Le Bade-Wurtemberg mènera la campagne des régions riches pour les fonds européens

money_0.jpg

Le Land allemand du Bade-Wurtemberg a pris la tête des « quatre moteurs » de l’Europe, un réseau de régions avancées en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, qui réclament une plus grande part des fonds régionaux pour promouvoir l'excellence. Un reportage d’EURACTIV France.

 

Ces quatre régions (Rhône-Alpes en France, la Catalogne en Espagne, la Lombardie en Italie et le Bade-Wurtemberg en Allemagne, ont combiné leurs forces en 1988 pour défendre leurs intérêts économiques à Bruxelles. A elles seules, elles représentent 8 % du PIB européen, plus que ceux du Portugal, de l'Irlande et de la Grèce combinés.

 

Paolo Alli, le secrétaire en charge des relations internationales pour la région de Lombardie, a plaidé pour que les « régions performantes soient récompensées pour leur excellence » en matière de politiques de recherche et d'innovation et qu'elles se voient donc attribuer une plus grande part des fonds régionaux de l'UE pour la période 2014-2020.

 

Lors d'une réunion le 9 juillet à Lyon, les représentants des quatre territoires ont procédé au passage de témoin entre la région Rhône-Alpes, qui assumait la présidence pour un an, et le Bade-Wurtemberg.

 

Ce Land allemand, situé à l'est du Rhin supérieur, est dirigé par une coalition entre les écologistes et les sociaux-démocrates depuis 2011. Son président, Winfried Kretschmann, dit vouloir mettre la société civile au premier rang de ses préoccupations pour l'année à venir en raison de la crise de confiance qui frappe l'Europe.

 

Les Allemands accueilleront de jeunes Espagnols sans emploi

 

L'un des aspects de la coopération entre ces quatre régions est la facilitation de la mobilité des travailleurs.

 

La crise de la dette souveraine a donné lieu à de grands écarts entre l'Espagne, l'Italie et leurs voisins du nord. Quelque 43 % des jeunes Catalans sont au chômage, quand ils sont à peine 2,5 % à chercher un emploi dans le Bade-Wurtemberg.

 

Confronté à la pénurie d'employés qualifiés, le Land est prêt à développer l'accueil d'apprentis étrangers.

 

Une porte de sortie rêvée pour les responsables catalans qui ne savent plus quoi faire de la main-d'œuvre en déshérence.

 

« Si ces jeunes vont dans le Bade-Wurtemberg, ils ne s'agit pas d'une fuite des cerveaux, mais d'un principe de liberté individuelle », a expliqué Senén Florensa i Palau, le secrétaire aux affaires extérieures pour la communauté de Catalogne.

 

Pour tirer les régions vers le haut, le Bade-Wurtemberg souhaite également associer ses partenaires à sa stratégie de développement autour du Danube. En juin 2013, les élus se rendront probablement en Serbie accompagnés de chefs d'entreprise de leurs régions respectives.

 

L'objectif affiché est de gagner des parts de marché dans l'espace danubien, même si le secteur d'activité n'est pas encore défini.

 

Une démarche similaire avait été lancée sous la présidence rhônalpine dans quatre régions d'Amérique latine intéressées par les biotechnologies.

 

« Il nous faut développer des partenariats « gagnant-gagnant » avec ces nouvelles puissances mondiales », a estimé Jean-Jack Queyranne, président de Rhône-Alpes.

 

Plus de subventions pour les régions riches ?

 

Ces tentatives de rapprochement euro-régionales sont aussi guidées par une démarche de lobbying à l'égard des institutions européennes. Ces derniers mois, les quatre régions ont réagi et commenté chaque proposition de la Commission européenne sur la politique de cohésion, l'agriculture et la recherche.

 

Dans sa feuille de route, le Bade-Wurtemberg réclame d'ailleurs une allocation plus généreuse des fonds régionaux européens. Or, ces derniers ont initialement été conçus pour réduire les inégalités entre les régions, ce qui fait sourciller certains autres dirigeants.

 

Le vice-président de Rhône-Alpes, Bernard Soulages, estime quant à lui qu'il ne faut pas « simplement rechercher l'égalité à l'intérieur de l'UE ». Il faut selon lui s'appuyer tout autant sur les territoires forts.

 

Un redéploiement budgétaire de l'ordre de 40 milliards d'euros pourrait selon lui avoir lieu à partir de 2014 pour mieux financer la politique de compétitivité des régions riches. D'autres départements français, dont le Languedoc-Roussillon et la Basse-Normandie, comptent sur une partie de ces fonds dans le cadre du projet de « régions en transition ».

 

Mais dans la mesure où les régions riches hébergent des industries dynamiques et avancées, ainsi que de nombreuses entreprises, comme l'industrie automobile dans le Bade-Wurtemberg et les nanotechnologies en Rhône-Alpes, la politique de cohésion n'est pas la seule source de financement.

 

Au sein du quatuor régional, des coopérations pourraient se nouer dans les domaines de l'énergie et des véhicules électriques dans le cadre des programmes européens de recherche et d'innovation.

 

La politique de cohésion de l'UE est mise en oeuvre par le biais de 455 programmes en vigueur durant la période budgétaire septennale de l'UE, à savoir jusqu'en 2013.

 

Dans le cadre financier actuel (2007-2013), les dépenses pour la politique régionale s'élèvent en moyenne à près de 50 milliards d'euros par an, ce qui représente plus d'un tiers (35,7 %) du budget total de l'UE.

 

La dernière proposition de la Commission européenne pour réformer la politique de cohésion impliquerait une « conditionnalité macroéconomique » lui permettant de sanctionner les pays qui enregistrent une dette et un déficit excessif en suspendant le versement de ces fonds. 

 

  • 31 déc. 2012 : les négociations sur le prochain budget de l'UE devraient se terminer.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer