Le Commissariat à la stratégie s’alarme de la défiance française par rapport à l’Europe

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Dans une note parue jeudi 26 septembre, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective propose des pistes pour un débat national sur le “projet pour l’Europe”. Les grandes options en question concernent le socle économique, la relation avec les autres Etats européens et l’état de l’opinion publique.

“Jamais les incertitudes sur l’avenir de l’intégration européenne n’ont été aussi forte”, annoncent, dès l’introduction, les auteurs de la note “Quel projet pour l’Europe?” Mais ils relèvent aussi que “la valeur de l’Union persiste pourtant, qu’il s’agisse de faire de son marché […] un levier de croissance et d’influence ou de porter des valeurs de paix, de démocratie et de progrès économique et social.”

“Nous faisons un constat, aussi lucide que possible, explique Jean-Michel Roullé, responsable de la communication du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP). L’idée est d’ouvrir le débat, en cernant les problèmes.” La publication de cette note et de quatre autres marque en effet le début d’un débat national sur “La France dans 10 ans” – débat qui se conclura par la remise d’un rapport du CGSP au Premier ministre fin 2013.

Pour structurer le débat, trois questions sont posées: “La France est-elle prête à une refondation européenne?”, “Quel socle économique?”, et “Quel moteur franco-allemand?” “A cet ensemble de questions, il est tentant de ne pas répondre”, reconnaissent les auteurs. Mais “ce serait prendre le risque de laisser faire une désagrégation de l’édifice européen.”

“La société française entretient de longue date une attitude ambiguë à l’égard du projet européen, écrivent les auteurs. La non-ratification du traité constitutionnel de 2005 a mis en lumière, à l’endroit de l’entreprise communautaire, une défiance dont les racines sont profondes.”

La complexité institutionnelle mise en cause

Cette attitude n’est pas propre à la France : dans de nombreux pays européens, l’opinion publique se méfie de l’Europe. “Il est manifeste que l’idée même de l’Europe est en crise” insiste le rapport, en rappelant qu’à l’échelle des cinq Etat membres les plus peuplés, seul 45% de la population soutient l’UE. Ceci est lié à la crise, mais aussi à la complexité du système institutionnel. Ainsi, l’enchevêtrement des différents “cercles” européens (UE, zone euro, espace Schengen, mais aussi Union pour la Méditerrannée ou Partenariat Oriental), ou la répartition des différentes compétences sont mal connus. En conclusion, pour les auteurs, “toute nouvelle avancée doit être particulièrement attentive à la dimension démocratique.”

Un contexte économique inquiétant

La question du socle économique est, elle aussi, cruciale. 26 millions de personnes de personnes, dont 5,7 millions de jeunes sont actuellement sans emploi (Croatie non comprise).

La crise des dettes souveraines a mis à jour la faiblesse de la zone euro. La note affirme que “l’approfondissement du marché unique gagnerait […] à s’appuyer sur des politiques sectorielles essentielles pour la compétitivité future de l’Union.” Cela permettrait à la fois d’améliorer l’efficacité de l’UE et de revitaliser le marché unique.

Le rôle politique de la France en question

Enfin, la note s’achève sur la question de la relation entre la France et les autres pays européens, en particulier l’Allemagne. Deux options sont mises en avant: une France qui jouerait “un rôle de pont entre les pôles Sud et Nord” et une France qui resterait “un pays du Nord à part entière” en recherchant une convergence maximale avec l’Allemagne.

Dans les deux cas, l'analyse en creux souligne la situation peu confortable de l'Hexagone actuellement, à la recherche d'un nouveau statut géopolitique.

A l’issue du séminaire gouvernemental sur “La France en 2025”, le Premier ministre a souhaité un grand débat national sur le thème “Quelle France dans 10 ans?”

Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective a publié, le 26 septembre, cinq notes d’introduction au débat nationale. Elles portent sur le modèle productif, le modèle sociale, la soutenabilité de la croissance, le modèle républicain, et le projet pour l’Europe.

Ces notes serviront de base à un grand débat qui se tiendra à Paris et en région jusqu’en novembre. Le CGSP rédigera alors son rapport “Quelle France dans 10 ans?”, qui sera finalisé en décembre.

Octobre - novembre 2013 : débats nationaux et régionaux

Décembre 2013 : remise du rapport final du Commissariat général à la stratégie et à la prospective au Premier ministre

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