La Roumanie se dote d’un gouvernement minoritaire et pro-européen

EPA-EFE/ROBERT GHEMENT

Le gouvernement minoritaire roumain présenté par le libéral Ludovic Orban a obtenu lundi la confiance du parlement, mettant fin à une crise politique qui paralysait l’exécutif et retardait la formation de la nouvelle Commission européenne.

La composition du nouveau cabinet a été entérinée de justesse, avec sept voix de plus que le minimum de 233 votes nécessaires. Il succède au gouvernement, renversé le 10 octobre, des sociaux-démocrates majoritaires au parlement et va permettre la désignation d’un candidat roumain au poste de Commissaire européen.

Le gouvernement de Ludovic Orban revendique son orientation pro-européenne alors les sociaux-démocrates du PSD, élus fin 2016, avaient été accusés de saper l’État de droit et d’isoler la Roumanie par leurs critiques répétées des instances de l’UE.

Au total, 240 députés et sénateurs ont voté pour le gouvernement sur un total de 465, tandis que la gauche a boycotté la réunion du parlement.

Ancien ministre des Transports, âgé de 56 ans, Ludovic Orban avait été désigné Premier ministre après la chute de la Première ministre et cheffe des sociaux-démocrates Viorica Dancila, renversée par une motion de censure.

Ludovic Orban devient le Premier ministre par intérim de la Roumanie 

Le président roumain, Klaus Iohannis a désigné le libéral Ludovic Orban, chef de l’opposition, pour le poste de Premier ministre par intérim.

Ce vote de confiance représente une bonne nouvelle pour la future présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, dont l’équipe était incomplète en l’absence d’un commissaire roumain. M. Orban a promis qu’il désignerait un postulant à ces fonctions aussitôt après l’investiture de son gouvernement, en accord avec le président Klaus Iohannis, issu comme lui du parti libéral de centre droit (PNL).

Le nouveau cabinet roumain devait être investi dès lundi soir. Les ministres sont membres du PNL, hormis le diplomate Bogdan Aurescu aux Affaires étrangères et l’ex-chef d’état-major Nicolae Ciuca, chargé de la Défense, sans étiquette.

Le nom du candidat à la Commission européenne devrait être connu dans les prochaines heures.

Choix difficiles

Après le rejet pour conflit d’intérêts d’une première personnalité désignée par Mme Dancila, la Commission avait laissé entendre que deux autres noms proposés par cette dernière étaient inacceptables et avait souhaité que le prochain candidat jouisse du soutien aussi bien du gouvernement que du chef de l’État.

Avec 96 députés, le PNL est le premier parti d’opposition, loin derrière les 201 parlementaires de la majorité social-démocrate. Le nouveau cabinet dépendra donc du soutien des élus d’autres formations, dont les intérêts divergent, pour faire passer tout projet sensible.

« Notre objectif est de rétablir la confiance de nos partenaires euro-atlantiques », ébranlée ces dernières années par les réformes controversées des sociaux-démocrates, notamment dans le domaine judiciaire, a déclaré lundi M. Orban.

Le premier test sera le budget 2020 : M. Orban est confronté à des choix difficiles, le PSD ayant multiplié les largesses envers les retraités et les fonctionnaires. La Roumanie connaît une croissance économique vigoureuse mais le niveau de vie très faible de ses 20 millions d’habitants et le manque d’infrastructures publiques en font l’un des pays les plus pauvres de l’UE.

Le dérapage des finances publiques a valu à Bucarest d’être rappelé à l’ordre par le Fonds monétaire international (FMI). La réforme des retraites adoptée en 2018, qui prévoit un doublement des pensions d’ici à 2022, « engendre à elle seule un déficit de 5 % du produit intérieur brut, or n’importe quel économiste vous dira que le budget ne pourra pas supporter » sa mise en œuvre, a averti dimanche Ionut Dumitru, l’économiste-en-chef de la Raiffeisen Bank.

Orban a également cité parmi ses priorités une meilleure utilisation des fonds européens, affirmant que son pays risquait de perdre 3,8 milliards d’euros d’ici à la fin 2020 s’il ne soumettait pas rapidement à Bruxelles des projets en vue de la modernisation des infrastructures.

L’installation de l’équipe Orban intervient avant le premier tour de l’élection présidentielle, organisé dimanche, et conforte les chances de M. Iohannis de remporter haut la main un second mandat, selon les analystes.

Décrit par le chef de l’État comme un gouvernement de transition, le gouvernement Orban va tenter de se maintenir aux commandes jusqu’aux prochaines élections législatives, prévues pour fin 2020.

Le Parlement renverse le gouvernement roumain

Le Parlement roumain a renversé le gouvernement social-démocrate de la Première ministre, Viorica Dancila, avec 238 votes en faveur de la motion de défiance.

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