Les socialistes posent leurs conditions au vote Barroso [FR]

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Martin Schulz, le dirigeant du groupe socialiste au Parlement européen, a formulé 11 requêtes pour le prochain président de la Commission européenne, tandis que les marchandages continuent sur la reconduction de José Manuel Barroso cet automne. 

Dans une lettre ouverte au candidat pour le poste le plus élevé de la Commission, M. Schulz a dévoilé 11 problématiques clefs dont il dit qu’elles correspondent aux attentes pressantes des citoyens à l’égard de l’Union européenne.

Ces questions semblent largement s’inspirer du propre programme des socialistes pour les élections européennes (EURACTIV 11/02/09) et ont été publiées hier (13 juillet) dans une lettre saluant les eurodéputés fraîchement élus à leur première session parlementaire à Strasbourg.

Les socialistes demandent à M. Barroso, candidat du centre droit pour un second mandat à la tête de la Commission, de rentrer immédiatement dans un dialogue sérieux et intensif avec leur groupe.

Cependant, il ne semble pas que de nouveaux contacts n’interviennent avant l’automne, quand le Parlement devrait tenir un vote d’approbation de la candidature de M. Barroso.

Tony Robinson, le porte-parole du groupe Socialistes et Démocrates, a déclaré à EURACTIV qu’aucun contact avec M. Barroso n’était prévu ces prochaines semaines. Cette semaine est très chargée avec les élections des bureaux au Parlement, et de toute manière, le groupe socialiste n’est pas au courant de la venue de M. Barroso à Strasbourg, a-t-il expliqué.

Quiconque vient parler doit s’adresser à notre groupe, de la même façon que les candidats pour la présidence du Parlement parlent à notre groupe en ce moment, a déclaré M. Robinson.

Aucune autre rencontre de groupe n’est prévue jusqu’à la dernière semaine d’août.

Il n’y a pas de quoi se presser a dit M. Robinson. Nous donnons au candidat le temps d’assimiler les 11 points et leurs implications, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il devait encore entendre le programme du candidat.

Parmi les priorités socialistes, on retrouve un nouveau Plan de relance pour l’Europe qui a vocation à créer et à sauvegarder l’emploi ; un Pacte européen pour l’emploi destiné aussi à créer de nouveaux et meilleurs emplois et à combattre le chômage de masse ; un Pacte pour le progrès social afin d’adresser toutes les conséquences sociales de la crise et de prévenir une augmentation de la pauvreté, de l’inégalité et de l’exclusion.

M. Robinson a souligné que ces 11 points ne valent pas seulement pour M. Barroso mais pour n’importe quel candidat. 

L’ancien premier ministre portugais est le seul candidat pour le poste, et un accord technique récent entre le Parti populaire européen (PPE) de centre droit et les socialistes pour partager la présidence du Parlement ces cinq prochaines années laisse penser qu’ils sont prêts à soutenir l’actuel président de la Commission.

Mais les Socialistes insistent pour dire qu’ils soutiendront un candidat uniquement s’il prend en compte leurs priorités.

Guy Verhofstadt, le dirigeant du groupe libéral, a adopté une position similaire récemment, suggérant que M. Barroso devrait se montrer sérieux sur son programme lors des vacances parlementaires de l’été (EURACTIV 09/07/09).

José Manuel Barroso a reçu le soutien unanime des chefs d’Etat et de gouvernement lors de leur sommet du 18 et 19 juin, pour son second mandat de cinq ans à la tête de la Commission européenne (EURACTIV 19/06/09).

Cependant, les dirigeants européens n’ont pas formalisé leur décision, préférant attendre la suite des négociations avec les chefs de groupe du Parlement européen. 

Selon les traités européens, le candidat à la tête de la Commission doit être approuvé par un vote à la majorité simple de l’assemblée avant qu’il ou elle ne puisse commencer à composer le nouveau collège de commissaires.

Toutefois, il est apparu que la plupart des groupes politiques du Parlement européen étaient hostiles à la tenue d’un vote sur la reconduction de M. Barroso lors de la session plénière de l’assemblée en juillet, expliquant que les dirigeants européens devaient d’abord formaliser la nomination de M. Barroso (EURACTIV 02/07/09).

Le 9 juillet, les chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté par procédure écrite la décision de soutenir officiellement M. Barroso (EURACTIV 09/07/09). Mais le 10 juillet, la conférence des présidents du Parlement européen a décidé de ne pas mettre à l’agenda de juillet le vote de confirmation, pour se donner assez de temps pour examiner la candidature de M. Barroso plus en détail.

Dans son rôle prolongé en tant que candidat, les dirigeants des groupes politiques ont demandé à M. Barroso de publier son programme pour les cinq prochaines années et d’en discuter avec les eurodéputés à la plénière du Parlement. Le vote à bulletin secret ne se tiendra qu’après cela.

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