Pourquoi Macron veut moins de pays dans Schengen

Avril 2017 à la frontière croato-hongroise. [Gyorgy Varga/EPA/EFE]

Le président français Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la renégociation de l’espace sans frontières intérieures de l’UE. Même si cela passe par « un espace Schengen avec moins de pays ».

Lors de sa première conférence de presse officielle à l’Elysée, devant 320 journalistes, le président français a évoqué la question des frontières de l’UE. Il était en train d’exposer des projets de réforme qui pourraient s’avérer décisifs pour son avenir politique.

« Les frontières communes, Schengen, les accords de Dublin ne fonctionnent plus », a-t-il rappelé, faisant référence à l’échec de l’UE pour réorganiser le système d’asile.

L’accord de Dublin stipule que le pays de première entrée dans l’UE d’un réfugié est le pays responsable du traitement de sa demande d’asile.

La crise des réfugiés qui a frappé l’Europe en 2015-2016 a cependant montré que la plupart des demandeurs d’asile ne veulent pas rester dans le pays européen d’arrivée (généralement la Grèce, l’Italie ou l’Espagne), et cherchent à atteindre l’Allemagne ou la Suède. L’idée derrière la réforme de Dublin repose donc sur un partage de la charge des migrants entre les membres de l’UE.

Les déclarations du président français sur la refondation de Schengen avec moins de membres ne sont pas exactement une nouveauté. Lors d’un sommet informel de l’UE à Salzbourg en septembre dernier, il a pris pour cible les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), qui refusent d’accueillir les migrants dans le cadre du système de relocalisation proposé par la Commission.

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Les dirigeants européens sont restés divisés sur l’immigration au sommet de Salzbourg. La faute aux États qui ne coopèrent pas, a dénoncé Emmanuel Macron, visant l’Italie et le groupe de Visegrád.

« À un moment donné, le règlement se fera simplement […] les pays qui ne veulent pas davantage de Frontex ou de solidarité sortiront de Schengen, les pays qui ne veulent pas davantage d’Europe ne toucheront plus les fonds structurels », avait-il déclaré à cette occasion.

Difficile toutefois d’imaginer comment un tel lien pourrait être établi dans le cadre des traités européens existants.

Reste aussi à savoir s’il est possible de refonder Schengen en dissolvant l’organisation existante, puisqu’elle fait partie des institutions de l’UE depuis 1999. Si une nouvelle organisation remplaçant Schengen est créée, il y a de fortes chances pour qu’elle ne soit pas du ressort de l’UE, comme Schengen l’était initialement, de 1985 à 1999.

Un espace Schengen comptant moins de membres laisserait très probablement de côté la Grèce, considérée comme un membre problématique en termes d’efficacité dans le traitement des demandes d’asile. Cela calmerait aussi les ardeurs de trois pays candidats, la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie, qui misent sur l’élargissement de Schengen, et certainement pas sur sa réduction.

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