L’UE accepte d’engager les négociations d’élargissement avec la Macédoine et l’Albanie

le Premier ministre de Macédoine du nord, Oliver Spasovski, s'adressant aux citoyens de Skopje le 24 mars. [EPA-EFE/GOVERNMENT OF REPUBLIC OF NORTH MACEDONIA]

Les pays de l’UE ont approuvé mardi l’ouverture des négociations pour intégrer la Macédoine du Nord et, sous conditions, l’Albanie, a annoncé le commissaire européen à l’Élargissement, Oliver Varhelyi, à l’issue d’une réunion en vidéoconférence avec les ministres européens.

« Je suis très heureux que les États membres de l’UE soient parvenus aujourd’hui à un accord politique sur l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord », a-t-il déclaré sur Twitter.

« Je félicite de tout cœur ces deux pays. Cela envoie également un message fort et clair aux Balkans occidentaux : votre avenir est dans l’UE ».

La présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen s’est déclarée « ravie » de cette décision et a espéré que « les dirigeants de l’UE l’approuveront cette semaine ».

Les ministres des Affaires européennes ont entériné l’accord trouvé la veille par leurs ambassadeurs à Bruxelles. Mais il ne s’agit que d’un « accord politique », a souligné le commissaire. Il doit être confirmé par une procédure écrite mercredi et entériné par les dirigeants de l’UE lors de leur sommet virtuel jeudi, selon un responsable européen.

Si l’accord redonne espoir aux deux candidats, la route sera encore difficile pour l’Albanie, car l’Allemagne et les Pays-Bas ont exigé de Tirana des réformes à accomplir avant l’ouverture formelle des négociations.

« Ces conditions sont strictes, mais équitables », a insisté le commissaire Varhelyi.

L’Albanie doit adopter une réforme électorale, assurer un financement transparent des partis politiques et des campagnes électorales.

Le Premier ministre albanais Edi Rama a salué cette décision tout en prenant acte du chemin à parcourir. « La chambre d’attente a été enfin ouverte », a-t-il dit sur Facebook. « Nous allons continuer à faire nos devoirs, pas parce qu’on nous le demande, mais parce que nous le devons à nos enfants ».

Bruxelles tente une relance de la politique d’élargissement

La Commission européenne a présenté le 5 février  une réforme de la politique d’élargissement, espérant redynamiser un système moribond et amadouer la France.

L’Albanie doit également poursuivre la mise en œuvre de la réforme judiciaire, notamment en assurant le fonctionnement de la Cour constitutionnelle et de la Haute Cour, et finaliser la mise en place des structures spécialisées dans la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, précise le projet d’accord.

Ces réformes devront avoir été réalisées avant la conférence intergouvernementale qui lancera officiellement l’ouverture des négociations.

Sa date n’a pas été fixée. Les États membres devront auparavant accepter le cadre pour les négociations préparées par la Commission. Oliver Varhelyi a assuré qu’il serait présenté « très rapidement ».

« Le feu vert des États membres va alléger l’atmosphère pour le sommet des Balkans prévu début mai à Zagreb, s’il peut se tenir », a commenté un diplomate de haut rang.

Mais « le processus d’adhésion va prendre du temps », a reconnu la secrétaire d’État croate Andreja Metelko Zgombic, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE. La Croatie a adhéré à l’UE en 2013 et les négociations ont duré 7 ans.

Le processus avait été bloqué lors du sommet européen d’octobre 2019, lorsque plusieurs États membres avaient refusé d’ouvrir les négociations avec ces deux pays.

À Skopje, le Premier ministre de Macédoine du nord Oliver Spasovski a jugé que Bruxelles avait « rectifié son erreur stratégique ». « L’UE est notre perspective. Un point de non-retour ».

Le président français Emmanuel Macron avait été le plus explicite dans ses motivations et avait porté la responsabilité du refus. Mais « plusieurs autres États avaient émis des doutes et des réserves », a reconnu le commissaire Varhelyi. L’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark ont été parmi les plus durs et ont imposé de nouvelles conditions à Tirana avant de donner leur accord pour lancer le processus d’adhésion.

La France a pour sa part obtenu une nouvelle procédure d’adhésion à l’UE plus stricte et réversible, avec la possibilité de suspendre ou d’arrêter les négociations avec les candidats.

Deux autres pays des Balkans occidentaux ont commencé le processus pour adhérer : le Monténégro en 2012 et la Serbie en 2014.

Skopje s’approche des négociations d’adhésion, l’Albanie s’en éloigne

Les États membres vont repousser à septembre la décision d’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie. Toutes les capitales sont prêtes à donner leur feu vert à Skopje, mais pas encore à Tirana.

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