Le FN projette de constituer un groupe au Parlement après les élections européennes

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Les premiers sondages sont favorables pour le parti de Marine Le Pen. La présidente du Front national cherche des alliés en Europe, quitte à chasser sur les terres de Debout La République.

Dans la famille des eurosceptiques de droite, deux formations vont se disputer la thématique de l’Europe des nations lors des élections européennes de 2014 : le Front national et Debout la République.

La première part avec une avance incontestable et ne cache pas ses ambitions. La présidente du FN estime possible d’arriver en tête au scrutin de 2014.

Marine Le Pen, déjà candidate

Avec un peu plus de 6% des voix, en 2009, le parti n’a obtenu que trois élus : Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch.

Les sondages actuels placent les intentions de vote pour le FN entre 18 et 21%. Un score qui permettrait d’obtenir plus d’une dizaine de sièges.

L’ancienne candidate à la présidentielle a déjà annoncé qu’elle serait de nouveau tête de liste en 2014, ce qui garantit son élection, malgré une activité parlementaire quasiment nulle durant cette législature.

En plus d’une réussite nationale, le Front national à l’ambition de créer un groupe au sein du futur Parlement. Actuellement, les trois élus sont non inscrits, ce qui réduit considérablement leur influence.

Il faut au moins 25 députés venant d’un quart des Etats membres (soit 7 en 2014) pour y prétendre.

En 2007, le FN avait participé à la création du groupe « Identité, Tradition, Souveraineté » avec l’extrême droite autrichienne, flamande, bulgare, roumaine et italienne. Mais la formation a explosé quelques mois plus tard, après les insultes proférées par la députée Alessandra Mussolini, petite fille du dictateur, à l’encontre des Roumains.

Le problème Gollnisch

Depuis, le FN reste proche du Parti de la Liberté autrichien (FPO, longtemps dirigé par Jorg Haider) au sein de l’Alliance européenne pour la liberté. Ce mouvement a été créé en 2010 comme une plateforme commune. Une charte est en préparation.

En Europe, Marine Le Pen cultive ses réseaux. Elle a déjeuné avec le Néerlandais Geert Wilders à la fin du mois d’avril. Son Parti de la Liberté (PVV) est la troisième force politique des Pays-Bas et il détient 4 sièges au Parlement européen. M. Wilders rejette l’euro et s’est fait connaitre pour ses diatribes contre l’Islam. Il a par le passé comparé le Coran à Mein Kampf.

« Notre collaboration se limite aux questions européennes », précise le conseiller Europe de la présidente du FN Ludovic de Danne. « Il nous a assuré qu’il ne s’attaquait qu’à l’islam radical », ajoute-t-il . “Le PVV souhaite sortir de l’isolement.”

Le parti indépendantiste flamand d’extrême droite, le Vlaams Belang, figure aussi sur la liste des contacts entretenus par le Marine Le Pen.

Marine Le Pen en tête-à-tête avec l’extrême droite flamande

Chaque parti fera campagne en 2014 séparément, avant de collaborer à Bruxelles et à Strasbourg, en fonction des résultats.

Ce jeu d’alliances posera à terme la question des relations étroites entretenues par Bruno Gollnisch avec le parti hongrois Jobbik, qui n’hésite pas à revendiquer des territoires aujourd’hui roumains et qui est abonné aux dérapages antisémites. Marine Le Pen a toujours refusé de cautionner les liens entre M. Gollnish et le Jobbik. 

Nigel Farage courtisé

Ces liens arrangent d’autant moins la présidente du FN que pour parvenir à former un groupe au Parlement européen, le FN aimerait s’allier à terme avec le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de Nigel Farage.

A la faveur du débat sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, cette formation est en passe de devenir incontournable et siphonne les voix des conservateurs de David Cameron. Elle dispose actuellement de 14 députés européens.

Or le leader de UKIP a toujours rejeté toute alliance avec l’extrême droite traditionnelle à laquelle il associait Jean-Marie Le Pen. La ligne plus consensuelle défendue par sa fille pourrait en revanche séduire Nigel Farage. L’Alliance européenne de la liberté compte d’ailleurs un membre du parti dans ses rangs, Godfrey Bloom, à titre personnel.

Un tel rapprochement ne serait pas du tout du gout de Debout la République (DLR), le parti du souverainiste Nicolas Dupont Aignan, pour le moment l’allié en France de UKIP.

DLR a lancé sa campagne des européennes, lors d’un meeting à Paris samedi 25 mai. Un représentant d’UKIP était présent, tout comme un membre du nouveau parti anti-euro allemand “Alternative pour l’Allemagne” ou le député européen bulgare Slavi Binev, ancien membre de la formation d’extrême droite Ataka.

“Nous voulons créer une alliance, hostile à l’Union européene telle qu’elle se fait aujourd’hui”, assure le porte-parole de DLR Laurent Foucault. “Nous présenterons des listes dans toutes les circonscriptions et dès cet été, une caravane va parcourir la France”, ajoute-t-il. Sur le plan politique, le parti reste fidèle à sa vision souverainiste. Il demande le démantèlement de l’euro et le retour à l’Etat-nation comme unique échelon de pouvoir légitime. 

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