Les options pour remplacer Alenka Bratusek après sa démission

L'eurodéputée Tanja Faron est favorite du Parlement pour remplacer Alenka Bratusek © Parlement européen

Alenka Bratušek, la candidate slovène à la Commission européenne a démissionné, alors que le reste de l’équipe Juncker est confirmé. L’eurodéputé Tanja Fajon est la favorite du Parlement européen pour la Bratusek, mais le choix revient au Premier ministre slovène.

À la suite du rejet de la candidate slovène, Alenka Bratušek, par le Parlement européen, cette dernière a annoncé jeudi sa démission. Une décision dont Jean-Claude Juncker s’est félicité, en déclarant se retourner vers le Premier ministre slovène pour une nouvelle candidature.

Au Parlement européen, le nom de l’eurodéputé semble faire consensus entre droite et gauche : celui de Tanja Fajon, une eurodéputé slovène membre du groupe S&D au Parlement européen. Les deux principaux groupes politiques, le PPE et le PS sont prêts à la soutenir.

Janez Poto?nik, le commissaire à l’Environnement sortant, serait aussi candidat. Il ferait alors un quatrième mandat au sein de la Commission. Ancien négociateur de l’adhésion de son pays à l’UE, Janez Poto?nik a été pour une courte période commissaire à l’Élargissement, lors de l’entrée de la Slovénie dans l’Union, de mai à novembre 2004, date où la première équipe de Barroso a été mise sur pied.

De 2004 à 2009, le Slovène a été commissaire à la Science et à la recherche, puis commissaire à l’Environnement de 2009 jusqu’à aujourd’hui. Si Janez Poto?nik devenait le candidat de la Slovénie, alors Ljubljana garderait le poste de vice-président qui devait normalement revenir à Alenka Bratušek.

Jean-Claude Juncker, lui-même ancien premier ministre, a assigné des postes de vice-présidence à quatre anciens chefs de gouvernement, dont le Finlandais Jyrki Katainen, le Letton Valdis Dombrovskis et l’Estonien Andrus Ansip. Les deux autres options qui s’offrent au premier ministre slovène sont à chercher au sein du Parlement européen. Il s’agit de l’ancienne journaliste et eurodéputée Tanja Fajon, issue du groupe des Socialistes et démocrates, et de Romana Jordan du Parti populaire européen, qui siège au Parlement depuis l’entrée de son pays au sein de l’Union européenne.

Janez Poto?nik est un libéral, tout comme Tanja Faron. Le Premier ministre Miro Cerar, homme politique original et fondateur du « Parti de Miro Cerar » (SMC), dispose d’un large éventail politique pour faire son choix. Le parti SMC se revendique libéral et proche du centre gauche.

Selon certaines sources, Miro Cerar s’est engagé auprès du nouveau président de la Commission pour lui soumettre un candidat dans les plus brefs délais. Quel que soit le candidat, il ou elle devra passer devant le Parlement européen. Et ce sera le cas aussi pour ceux qui ont été acceptés comme commissaire, mais pas pour le portefeuille qui leur a été assigné.

Le candidat hongrois Tibor Navracsics a reçu l’aval en tant que candidat, mais s’est vu refuser le portefeuille qui lui avait été assigné à l’origine, à savoir l’éducation, la culture, la jeunesse et la citoyenneté, avec 12 votes pour, 14 voix contre, et une abstention.

>> Lire : Le commissaire Navracsics paie sa proximité avec Viktor Orban

Alenka Bratušek a été la seule candidate rejetée, avec 112 votes contre, 13 pour et 2 abstentions. Le nombre de bulletins varie grandement d’un candidat à un autre, car certains d’entre eux ont été entendus par plusieurs commissions parlementaires.

>>Lire : La Slovène Alenka Bratušek, fusible du Parlement européen

En théorie, il est toujours possible que l’équipe de Jean-Claude Juncker fasse l’objet d’un vote en plénière le 22 octobre. Mais pour cela, il faudrait que les auditions se tiennent dans la semaine du 13 octobre, et que tous les candidats reçoivent l’approbation des eurodéputés.

La conférence des présidents du Parlement européen devrait se tenir le 9 octobre pour statuer sur la question.

Libération des otages

Tard dans la nuit du 8 octobre, les commissions parlementaires ont voté sur les commissaires qui posaient problème, « ceux qui ont été pris en otage », selon le jargon en vigueur, à la suite de leurs auditions. Les eurodéputés ont tenu deux votes, l’un sur la confirmation du candidat en tant que commissaire, et le second sur l’attribution du portefeuille.

>>Lire : 6 commissaires pris en otage par le Parlement européen

Le vote est en grande partie le résultat d’un accord entre le groupe de centre gauche des Socialistes et démocrates (S&D) et du groupe de centre droit le Parti populaire européen (PPE). Le S&D a chèrement payé le soutien du social-démocrate Pierre Moscovici, en s’engageant à apporter ses voix au conservateur Miguel Arias Cañete.

Le Britannique Jonathan Hill, potentiel commissaire à la stabilité du système financier, des services financiers et de l’Union des marchés de capitaux, a reçu l’approbation du Parlement européen avec 45 voix pour, 13 voix contre et aucune abstention. Pour le portefeuille, il a recueilli 58 suffrages pour, 42 contre et 16 abstentions.

Le Français Pierre Moscovici, commissaire désigné à l’Économie, aux affaires financières, à l’impôt et à la douane, a obtenu l’approbation de 44 eurodéputés, le rejet de 12 et l’abstention de 3. En revanche, pour ce qui est de l’attribution de son portefeuille, le Parlement européen a été plus divisé sur le cas de Pierre Moscovici :32 pour, 15 contre, 12 abstentions.

Le commissaire désigné certainement le plus controversé, Miguel Arias Cañete, a réussi quant à lui à arracher 83 votes pour. Quelque 42 eurodéputés ont voté contre lui, et 3 se sont abstenus. Pour le portefeuille, il a recueilli 77 suffrages pour, 48 contre et 3 abstentions.

Le Finlandais Jyrki Katainen, le commissaire désigné et vice-président à l’emploi, à la croissance, à l’investissement et à la compétitivité, a reçu l’aval du Parlement européen avec 123 votes pour, 40 votes contre et 5 abstentions. Pour le portefeuille, il a recueilli 98 suffrages pour, 52 contre et 18 abstentions.

Le Letton Valdis Dombrovskis, futur commissaire désigné et vice-président responsable de l’euro et du dialogue social (PPE), a reçu pour sa part le soutien de 73 eurodéputés, 25 voix contre et 4 abstentions. Pour le portefeuille, il a recueilli 54 suffrages pour, 37 contre et 11 abstentions.

Les commissaires dont l’avenir était encore incertain, tels que la Tchèque V?ra Jourová (S&D) et la Roumaine Corina Cre?u (S&D), ont finalement vu leur candidature validée sans avoir à faire l’objet d’un vote. Pour certains commissaires, le vote n’a pas été nécessaire, lorsque leur performance était suffisamment convaincante. 

Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission européenne a annoncé le 10 septembre la distribution des portefeuilles.

Parmi les nouveaux commissaires, qui devraient gagner leur poste le 1er novembre, 18 sont d'anciens ministres voire premiers ministres. Le Président s'est félicité et a déclaré que la nouvelle Commission était « très politique ».

La nouvelle Commission doit maintenant faire l'objet d'un vote d'approbation dans son ensemble par le Parlement européen. Les auditions se tiennent du 29 septembre au 7 octobre.

Pendant ces deux semaines d'audition, les 27 commissaires vont être passés au crible par les eurodéputés issus des commissions correspondant au poste brigué par le candidat.

À l’issue de ces auditions, le Parlement pourra alors soit accepter soit rejeter le collège dans son ensemble.

  • 9 octobre : la conférence des présidents se réunit pour annoncer la fin des auditions et finaliser les évaluations
  • La semaine du 13 au 17 octobre : de nouvelles auditions auront lieu ;
  •  22 octobre : vote en plénière
  • 1er novembre 2014 :la nouvelle Commission entre en fonction

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