Les pays du sud de l’UE veulent afficher leur « unité » post-Brexit

Le Palais du Pardo [@Soleindee/shutterstock]

Madrid accueille lundi 10 avril un sommet des pays du sud de l’Union européenne décidés à afficher leur volonté d’approfondir l’union, quelques jours après le déclenchement du Brexit.

Le sommet rassemblera au Palais du Pardo, près de la capitale espagnole, les chefs d’État et de gouvernement d’Espagne, de France, d’Italie, du Portugal, de Malte, de Chypre et de Grèce, pour la troisième fois depuis septembre 2016.

Cette rencontre offre l’occasion à ces 7 pays « de lancer un message d’unité et d’engagement en faveur du projet d’intégration européenne, à un moment décisif de l’histoire » de l’UE, résume dans un communiqué la présidence du gouvernement espagnol.

« L’Europe doit continuer à œuvrer pour prendre en main les sujets qui préoccupent le plus les citoyens et renforcer son projet d’intégration », indique encore le texte.

Avenir de l’UE

Le communiqué précise que l’avenir de l’UE après la sortie du Royaume-Uni sera au menu des discussions, tout comme l’immigration, la politique économique et sociale et la politique de défense.

« Les pays du sud de l’Europe avaient une voix singulière à faire entendre parmi d’autres, sans préjudice de l’unité des 27 États membres », note-t-on à Paris.

Ils défendent la « convergence économique et sociale » et des politiques favorables « à la croissance et l’emploi ».

Rome et Madrid tentent un rapprochement stratégique

Les Premiers ministres espagnol et italien se sont rencontrés le 27 janvier pour la première fois en quatre ans, afin de remettre à l’ordre du jour une coopération de haut niveau entre les deux pays. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Syrie aussi au programme

Le sujet sera au cœur d’une « déclaration commune » des sept, à moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle le 23 avril en France où la candidate d’extrême droite Marine Le Pen défend au contraire un programme de sortie de l’euro.

Le conservateur Mariano Rajoy, qui a dit par le passé que l’élection de cette dernière serait « une catastrophe », accueille une majorité de dirigeants de gauche (le président français François Hollande, le Premier ministre italien Paolo Gentiloni, son homologue grec Alexis Tsipras, le Portugais Antonio Costa et le Maltais Joseph Muscat), à l’exception du chypriote Nicos Anastasiades.

La Syrie, indique-t-on encore de source diplomatique française, sera aussi très certainement au menu des discussions.

La communauté internationale promet 6 milliards d'aide à la Syrie

Les participants à la conférence sur l’avenir de la Syrie à Bruxelles ont condamné l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun et promis six milliards de dollars d’aide humanitaire pour les Syriens en 2017.

Les alliés du régime syrien (Russie, Iran, Hezbollah libanais) ont menacé dimanche de représailles ceux qui « agresseront » la Syrie, à la suite des frappes américaines vendredi contre une base aérienne de l’armée dans le centre du pays.

La situation de la Grèce pourrait aussi être abordée, alors qu’Athènes a annoncé vendredi avoir accepté les exigences de réformes de ses créanciers, dans l’espoir de recevoir une manne d’argent frais lui permettant d’éviter le danger d’un défaut de paiement.

Dette grecque

Les créanciers de la Grèce, FMI et zone euro, sont divisés sur la question de la dette grecque. Le Fonds monétaire international (FMI) préconise un allègement substantiel. L’Allemagne, principal créancier de la Grèce, refuse.

En 2015 M. Rajoy, politiquement le vétéran de la réunion de lundi, n’aurait pas voulu mettre ce sujet à l’ordre du jour, avait révélé le président de la Comission européenne Jean-Claude Juncker.

Ce troisième sommet « Med 7 » intervient avant le Conseil européen du 29 avril à Bruxelles, où l’UE devra décider des grands principes de négociation du Brexit.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.