Le Premier ministre polonais déclare que la Commission risque une « troisième guerre mondiale »

Le Premier ministre polonais a déclaré que la Commission risquait de « déclencher la troisième guerre mondiale » si elle choisissait de ne pas donner son feu vert au plan de relance polonais. [STEPHANIE LECOCQ/EPA]

Dans une interview accordée au Financial Times, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a accusé la Commission européenne de tenir « un pistolet sur notre tempe » dans le cadre des négociations relatives aux fonds destinés au programme de relance de la Pologne et à la conditionnalité de l’État de droit.

Le Premier ministre polonais a déclaré que la Commission risquait de « déclencher la troisième guerre mondiale » si elle choisissait de ne pas donner son feu vert au plan de relance polonais.

« Cet argent aurait déjà dû être versé. Il s’agit d’une violation de la procédure par la Commission », a ajouté M. Morawiecki. « Ils sont en violation de l’État de droit ».

Il a également menacé de recourir à des « représailles », incluant potentiellement une opposition à la politique européenne en matière de changement climatique.

Dans l’interview, il a exigé que la Commission retire la demande d’amendes journalières payées par Varsovie pour ne pas avoir appliqué la décision de la Cour de justice de juillet sur l’invalidité de la chambre disciplinaire de la Cour suprême polonaise.

« Nous obtiendrons cet argent tôt ou tard », a-t-il déclaré, avertissant que « plus tard nous l’obtiendrons, plus forte sera la preuve qu’il y a ce traitement discriminatoire et cette approche de type diktat de la Commission européenne. »

Interrogé par EURACTIV, l’eurodéputé Andrzej Halicki (PPE) a qualifié l’approche de M. Morawiecki de « stratégie suicidaire ».

« Il veut faire plaisir à Jarosław Kaczyński et s’épargner d’être obligé de démissionner », a déclaré M. Halicki, dont le parti s’oppose au parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir.

« Morawiecki veut montrer qu’il est “plus dur” que [le ministre de la Justice] Ziobro ou [l’ancien premier ministre] Szydło », et le prix à payer pour atteindre cet objectif est… « les intérêts nationaux polonais », a conclu M. Halicki.

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