Les Européens constatent que l’UE se dirige dans la mauvaise direction

Deux semaines avant que les dirigeants des États de l’UE ne discutent de mesures en faveur de la lutte contre le taux de chômage historique des jeunes, une majorité d’Européens déclare que les choses vont dans la mauvaise direction. Si les dirigeants ne parviennent pas à rétablir la confiance dans le projet européen, les électeurs pourraient descendre l’autorité actuelle en flammes lors des prochaines élections, a révélé une enquête.

La crainte d'un déficit démocratique dans l'UE et d'une distance croissante entre les citoyens et leurs institutions est à présent largement partagée dans l'Union, selon le sondage publié par Gallup mercredi (5 juin).

 

L'enquête couvre seulement six pays : l'Allemagne, le Danemark, la France, les Pays-Bas, la Pologne et le Royaume-Uni. Elle révèle qu'une minorité pense que les choses vont dans la bonne direction (17 % en France, 23 % au Royaume-Uni et 34 % aux Pays-Bas).

 

 

La majorité des personnes interrogées pense que les jeunes auront moins de perspectives à l’avenir (52 % en Pologne, 55 % en Allemagne et 72 % en France).

 

« Les résultats de l'enquête révèlent non seulement le déficit démocratique, mais également un manque de respect des promesses », a déclaré Robert Manchin, le directeur général de Gallup Europe, lors de la présentation du sondage.

 

Ce sondage en ligne a été réalisé auprès de 750 personnes en mai.

 

L'Allemagne contre la France

 

Seule une minorité dans chaque pays approuve les résultats du rôle prépondérant de la France dans l'UE. Les Français eux-mêmes sont les plus critiques par rapport à leur rôle dominant et quelque 51 % d’entre eux indiquent qu'ils en sont mécontents.

 

L'Allemagne s'en tire avec un meilleur score : son rôle prépondérant est approuvé à 54 % outre-Rhin et entre 43 et 48 % dans les autres pays, sauf au Royaume-Uni, où il récolte 38 % des voix.

 

La crise budgétaire et économique de l'Europe s'est toutefois répercutée sur la société et les politiques européennes à tous les niveaux, selon des experts de Gallup. Ce changement pourrait influencer les élections européennes en mai 2014.

 

Modification du paysage politique

 

Des experts de Gallup indiquent que le mal-être perçu en Europe pourrait contribuer à un taux de participation plus faible lors des prochaines élections européennes.

 

Le taux de participation aux élections européennes diminue depuis la première élection du Parlement en 1979. Il a atteint son niveau le plus bas en 2009, lorsque seulement 43 % des Européens se sont rendus aux urnes.

 

Même si les partis européens désigneront un candidat au poste de président de la Commission européenne, précisément pour accroître la participation des électeurs, ces derniers pourraient se mobiliser davantage en faveur de partis nationalistes radicaux et eurosceptiques. Cette situation pourrait donner lieu à une modification drastique du paysage de la démocratie européenne, a mis en évidence M. Manchin.

 

Le sondage de Gallup indique cependant qu’en règle générale les citoyens qui approuvent le rôle prépondérant de l'UE ont envie de s’exprimer dans les urnes, si les élections européennes avaient lieu la semaine prochaine. Le Royaume-Uni constitue la seule exception : 74 % de personnes désapprouvent le rôle prépondérant et 70 % de ceux qui l'approuvent iraient voter.

 

Un an avant les élections, il est trop tôt pour dire si les électeurs iront voter pour changer le cours des politiques européennes.

 

Des experts reconnaissent que, par rapport aux élections de 2009, l'UE est à présent un leitmotiv dans de nombreuses élections nationales.

 

« L'austérité et les relations avec l'UE qui en découlent sont débattues pratiquement au cours de toutes les élections nationales depuis le commencement de la crise au début de l'année 2010. Les élections européennes à l'heure actuelle sont loin d'être devenues des élections nationales, mais les élections nationales ont commencé à devenir des élections européennes », ont déclaré les experts Simon Hix et Christophe Crombez dans un récent billet d'opinion.

 

Les élections nationales ne constituent pas la meilleure manière de changer les politiques de l'UE, car un vote contre l'austérité dans un État membre n'affecte pas les positions politiques en Europe, ont-ils ajouté.

 

« Les électeurs peuvent cependant modifier les politiques européennes grâce à leur vote lors de l'élection du Parlement européen plutôt que lors des élections nationales. L'élection du Parlement européen importe non seulement parce que la majorité du prochain Parlement jouera un rôle clé dans la définition des règles sur le marché unique et dans la zone euro, mais aussi parce qu'elle "élira" le prochain président de la Commission », ont-ils poursuivi.

Les élections européennes de 2014 seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui visait à renforcer le rôle du citoyen européen en tant qu'acteur politique dans l'UE.

 

Le traité de Lisbonne renforce également les pouvoirs du Parlement européen, ce qui consolide son rôle en tant que colégislateur et lui accorde davantage de responsabilités. Le Parlement élit le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen en prenant en compte les résultats des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du traité sur l'Union européenne).

 

Groupes de réflexion et enquête

Presse

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER