Léger différend nord-sud sur la prestation de François Hollande

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La presse allemande raille les allures monarchiques de la conférence de presse du Président français et estime que ses propositions sont proches de celles de Nicolas Sarkozy. En Espagne et en Italie, les journaux sont dans l’expectative.

« Des slogans pour une nation assiégée ». Le journal allemand de centre gauche Der Spiegel résume ainsi les propositions formulées par François Hollande devant la presse, jeudi 16 mai.

Très critique à l’égard de ces conférences de presse présidentielles « mises en scène avec toute la pompe monarchique de la Ve République », le correspondant à Paris Stefan Simons s’interroge sur l’attitude des journalistes français qui ne pratiquent aucun « contre-interrogatoire » , quand le président américain est au contraire pressé de répondre aux questions. 

Mais ce sont surtout les solutions qui étonnent Der Spiegel. Comment le Président français peut-il dire que la crise financière est derrière nous, que les causes ont été régulées ? « C’est incroyable », lance le journal qui rappelle que la France est officiellement en récession depuis cette semaine. 

Pour le quotidien Die Welt, les mesures proposées par François Hollande, notamment sur l’Europe, sont les mêmes que celle évoquées par Nicolas Sarkozy en son temps, comme le financement de projets par l’emprunt obligataire. 

Observateurs assidus de la politique française, les journalistes belges francophones n’ont pas raté l’évènement. La Libre Belgique critique une intervention où « les nombreuses annonces résonnent davantage comme des rappels que comme des nouveautés ». 

« Des airs de Charles de Gaulle »

Outre-Manche, The Telegraph focalise son attention sur les déclarations faites au sujet du Royaume-Uni et le résultat incertain d’un référendum sur son appartenance à l’UE. « L’Europe peut survivre sans », a ainsi affirmé François Hollande. 

Le correspondant à Paris Henry Samuel voit dans cette mise en garde des airs de Charles de Gaulle. Le premier président de la Ve République a par deux fois posé son veto à l’adhésion britannique. 

Pour le quotidien de centre gauche The Guardian, un après l’élection de François Hollande, ces annonces européennes ne font pas oublier à l’opinion publique le « déclin » de Paris sur la scène européenne. Pour le journal, Hollande n’a pas réussi à mettre en place « une nouvelle politique économique européenne » qui aurait mis fin « à des mesures d’austérité poussées à l’extrême ». 

« C’est bien l’austérité qui a pointé le bout de son nez quand M. Hollande a indiqué vouloir réformer les systèmes de retraites », indique pour sa part le Irish times

En attendant des mesures concrètes sur l’Union politique

Moins critiques, les pays du Sud de l’Europe sont plus dans l’expectative. Tout en restant factuel, le quotidien espagnol El Pais salue l’offensive présidentielle. François Hollande « nie les procès en indécision et assure qu’il n’a cessé de décider », de « prendre l’initiative ».

Les « lignes les plus dures » de son discours, certainement « le plus convaincant » qu’il ait prononcé depuis un an, ont porté sur « la relation avec l’Allemagne », souligne le correspondant du quotidien espagnol de centre gauche, Miguel Mora. François Hollande a notamment fait remarquer que « le puissant voisin » avait « souffert d’une plus profonde récession que la France au dernier semestre ».

Selon le journal espagnol conservateur, El Mundo, le président français a reconnu que l’opération miliaire au Mali avait pu « occulter des mesures prises par le gouvernement qui ont affecté l’économie du pays ».

De l’autre côté des Alpes, l’Italien El corriere della serra reconnaît le « changement radical » de la position de la France sur l’Europe, même si le président est « resté vague » sur les conditions entourant « l’union politique » qu’il appelle de ses voeux.

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