström a elle indiqué qu’en cas de non, « le traité n’était pas mort », tandis que le ministre tchèque aux Affaires européennes, Alexandr Vondra, a déclaré que le processus de ratification devait se poursuivre quoi qu’il en soit.

Les inquiétudes françaises sont peut-être également liées à l’ambition du programme du trio présidentiel (France, République tchèque, Suède). S’il n’a pas encore été officiellement présenté dans son intégralité, les grandes lignes de son contenu sont connues (Lire le projet de programme commun du Conseil). Le principal objectif est un accord européen sur le climat, sachant que l’Europe veut tout faire pour faciliter un accord au niveau international sur ce sujet d’ici la conférence de Copenhague en 2009.

Dans ce dossier, la coopération entre les trois présidences, et plus particulièrement avec la République tchèque, n’a pas été simple, selon une source proche du dossier. Tout comme six autres pays de l’Est de l’Europe, les Tchèques ne veulent pas que les mesures sur le climat pèsent sur la compétitivité de leur économie (Lire le dossier d’EURACTIV.fr). En outre le président tchèque, Vaclav Klaus, qui s’est livré à une attaque en règle contre l’euro dans le Financial Times du 12 juin, jour du référendum en Irlande, n’est pas connu pour son europhilie.

Parmi les autres grands dossiers à l’agenda du trio figurent la révision de la stratégie de Lisbonne, le renforcement de la politique européenne de l’énergie, et notamment la révision du paquet sur la sécurité des approvisionnements. Les discussions sur la réforme de la PAC et la révision des perspectives financières post-2013 sont également au programme.

Enfin, renforcer la politique de voisinage au sud, mais aussi au nord de l’Europe, fait partie des objectifs. L’Union pour la Méditerranée proposée par Nicolas Sarkozy semble avoir fait des émules. La Suède et la Pologne ont proposé une Union de la mer Baltique (EURACTIV.fr 28/05/08), afin de renforcer la politique de voisinage de l’Europe, « qui existe mais est tout sauf dynamique », comme l’a souligné Cécilia Malström.

Le programme commun des présidences devrait être validé par le Conseil Affaires générales et relations extérieures, lundi 16 juin, et présenté officiellement après le Sommet.

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