Le Parlement européen renoue avec Strasbourg après 15 mois d’absence

"C'est un jour très important pour le Parlement européen. Après plus de 15 mois, nous sommes de retour à notre siège à Strasbourg", a déclaré, en français, le président de l'institution, l'Italien David Sassoli. [FREDERICK FLORIN/EPA]

Le Parlement européen a ouvert lundi sa première session plénière à Strasbourg depuis le début de l’épidémie de Covid-19, un retour avec peu de députés mais considéré comme un succès pour la France dans sa lutte pour défendre la capitale alsacienne face à Bruxelles.

« C’est un jour très important pour le Parlement européen. Après plus de 15 mois, nous sommes de retour à notre siège à Strasbourg », a déclaré, en français, le président de l’institution, l’Italien David Sassoli, en donnant, peu après 17H00 (15H00 GMT), le coup d’envoi de cette session de débats et de votes qui se tiendra jusqu’à jeudi après-midi.

Ce retour est un « signe de confiance et d’espoir pour toutes et tous », a-t-il ajouté, sous les applaudissements des quelques dizaines d’eurodéputés, pour beaucoup français.

« Symbole de l’unité européenne, de la paix, de la diversité », Strasbourg est « aujourd’hui à nouveau le symbole du renouveau », a-t-il vanté, saluant la présence de la maire écologiste de la ville Jeanne Barseghian pour ce début de session.

L’hémicycle strasbourgeois n’a accueilli aucune session plénière mensuelle, au cours desquelles les eurodéputés débattent et votent les textes législatifs, depuis février 2020, quand l’Alsace a été en première ligne des débuts de la pandémie.

« C’est un pas très important vers une situation plus proche de la normale », a considéré Jaume Duch Guillot, porte-parole du Parlement européen.

Ce retour à Strasbourg prend la forme d’une session « hybride », les 705 eurodéputés ayant le choix de venir à Strasbourg ou de voter à distance depuis leur pays, option pour laquelle devrait opter une grande partie d’entre eux.

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Alors que des sessions hybrides ont eu lieu depuis plusieurs mois à Bruxelles, les autorités françaises ont insisté fortement pour que les sessions reviennent désormais à Strasbourg. « C’est ici que bat le coeur de la démocratie européenne », avait encore lancé début mai le président Emmanuel Macron.

« Aujourd’hui, c’est le retour à Strasbourg pour le Parlement européen ! Et ça fait du bien », s’est félicité sur Twitter Clément Beaune, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes.

Ancienne maire de Strasbourg et désormais eurodéputée Renew, Fabienne Keller s’était réjouie vendredi de ce « retour de la démocratie européenne », estimant que Strasbourg « incarne l’Europe polycentrique ».

« Toutes les conditions sanitaires sont réunies pour travailler sereinement et la situation intérimaire consistant à organiser les sessions à Bruxelles doit cesser », a estimé la délégation française du groupe PPE (droite).

Symbole de la réconciliation franco-allemande, la capitale alsacienne est le siège officiel du Parlement européen, un principe inscrit dans les traités européens. Mais dans les faits, les eurodéputés, avant même l’épidémie de Covid-19 ne s’y rendaient que trois jours et demi par mois pour les sessions plénières.

Le reste du travail parlementaire se fait à Bruxelles, où se trouvent les autres institutions européennes. Ces va-et-vient mensuels entre Bruxelles et Strasbourg sont l’objet de polémiques depuis des années.

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