Les dirigeants européens en passe d’adopter un pacte de croissance

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Les dirigeants européens adopteront un « pacte pour la croissance et l’emploi » lors du sommet de jeudi et vendredi à Bruxelles. Cette décision souligne l’importance de la relance économique en Europe, selon l'ébauche de conclusions de la réunion consultée par EURACTIV.

Ce document présente un certain équilibre entre les intérêts divergents des différents Etats, ce que souhaitait les pays méditerranéens de la zone euro pour compenser le pacte budgétaire pro-austérité adopté lors du sommet européen du mois de mars.

L'Allemagne n'a toutefois rien perdu de son influence, dans la mesure où ce nouveau pacte souligne que les Etats membres de l'UE devront tâcher d'équilibrer leurs comptes.

Ils devront consolider leur budget tout en favorisant la croissance, investir dans des domaines orientés vers l'avenir et au potentiel de croissance économique important et garantir la soutenabilité des systèmes de retraites, peut-on lire dans ce pacte, annexé aux conclusions du sommet.

Il est difficile de savoir si une procédure de ratification sera nécessaire ou s'il ne s'agira que d'une déclaration d'intention sans réelles obligations, l'option la plus probable.

« Rétablir l'offre de prêts à l'économie » est la deuxième mesure proposée pour relancer la croissance, étant donné que de nombreux pays sont confrontés à un resserrement du crédit résultant des difficultés de leur secteur bancaire.

Accélérer la libéralisation des marchés, promouvoir l'emploi et moderniser les administrations publiques sont les autres trois grandes priorités citées dans le pacte.

Contribution de l'UE

Ce pacte de croissance regroupe toutes les mesures financières qui ont été présentées ces derniers mois pour relancer l'économie, mais il ne va pas réellement plus loin.

Il mentionne une augmentation de capital de 10 milliards d'euros pour la Banque européenne d'investissement. Cela devrait mener à une augmentation de sa capacité de prêt totale de 60 milliards d'euros et donc débloquer jusqu'à 180 milliards d'euros d'investissements supplémentaires, peut-on encore lire dans ce document qui confirme les bruits qui couraient à ce sujet.

Ces nouvelles mesures devraient entrer en vigueur d'ici la fin de l'année.

Les emprunts obligataires pour le financement de projets (« project bonds ») devraient permettre de dégager « immédiatement » 4,5 milliards d'euros.

Cette ébauche de document mentionne également l'utilisation des fonds structurels de l'UE « afin de fournir des garanties de prêt dans des domaines comme la connaissance et les compétences, l'utilisation efficace des ressources, les infrastructures stratégiques et l'accès au financement pour les petites et moyennes entreprises ».

Ce pacte ne présente toutefois aucune grande nouveauté. Il ne fait aucunement référence à l'exclusion de certains investissements pour les infrastructures des calculs des déficits, ce qui pourrait permettre d'injecter des capitaux dans l'économie sans que cela ne pèse sur les comptes publics. Cette idée était celle soutenue par le premier ministre italien, Mario Monti.

Les propositions plus audacieuses visant à aider les Etats membres à assainir leurs finances et à se concentrer sur la croissance ont également été mises de côté. Aucune mention n'est faite d'une éventuelle mutualisation partielle de la dette ou du financement direct des banques en difficulté avec les fonds de sauvetage de l'UE.

Ces idées pourraient néanmoins se retrouver dans les propositions préparées par le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy et le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. Elles seront soumises aux dirigeants européens, comme l'a déjà expliqué EURACTIV dans un précédent article.

L'emploi au coeur du pacte

Ce nouveau pacte se concentre également sur l'emploi. Il reprend les propositions de la Commission, dont le « paquet emploi » publié en avril dernier.

Il promeut la mobilité de la main-d'œuvre et l'emploi des jeunes, mais il ne propose aucun nouveau moyen précis pour améliorer la situation déplorable dans laquelle se trouvent actuellement les chercheurs d'emploi. Plus de 22 % des jeunes sont au chômage dans la zone euro.

Ce nouveau pacte propose que le portail EURES, une plateforme en ligne pour les chercheurs d'emploi et les employeurs, soit développé comme un réel outil de recrutement européen. Il envisage également de l'étendre aux apprentissages et aux stages.

Le nombre de professions réglementées devrait en outre être réduit, dans le but de favoriser l'accès au marché du travail pour les jeunes et les chômeurs de longue durée, peut-on encore lire dans ce document.

La stagnation des économies de la zone euro et la hausse du taux de chômage dans l'UE reflètent le besoin criant de croissance en Europe.

Sous la pression de l'Allemagne, les dirigeants européens concentraient jusqu'à présent leurs efforts sur l'assainissement de leurs finances publiques, l'application de plans d'austérité et la signature de nouveaux traités et plans d'ajustement, pour la plupart élaborés à Berlin.

Lors du dernier sommet européen de mars, 25 Etats membres (tous sauf le Royaume-Uni et la République tchèque) ont signé le pacte budgétaire d'inspiration allemande sur l'application d'une discipline budgétaire renforcée dans la zone euro. Les signataires de ce pacte doivent, entre autres, disposer d'une loi garantissant que leur déficit restera sous la barre des 3 % du PIB.

  • 28-29 juin 2012 : sommet européen

Presse

 

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