L’UE et les Balkans réunis pour une discussion « franche » sur l’élargissement

[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Le président du Conseil européen Charles Michel a reçu dimanche soir à Bruxelles les dirigeants des six pays des Balkans occidentaux candidats à l’adhésion à l’UE pour une « discussion franche » afin de préparer le sommet de Zagreb en mai.

« J’espère une discussion franche, intense et ouverte », a-t-il annoncé dans une brève intervention avant d’accueillir ses invités.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chef de la diplomatie Josep Borrell participent également à cette réunion informelle, tout comme le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’Union européenne.

« Nous allons voir comment approfondir notre partenariat avec ces pays, conforter leurs perspectives européennes et donner des signaux sur les réformes à mener », a expliqué Charles Michel.

« Il s’agit d’engager un dialogue politique au plus haut niveau avec la Macédoine du Nord, la Serbie, le Kosovo, l’Albanie, le Monténégro et la Bosnie, et de comprendre leurs attentes avant de lancer les préparatifs du sommet de Zagreb » le 17 mai, a expliqué un responsable européen.

Les entretiens porteront sur la nouvelle procédure d’adhésion plus stricte réclamée par la France. La Commission européenne a soumis une proposition en ce sens, mais elle doit encore être discutée et approuvée à l’unanimité par les 27 États membres.

« Nous avons tous eu des difficultés pour atterrir ce soir à Bruxelles (NDLR : à cause de la tempête) et c’est une sorte d’avertissement que pour nous atterrir (dans l’UE) ne sera pas facile », a commenté avec humour à son arrivée le Premier ministre de l’Albanie Edi Rama.

« Nous sommes très très intéressés pour discuter de la nouvelle méthodologie » sur l’ouverture des négociations, a-t-il déclaré.

Le ministre des Affaires étrangères de la Macédoine du Nord, qui a eu lui aussi du mal à atterrir à Bruxelles, a repris la même métaphore que le Premier ministre albanais. « Nous avons eu trois conseils européens au cours desquels nous n’avons pas réussi a atterrir, mais nous avons l’espoir de réussir la quatrième tentative », a commenté Nikola Dimitrov.

Bruxelles tente une relance de la politique d’élargissement

La Commission européenne a présenté le 5 février  une réforme de la politique d’élargissement, espérant redynamiser un système moribond et amadouer la France.

L’espoir est que cette nouvelle procédure soit approuvée par les États membres à temps pour le sommet de Zagreb et que l’accord permette d’ouvrir les négociations avec la Macédoine du Nord et l’Albanie. Elles ont déjà commencé avec le Monténégro en 2012 et la Serbie en 2014.

Mais Charles Michel souhaite également lancer la discussion sur un pacte d’investissement et de croissance pour les Balkans occidentaux afin de comprendre les attentes de ses interlocuteurs.

« La Commission prépare une série d’investissements et j’espère vivement que le Conseil (des États membres) lui donnera son feu vert », a expliqué Ursula von der Leyen.

« Il est dans notre intérêt géostratégique commun que les Balkans occidentaux soient le plus proche possible de l’UE », a-t-elle insisté.

Les ministres des Affaires étrangères discuteront lundi lors d’une réunion à Bruxelles de la nouvelle méthodologie proposée par la Commission pour les adhésions. Ils évoqueront également l’état des relations entre la Serbie et le Kosovo. Le président français Emmanuel Macron a appelé samedi à la reprise du dialogue entre les deux pays.

L’idée est de nommer un représentant spécial pour le dialogue entre le Kosovo et la Serbie, mais il ne sera pas nommé lundi, a dit dimanche Josep Borrell.

« Cela nécessite une certaine préparation. Nous devons préparer le mandat, tous les documents… Je ne pense pas que ce sera possible demain », a-t-il expliqué.

Les dirigeants des six pays des Balkans assisteront lundi à une conférence des donateurs pour aider à la reconstruction de l’Albanie, touchée par un violent séisme en novembre 2019.

« Ce sera pour nous un jour très important », a commenté Edi Rama en formant le vœu que « la solidarité soit au rendez-vous ».

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