Les eurodéputés français réunis au Quai d’Orsay pour évoquer la prochaine mandature

Une quarantaine d’élus européens ont répondu à l’invitation de Bernard Kouchner et Bruno Le Maire. Ils ont rencontré les ministres dont les portefeuille couvrent les champ d’activité de l’UE.

Les députés européens nouvellement élus ont été conviés, lundi 22 juin, à une rencontre au Quai d’Orsay. Près de la moitié s’y sont rendus, selon plusieurs participants. L’occasion pour cette quarantaine d’eurodéputés de rencontrer les ministres dont les portefeuilles couvrent les champ de d’activité de l’UE : Christine Lagarde (Économie et Finances), Eric Besson (Immigration), Chantal Jouanno (Ecologie), Bruno Le Maire (Affaires européennes) et Michèle Alliot-Marie (Intérieur). Si le désormais député européen Michel Barnier et encore ministre de l’Agriculture était bien présent, ce n’était en revanche pas le cas de sa collègue au Parlement et ministre de la Justice, Rachida Dati

Deux questions ont particulièrement préoccupé les élus : l’aval politique donné à José Manuel Barroso par le Conseil européen (EURACTIV.fr, 19/06/2009) et les deux nouveaux députés français qui entreront au Parlement européen lorsque le traité de Lisbonne sera en vigueur. La présidente de la délégation française des députés socialistes au Parlement européen, Catherine Trautmann, a souligné que le plus logique aurait été qu’ils soient désignés en fonction des résultats des élections européennes. Pourtant, c’est l’Assemblée nationale qui devrait trancher cette question.

«Quand nous leur avons posé la question, ils ont botté en touche en indiquant qu’il fallait faire respecter le vote des Irlandais et que les décisions ne seraient prises qu’après le référendum», commente le socialiste Henri Weber, député sortant, élu dans le Centre. «Pourquoi les règles du jeu ne sont-elles pas encore fixées alors que c’est le cas dans d’autres pays?», s’est-il interrogé, au cours d’un entretien avec EURACTIV.fr.

Profitant de la présence des ministres concernés par les politiques européennes –dont beaucoup sont «passés au moment du cocktail»–, les participants ont notamment évoqué les sujets-phares de la prochaine législature : régulation financière, réforme de la politique agricole commune et sommet de Copenhague sur le climat. 

Systématisation des rencontres

Par ailleurs, après avoir rappelé que l’accord sur le nom de José Manuel Barroso avait été «unanime» entre les membres du Conseil européen, le vice-président de la Commission européenne, Jacques Barrot, a incité les nouveaux députés européens français à profiter pleinement des auditions des futurs commissaires par le Parlement européen. «Posez leur des questions et faites de ces auditions un véritable examen de passage», leur a-t-il dit. Il a également souligné l’importance de la codécision entre Conseil et Parlement européen sur nombre de sujets. «Nous avons également la possibilité que soient revus les portefeuilles des commissaires pour faire face à la crise», relate Françoise Grossetête (UMP), réélue dans le Sud-Est.

Le président de la commission des Affaires européennes du Sénat, Hubert Haenel (UMP), a proposé une systématisation des rencontres entre parlementaires européens et nationaux. Il a expliqué que l’application du traité de Lisbonne devrait conduire le Parlements européen et français à des relations plus fortes. «Ces rencontres auraient lieu en amont de la présentation des textes, pour éviter les cafouillages comme Hadopi», explique la députée Hélène Flautre (Europe-Ecologie). 

Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Bruno Le Maire, a émis le souhait que ce type de réunion ait lieu une fois par mois. «C’est vraiment une très bonne intention», commente Françoise Grossetête. Avant de conclure : «Maintenant, il faudra voir ce que cela donnera dans la pratique.»

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