La présidence lituanienne s’efforcera d’être digne de confiance

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EXCLUSIF / Alors que son pays est sur le point de succéder à l’Irlande à la tête du Conseil de l’UE pour les six prochains mois, la présidente lituanienne, Dalia Grybauskait?, s’est engagée à faire adopter des lois qui aideraient l’Europe à sortir de son marasme économique, en particulier des dispositions relatives à la mise en œuvre du budget de l’UE pour 2014-2020.

Lors d'un entretien exclusif avec EURACTIV, Dalia Grybauskait? a indiqué que l'objectif principal de la présidence du pays serait « l'engagement, le professionnalisme et les résultats ».

« Nous nous efforcerons d'être une présidence digne de confiance, une présidence sur laquelle on peut compter. Nous accomplirons ce que nous promettons d’accomplir », a-t-elle ajouté.

La Lituanie, qui entame dès aujourd'hui (1er juillet) la présidence du Conseil de l'UE, devra traiter plus de 300 propositions législatives, dont la plus grande partie se rapporte au budget 2014-2020.

Selon la présidente lituanienne, si le Parlement européen approuve enfin le budget, la présidence sera en mesure de mener à bien ses missions d'ici la fin de l'année. Elle a néanmoins souligné qu'il serait difficile de relancer l'économie européenne avec un budget restreint.

« Environ 80 % du budget de l'UE va vers les politiques traditionnelles et, pour les autres domaines, nous essayons de réorganiser nos priorités à l'aide de ce qui reste. Il s'agit de très petites sommes.  Si nous concentrons les dépenses en début de période sur le chômage des jeunes, nous retirons de l'argent du transport et des connexions énergétiques, des domaines à nouveau très importants », a-t-elle précisé.

Pour Vilnius, la sécurité énergétique est une priorité absolue, à côté du chômage, un thème qui sera le thème central d'une conférence de haut niveau à Berlin entre les dirigeants de l'UE le 3 juillet.

Bâtons dans les roues

La présidence lituanienne a été chargée de présenter un rapport sur des conditions de marché équitables concernant les fournisseurs internes et externes d'énergie, de travailler sur la sécurité nucléaire dans le voisinage de l'UE et, en règle générale, de réfléchir à la manière de coordonner plus efficacement la dimension extérieure de la politique énergétique de l'Union.

La Lituanie a indiqué qu'elle tenterait d'achever son marché intérieur de l'énergie de l'UE, une manière de garantir un approvisionnement énergétique sûr et la compétitivité ainsi que de proposer des prix abordables aux citoyens européens.

Alors que les États-Unis et le Canada produisent du gaz de schiste, l'Europe doit également augmenter sa propre capacité de production dans le marché de l'énergie, selon Dalia Grybauskait?.

« Si nous voulons être moins dépendants à court et à moyen terme, nous devons examiner ce que nous avons », a affirmé la présidente lituanienne. Elle a ajouté que le manque de connaissances exactes sur le type de ressources disponibles en Europe était « une grosse erreur qui pourrait coûter cher ».

« Nous devons comprendre qu'avec de telles politiques énergétiques dans l'Union européenne, nous nous mettons des bâtons dans les roues et sommes de moins en moins compétitifs et notre reprise sera plus difficile, plus onéreuse pour la population », a-t-elle indiqué.

Politique de défense coordonnée

La présidente a également plaidé en faveur d'une approche coordonnée de la politique de défense. « Il ne s'agit pas que de défense, mais du secteur de la défense et de la sécurisation de notre voisinage », a-t-elle poursuivi en indiquant que huit années se sont écoulées depuis la dernière tentative européenne de mettre ce sujet sur la table.

Quand EURACTIV lui a demandé si une intégration plus approfondie était nécessaire pour sortir les Vingt-Huit de la crise, elle a répondu que la mondialisation incitait à une plus grande intégration économique.

« Nous devons achever notre marché intérieur dans tous les domaines, dont les finances, la numérisation, les services, afin de devenir compétitifs, de réguler la pression économique venant de l'extérieur.

« Il ne s'agit pas seulement d'une crise économique, mais aussi d'une crise économique, c'est une symbiose des deux », a-t-elle précisé.

Elle a toutefois souligné que l'intégration politique viendrait avec le temps.

« Vous ne pouvez pas imposer par la force des intégrations politique et économique plus rapides. [Ce processus d'intégration] doit s'affiner. Dans un contexte économique difficile […], vous devez construire petit à petit », a-t-elle affirmé en ajoutant que les fédéralistes devraient le comprendre.

La dame de fer au sommet de l'UE ?

Quand EURACTIV lui a demandé si elle comptait revenir à Bruxelles et occuper l'une des hautes fonctions au sein des institutions après les élections européennes en 2014, elle a répondu qu'elle ne voulait pas spéculer sur son avenir.

En ce qui concerne l'exercice adéquat de l'autorité en Europe, elle a expliqué : « Le type d'autorité n'est pas la question, mais l'exercice de l'autorité oui. »

« Un dirigeant prend des responsabilités et se sacrifie pour les autres. Vous devez commencer vous-même […] vous devez être un leader dans tout ce que vous entreprenez », a conclu la présidente lituanienne, souvent surnommée la « dame de fer ».

La Lituanie, un pays peuplé de 3,2 millions d'habitants qui a rejoint l'UE en 2004, assume pour la première fois la présidence du Conseil de l'Union européenne aujourd'hui (1er juillet).

La Lituanie assumera pour la première fois la présidence. Elle est d'ailleurs le premier pays balte à occuper cette fonction. Les deux autres anciennes républiques soviétiques, la Lettonie et l’Estonie, assureront respectivement la présidence au cours du premier semestre de 2015 et du premier semestre de 2018.

  • 1er juil. - 31 déc. 2013 : présidence lituanienne du Conseil de l'UE

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