Les lobbys adoptent le hashtag #AskBarroso

twitter.jpg

Le hashtag  #AskBarroso, qui permet de poser des questions au président de la Commission européenne jusqu'à jeudi, était destiné à tous les Européens. Il a surtout été utilisé par des lobbys ou des fonctionnaires européens… et snobé par les électeurs.

Le président Barroso vient de prononcer son quatrième discours sur l'état de l'Union le 11 septembre au Parlement européen à Strasbourg. Le discours est suivi d'un débat en plénière avec les présidents des groupes politiques et d'autres députés du Parlement européen.

Depuis le 30 août, les citoyens ont aussi pu participer au débat sur l'état de l'Union européenne sur la page Google+ ainsi que sur les comptes Facebook et Twitter de la Commission. Les questions, écrites ou sous forme de vidéo, pouvaient être soumises en utilisant le hashtag #AskBarroso. 

Pour la première fois, la Commission a externalisé la sélection des questions reprises dans l'entretien télévisé avec le président. Euronews, la chaîne de télévision européenne multilingue, était en charge de cette sélection. Les auteurs des meilleures demandes seront invités à interroger le président en personne grâce à Google+ Hangout le 12 septembre à partir de 20 h 50, heure de Bruxelles.

EURACTIV s'est entretenu avec le journaliste d'Euronews responsable du choix des questions, Thomas Seymat. Il explique qu'Euronews a eu carte blanche dans le choix des questions et n'a subi aucune pression de la Commission. Les lobbys ont été les premiers à sauter sur l'occasion pour  pousser leurs idées. M. Seymat mentionne :

  • des groupes de pression en Espagne et au Royaume-Uni à propos de Gibraltar, le territoire britannique d'outre-mer revendiqué par Madrid ;
  • des groupes en faveur de l'indépendance de la région espagnole de la Catalogne ;
  • un groupe bulgare exigeant la démission du gouvernement et utilisant le hashtag #????withme ;
  • un groupe roumain qui s'oppose à la concession d'une mine d'or à Ro?ia Montan? à une entreprise canadienne qui utilise des technologies à base de cyanure ;
  • des groupes de pression en faveur de la protection des données à caractère personnel, à la suite du scandale de Prism.

Des questions sur la procédure de nomination du prochain président de la Commission à l'issue des élections européennes de mai 2014 ont aussi été posées. Les citoyens aimeraient visiblement savoir si leur vote comptera réellement dans l'élection du successeur de M. Barroso. Ou si le prochain président sera choisi comme avant, par les chefs d'État et de gouvernement de l'UE.

M. Barroso, la présentatrice d'Euronews Isabelle Kumar, et sept citoyens choisis par la chaîne participeront au Google+ Hangout le 12 septembre. Une liste plus conséquente de participants est prévue en cas de problème de connexion Internet, indique M. Seymat.

EURACTIV a effectué une recherche sur le hashtag #AskBarroso. Une grande partie de l'activité sur Twitter provient de fonctionnaires des institutions européennes ou d'entités proches du milieu européen.

« Plusieurs centaines de vrais citoyens » ont posé des questions, précise le journaliste d'Euronews, sans entrer dans les détails. 

Le discours sur l'état de l'Union, qui s'inspire largement des pratiques américaines, est une récente initiative du président de la Commission, José Manuel Barroso. Il a prononcé le premier discours de ce type en 2010 dans une ambiance houleuse, à la suite de rumeurs selon lesquelles les eurodéputés auraient été obligés d'assister à l'événement.

Le point principal du discours de 2011 était la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement, dont les « project bonds », pour financer les projets d'infrastructure de l'UE.

Dans son discours de 2012, le président Barroso a préconisé le lancement d'un large débat public en faveur d’une transformation majeure de l'Union européenne en une « fédération d'États — nations ».

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.