Le Quai d’Orsay crée un « comité d’orientation » pour rapprocher l’UE des citoyens

d68f87691b163ebbb626b48d046c67ca.jpg

A l’approche de la Présidence française de l’UE, le Quai d’Orsay a crée un « comité d’orientation sur les questions européennes ». Ses membres, aux origines politiques et professionnelles diverses, devront trouver les moyens de rapprocher l’UE des citoyens français, quelques jours après la signature du Traité de Lisbonne, et peu de temps avant la Présidence française de l’UE, au second semestre 2008.

Contexte  :

La phase « citoyenne » de la Présidence française de l’UE, ou tout du moins sa préparation, est amorcée. La première réunion du « comité d’orientation sur les questions européennes » a eu lieu mercredi 19 décembre. Ce groupe, créé par le Quai d’Orsay, aura pour objectif d’aider le gouvernement à communiquer davantage sur l’Europe.

Sa création intervient au lendemain de la publication du dernier sondage Eurobaromètre, selon lequel les Français ne se sont jamais montrés aussi favorables à l’Europe depuis ces quinze dernières années. En effet, selon l’Eurobaromètre de l’automne 2007, 60% des Français jugent l’appartenance de leur pays à l’UE comme étant « une bonne chose ».

Enjeux :

Présidé par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et par le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, ce comité qui rassemble une trentaine de personne, devra réfléchir à la manière de rapprocher l’UE des citoyens et d’améliorer la perception que les Français ont de l’Europe.

Pour s’adresser au plus grand nombre, le gouvernement a réuni des personnalités issues notamment du monde politique, de l’entreprise, des institutions nationales et communautaires, des médias ou encore d’autres secteurs, tels que celui des lettres et du design, avec notamment la participation de Philippe Starck. Ce dernier devra, entre autres,  « développer un habillage intelligent et économe pour la Présidence de l’UE », selon un diplomate du quai d’Orsay.

Pour le moment, les orientations données à ce comité demeurent floues. Bernard Kouchner a précisé qu’il s’agissait de déterminer les moyens de « faire en sorte que l’Europe soit plus populaire au quotidien ».

Jean-Pierre Jouyet a pour sa part clairement relié la création de ce groupe au ton qu’il souhaite donner à la Présidence française (lire le dossier sur les priorités de la Présidence française de l’UE). Le comité doit, selon lui, rendre cette présidence « citoyenne, décentralisée, festive, professionnelle, et ouverte sur les autres Européens ».

Entre le traité de Lisbonne et la Présidence française, l’Europe est et sera très présente dans l’actualité. Des moyens pédagogiques sont donc nécessaires « pour faire passer le message, et ne pas séparer l’Europe concrète des valeurs portées par l’UE », a indiqué à EURACTIV un diplomate du quai d’Orsay.

Les prochaines réunions du comité, ainsi que ses activités précises, n’ont pas encore été déterminées.  Bernard Kouchner a cependant indiqué que le groupe se réunirait tous les mois, peut-être sous la forme de différents ateliers de travail.

Positions  :

EURACTIV France a recueilli les impressions de différents membres du groupe après sa première réunion.

Selon le député européen Alain Lamassoure (PPE-DE), la création de ce comité est « une bonne initiative ». « La connaissance opérationnelle des membres du comité des relations entre l’UE et les citoyens permettra d’enrichir la Présidence française de l’UE ». Pour sa part, il espère que la Présidence française sera l’occasion de communiquer davantage sur « l’application du droit communautaire aux citoyens, aux entreprises et professions libérales… ». Il s’est déclaré plutôt satisfait de cette première réunion qui « allait au delà de la prise de contact, et a permis de mettre sur la table quelques idées concrètes ».

Plus sceptique sur l’apport de ce projet, Gérard Onesta (Groupe des verts), vice-président du Parlement européen, considère que « la présentation est tellement large qu’il est difficile de savoir ce qui va en sortir », tout en reconnaissant que « tout le monde partage la volonté de faire de la Présidence française de l’UE un moment fort. » Selon lui, deux écueils sont à éviter au risque « d’aller dans le mur, dans le contexte actuel de crise de confiance en l’Europe ».  Ainsi, pour « impliquer les gens et poser les problèmes tels qu’ils sont », il faudrait que les actions de ce groupe ne soient ni « trop institutionnelles, ni trop cosmétiques ».

Autre membre du comité, le correspondant de France 2 à Bruxelles, François Beaudonnet, estime que son rôle sera d’aider à déterminer « comment faire pour que la Présidence française de l’UE passe le mieux possible dans les médias », en s’appuyant sur son expérience de journaliste de terrain et de citoyen. Il s’agira notamment, selon lui, de privilégier les reportages qui mettent en avant les « apports concrets de l’UE dans la vie quotidienne », plutôt que des « manifestations, telles que les grandes conférences par exemple, difficiles à mettre en valeur à la radio et à la télévision même si elles sont intéressantes sur le fond ».

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.