Les grèves massives mettent Macron à rude épreuve

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PARIS

Entre 800 000 et 1,5 million de manifestants contre la réforme des retraites. Emmanuel Macron est confronté à un épisode clé de son mandat de cinq ans, alors qu’il doit surmonter la plus grande vague d’actions syndicales de sa présidence qui a déjà gravement perturbé les écoles et les transports.

La grève qui a débuté jeudi (5 décembre) a rassemblé quelque 800 000 personnes issues d’un large éventail de professions, contre le projet de réformes des retraites proposé par M. Macron. Ce dernier souhaite introduire un mode de calcul par points qui augmenterait l’âge de la retraite pour des millions de personnes.

44 % de salariés étaient en grève chez EDF, 80 % à la RATP, 55 % à la SNCF ; un instituteur et professeur sur deux n’a pas assuré les cours à l’Education nationale. Une partie des avions a aussi du rester cloué au sol, faute de contrôleurs aériens.

« Cela durera aussi longtemps qu’il le faudra, il y aura un gagnant et un perdant », a déclaré le représentant de la CGT des cheminots de la Gare de Lyon pour la SNCF, chez LCI.

Après avoir abandonné des milliards, l’année dernière, pour calmer la révolte des Gilets jaunes, le leadership du président français Emmanuel Macron est mis à l’épreuve. De plus, le gouvernement ne peut pas simplement faire marche arrière sans affaiblir sa base politique, et ce, alors que les élections municipales se profilent au printemps prochain.

La mobilisation se poursuit vendredi 6 décembre, alors qu’Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé sur l’ampleur du mouvement social. (Euractiv France)

Lire aussi : La forte mobilisation contre la réforme des retraites met le gouvernement à l’épreuve

BERLIN

Des réductions drastiques pour atteindre les objectifs climatiques : Un rapport interne rédigé par l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) propose des réductions drastiques dans le secteur des transports pour que l’Allemagne atteigne ses objectifs climatiques. Alors que le document avait été rédigé à l’origine en juin, lorsque le gouvernement allemand préparait son paquet climat, ses résultats n’ont pas été publiés qu’hier matin (5 décembre) par le Süddeutsche Zeitung.

Le rapport propose d’augmenter la taxe sur le diesel de 0,70 € pour atteindre 1,19 € d’ici à 2030 et le prix de l’essence de 0,47 €. Il appelle, entre autres, à la suppression des avantages pour les voitures de société. Cependant, la proposition plus controversée est peut-être la mise en œuvre suggérée d’une limitation de vitesse de 120 km par heure sur l’autoroute. D’après le document, les objectifs sont « ambitieux, mais réalisables ».

Le paquet climatique du gouvernement prévoit de réduire les émissions des transports de 62 millions de tonnes de CO2 par an. Les plans actuels mettent l’accent sur la promotion des véhicules électriques et des carburants alternatifs, la subvention des voyages en train et l’augmentation des prix des émissions de carbone. Toutefois, UBA affirme que ces mesures sont loin d’être suffisantes. (Sarah Lawton | Euractiv Allemagne)

MADRID

Le Pacte catalan « respectera la Constitution », promet Pedro Sánchez. L’accord politique entre le parti socialiste espagnol (PSOE) et les séparatistes catalans de la gauche républicaine de Catalogne (ERC) s’alignera sur la Constitution du pays, a promis le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez.

M. Sánchez s’est également engagé à révéler les détails du futur accord avec l’ERC, qui pourrait résorber l’impasse politique dans laquelle l’Espagne s’est engouffrée à la suite des élections du 10 novembre.

Tout accord PSOE-ERC « sera conforme à la loi et rendu public » et « sous l’égide de la Constitution », a déclaré M. Sánchez à Londres, où il a assisté au sommet de l’OTAN. Pendant ce temps, jeudi, le secrétaire à l’Orginsation du PSOE, José Luis Ábalos, a affirmé que les négociateurs de l’ERC et le parti socialiste se réuniraient le 10 décembre pour poursuivre le dialogue.

Le vote — ou l’abstention — du ECR est essentiel pour permettre la nomination de Pedro Sánchez et la formation d’une coalition gouvernementale « progressiste » entre le PSOE et la gauche Unidas Podemos. (Euroefe)

VARSOVIE

Le PiS subit le coup de la Cour. La Cour suprême (SN) a statué que la Chambre disciplinaire de la Cour suprême, qui a été créée dans le cadre des réformes judiciaires du gouvernement PiS, ne pouvait être traitée comme un tribunal au regard du droit communautaire et qu’elle ne garantissait pas un processus impartial et indépendant.

Cet arrêt porte un coup sérieux aux réformes judiciaires mises en œuvre par le PiS depuis 2015 et ouvre la possibilité pour les juges polonais d’ignorer les lois nationales qui ne sont pas compatibles avec le droit communautaire. (Łukasz Gadzała | Euractiv Pologne)

PRAGUE

Les émissions de CO2 diminuent. Selon le rapport annuel sur l’environnement, les émissions de l’industrie de l’énergie sont en forte baisse, tandis que les émissions globales de gaz à effet de serre ont diminué de plus de 35 % entre 1990 et 2017. Toutefois, les émissions de gaz à effet de serre des transports continuent d’augmenter en République tchèque, et ce, de près de 54 % depuis 2000. (Ondřej Plevák | Euractiv République Tchèque)

SOFIA

Les bisbilles se poursuivent avec la Russie. Un diplomate bulgare a été expulsé de Moscou, a annoncé jeudi (5 décembre) le ministère bulgare des Affaires étrangères. L’ambassadeur bulgare Atanas Krustin a été convoqué jeudi au ministère russe des Affaires étrangères pour recevoir une note diplomatique.

M. Krustin avait le même rang que son homologue russe à Sofia, expulsé lui, fin octobre 2019 après que le bureau du procureur bulgare a annoncé qu’un haut fonctionnaire de l’ambassade de Russie travaillait comme espion.

Auparavant, le bureau du procureur avait accusé le président de l’association Rusofili à Sofia, Nikolai Malinov, d’être un espion russe et avait engagé une procédure pénale contre lui. Après l’avoir finalement libéré pour qu’il reparte en Russie, ce dernier avait reçu avec une médaille du président Vladimir Poutine. (Krassen Nikolov | Euractiv Bulgarie)

ZAGREB       

La Croatie devra concilier des intérêts divergents concernant le cadre financier pluriannuel (CFP), notamment les différences entre le Parlement européen et les contributeurs nets au budget de l’UE, lors de sa présidence de l’Union européenne l’année prochaine, a déclaré le Premier ministre Andrej Plenković après avoir rencontré le Président du Parlement David Sassoli à Zagreb.

« Il s’agit d’une adéquation essentielle entre la position conservatrice de ceux qui donnent le plus, la position médiane des États membres qui veulent des fonds considérables pour la politique de cohésion et l’agriculture, et l’ambition du Parlement européen, qui affirme que si nous voulons relever les défis actuels, comme le changement climatique ou la sécurité, ces fonds doivent être revus à la hausse », a souligné M. Plenković.

De son côté, M. Sassoli a critiqué l’approche adoptée par la Finlande, à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE. Selon lui, le CFP est une question politique qui soulève « notre vision de l’Europe » et les discussions budgétaires devraient également inclure « un peu de cœur et pas seulement des mathématiques ». (Željko Trkanjec | Euractiv Croatie)

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