L’Autriche prend les manettes de l’UE

Angela Merkel et Sebastian Kurz [@EPA-EFE/OMER MESSINGER]

Le gouvernement autrichien, mélange de démocrates-chrétiens et d’eurosceptiques d’extrême droite, a pris les rênes de l’UE avec un programme centré sur la lutte contre l’immigration. Un article d’Euroefe.

Menée par le jeune chancelier conservateur, Sebastian Kurz, de seulement 31 ans, cette présidence autrichienne de l’UE, la troisième après celles de 1998 et de 2006, a comme slogan « une Europe qui protège ».

Même si son programme de politique européenne – et même nationale – est dominé par la migration et la sécurité, le chancelier soutient dans un message vidéo publié sur Twitter que la numérisation de l’économie européenne et l’intégration des pays des Balkans occidentaux dans l’UE sont ses deux priorités.

La future présidence autrichienne de l'UE veut insister sur les frontières

Le Brexit, budget et sécurité seront les trois grandes priorités de la présidence autrichienne lors du second semestre de 2018. Un article d’Euractiv Allemagne, en direct de Vienne.

Outre sa proximité géographique et ses liens historiques avec les pays des Balkans, l’Autriche est l’un des principaux investisseurs étrangers dans cette région.

En marge de ces trois priorités, la présidence autrichienne devra aussi gérer deux enjeux de taille : la négociation du cadre financier pluriannuel, c’est-à-dire le budget européen, pour la période 2021-2027, ainsi que la ligne droite de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, prévue pour mars 2019.

Par ailleurs, un jour avant le début de la présidence, les dirigeants de l’UE se sont accordés sur la création de centres pour migrants en dehors et à l’intérieur du territoire européen, où il sera décidé qui peut et qui ne peut pas demander l’asile.

Nouvelle route migratoire dans l’UE

Face à l’absence d’accord européen sur l’immigration, Sebastian Kurz a jusqu’à présent encouragé des mesures nationales pour freiner le phénomène. Il a qualifié l’accord du 30 juin de « nouvelle tendance » dans la politique migratoire de l’UE.

Le chancelier, élu l’année dernière avec un programme anti-immigration et opposé à une plus grande intégration européenne, est l’un des leaders les plus actifs dans la volonté de réduire l’arrivée de migrants.

Cette ligne dure face à l’immigration dominera la présidence européenne de Sebastian Kurz et de ses ministres d’extrême droite, qui se présentent comme des « médiateurs » entre les pays eurosceptiques de l’Europe de l’Est et le reste de l’UE.

En Autriche, Sebastian Kurz tend la main à l’extrême droite

Le vainqueur des élections du 15 octobre dernier en Autriche, a proposé au parti d’extrême droite eurosceptique, le FPÖ, de former une coalition, à condition qu’elle soit proeuropéenne. Un article d’Euroefe.

 

Le 3 juillet, le chancelier présentera son programme lors d’un discours au Parlement européen à Bruxelles, tandis que les responsables de la Commission européenne, dont le président Jean-Claude Juncker, se rendront à Vienne les 5 et 6 juillet.

Un sommet informel est par ailleurs prévu le 20 septembre entre les chefs d’État à Salzbourg, centré sur « la sécurité et la lutte contre l’immigration illégale ».

Le gouvernement autrichien défend aussi une plus grande subsidiarité au niveau européen. Ce qui signifie que l’UE se concentre davantage sur des domaines centraux comme la sécurité, les affaires étrangères ou le commerce, et restitue les autres compétences aux États et régions.

En janvier 2019, Vienne mettra par ailleurs en place une indexation controversée (une réduction, pour la plupart des cas) des allocations pour les familles dont les enfants vivent à l’étranger, et qui affectera surtout les Européens de l’Est qui travaillent en Autriche, mais laissent leurs enfants dans leur pays.

Vienne vise ainsi une économie de 100 millions d’euros chaque année, mais fait face à l’opposition des pays de l’Est et de la Commission, qui qualifie la mesure de « discriminatoire » et « incompatible » avec le droit européen.

L'Europe prend un tournant «dangereux» vers l'«ethno-nationalisme»

L’entrée de l’extrême droite dans la nouvelle coalition au pouvoir en Autriche est un tournant « dangereux », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, mettant en garde contre « l’exploitation de la peur » en Europe.

 

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